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Blé - interactions des mauvaises herbes à densités de semis variables dans les systèmes agricoles biologiques

Roxanne Beavers, Dr Andy Hammermeister et Dr Ralph Martin

De nombreux producteurs biologiques sèment à des taux plus élevés que ce qui est recommandé en production conventionnelle. Lorsque le taux de semis est plus élevé, on s'attend à ce que la culture de céréales fasse une utilisation plus efficace des ressources qu'avec un taux de semis inférieur et qu’elle offre une concurrence plus forte aux mauvaises herbes. La meilleure compétitivité de la culture contre les mauvaises herbes lorsqu’on accroît le taux de semis est une conséquence du peu de ressources à la disposition de celles-ci, ce qui les place en situation de désavantage concurrentiel et réduit leur production de graines. Cependant, ce résultat observé seulement lorsque les différences entre les taux de semis étaient importantes varie en fonction des conditions environnementales et selon les espèces de mauvaises herbes présentes.

La densité de semis accrue peut également affecter les rendements des cultures. On a déjà effectué beaucoup de recherche sur cet aspect en production de céréales dans les systèmes agricoles conventionnels. En général il n'y a aucun avantage, au niveau du rendement, à augmenter la densité de semis au-delà des niveaux actuellement recommandés en production conventionnelle, car les cultures tendent à compenser pour la densité plus élevée en réduisant d'autres composants de rendement (par exemple le nombre des talles ou de grains par épis). Cependant, la lutte contre les mauvaises herbes est une question importante en production végétale biologique et il est nécessaire d’obtenir plus d'information afin d'évaluer totalement les bénéfices potentiels au niveau de la lutte contre les mauvaises herbes et du rendement dans les systèmes biologiques. Par conséquent, les chercheurs du Centre d'agriculture biologique du Canada et du Collège d’agricole de la Nouvelle-Écosse effectuent une recherche sur deux ans avec le blé de printemps, pour déterminer si l'augmentation du taux de semis constitue un moyen efficace de lutter contre les mauvaises herbes dans un système biologique. L'étude évaluera également l'impact de l’augmentation de la densité de semis sur le rendement et la qualité des récoltes de céréales biologiques.

Cinq différents taux de semis de la variété AC Helena seront évaluées :

  • Aucun semis
  • Taux recommandé en agriculture conventionnelle (140 kg/ha ou 125 lbs/acre)
  • Taux recommandé en agriculture biologique, 1,25 le taux conventionnel (175 kg/ha ou 156 lbs/acre)
  • Une fois et demi le taux recommandé en conventionnel (210 kg/ha ou 187 lbs/acre)
  • Deux fois le taux recommandé en conventionnel (280 kg/ha ou 250 lbs/acre)
  • En outre, les parcelles recevront 0 ou 10 t/ha de fumier de poulet en granules pour déterminer si les interactions entre le blé et les mauvaises herbes ou la réaction de la culture varient selon la disponibilité des éléments nutritifs.

Tout au long de la saison de croissance, on recueillera des données sur :

  • La disponibilité des éléments nutritifs du sol
  • L’émergence, la densité, le développement et la biomasse de la culture et des mauvaises herbes
  • L’intensité de la lumière au niveau du sol
  • Le taux d’humidité du sol
  • Le rendement et la qualité des céréales récoltées (teneur en protéines et poids).
  • L'été 2003 fut la première saison de l'épreuve et, jusqu'ici, on peut observer des différences entre les parcelles de terrain fertilisées et sans engrais, et aussi entre les différentes densités de semis. Les parcelles fertilisées comportent généralement plus de mauvaises herbes que les parcelles non fertilisées, tandis que les parcelles où la densité est plus élevée comportent moins de mauvaises herbes que celles où la densité de semis est plus faible. Cependant, il est difficile pour le moment de prévoir quelles parcelles donneront les rendements les plus élevés.

On rassemblera des données pendant une seconde saison de croissance, et les résultats seront connus en avril 2005. Les résultats seront affichés à mesure qu’ils deviendront disponibles.


Chercheurs :
Roxanne Beavers (Étudiante à la maîtrise), Dr Andy Hammermeister et Dr Ralph Martin
Centre d'agriculture biologique du Canada
Collège d'agriculture de Nouvelle-Écosse
C.P. 550, Truro (N.-É.), B2N 5E3
Personne ressource : Andy Hammermeister par courriel : ahammermeister@nsac.ca

Sources de financement :
Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG)
Producteurs de céréales biologiques de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard, du Québec, de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta.


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