
Variations de rendement du blé d'hiver biologique : Étude diagnostique
réalisée dans le sud-est de la France
C. David1*, M.-H.
Jeuffroy2, J. Henning3 et J.-M. Meynard4
Résumé
Une méthode diagnostique a été utilisée afin d'évaluer les variations
de rendement régionales enregistrées dans un réseau de 24 champs
de blé biologiques situés dans deux régions avoisinantes, soit le Diois
et le Val-de-Drôme, en France.
Nous avons étudié les éléments suivants : le rendement et ses différentes
composantes, les conditions environnementales des champs à l'étude, la
corrélation entre les indicateurs de facteurs potentiellement limitatifs
et les composantes du rendement, de même que la relation entre la gestion
des cultures et les facteurs limitatifs de rendement.
Les rendements enregistrés étaient faibles et variables (3,5 ± 1,4 t / ha-1).
Nous avons remarqué une importante corrélation entre, d'une part, le nombre
relatif de grains (NRG) et, d'autre part, l'alimentation azotée et la
densité des mauvaises herbes à la floraison. L'indice d'alimentation azotée
(IAA) a eu une incidence favorable importante sur le nombre relatif de
grains, tandis que la densité des mauvaises herbes (1 / WF)
a eu une incidence défavorable. La variation en pourcentage du nombre
de grains, telle que représentée par le modèle de régression (NRG = 0,112
+ 0,609 × IAA + 0,2 × 1 / WF) s'est avérée
adéquate (R2 rajustée = 0,53) avec une RCF de 0,09.
La durée de la période de remplissage du grain, exprimée en degrés-jours,
a eu une incidence favorable importante sur le poids relatif des grains,
tandis que le degré de compactage du sol et les températures élevées ont
eu une incidence défavorable. La R2 rajustée pour le modèle était de 0,42
avec une RCF de 0,16.
Ces résultats démontrent qu'il est possible d'augmenter l'alimentation
azotée en faisant précéder les cultures céréalières par des cultures de
légumineuses. Ainsi, l'indice d'alimentation azotée au moment de la floraison
(IAAf) = 0,51 ± 0.12 pour une rotation dont la proportion
de légumineuses dépasse 37 %, contre 0,41 ± 0,11 pour une rotation
dont la proportion de légumineuses est inférieure à 25 %. La culture
de luzerne avant la rotation céréalière diminue considérablement la densité
des mauvaises herbes au moment de la récolte; les sols pierreux et l'ensemencement
précoce (avant le 1er novembre) font augmenter la densité des
mauvaises herbes.
Source
Agronomy for Sustainable Development (2005) 25: 213-223
DOI: 10.1051/agro:2005016
(1) ISARA Lyon, 69288 Lyon Cedex 02, France
(2) UMR d'Agronomie INRA-INA PG, BP 01, 78850
Thiverval Grignon, France
(3) Université McGill, Département d'agro-économie,
211 Lakeshore, Sainte-Anne de Bellevue (Qc) Canada H9X 3V99
(4) INRA SAD, BP 01, 78 850 Thiverval Grignon,
France
* Correspondance, davidc@isara.fr
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