
La gestion de cultures à haut rendement diminue le phosphore disponible dans le sol sans affecter le phosphore présent sous forme récalcitrante
C. Welsh1, M. Tenuta1,2, D. N. Flaten1, J. R. Thiessen-Martens3 et M. H. Entz3
Résumé
Le phosphore est une ressource non renouvelable, cela soulevant l’inquiétude que les pratiques agriculturales puissent en épuiser les réserves. N’utilisant que peu d’intrants en phosphore, l’agriculture biologique peut souffrir de niveaux déficients en phosphore disponible pour les plantes (P-disponible).
Le but de cette étude est de déterminer si les rotations normalement pratiquées en production biologique réduisent les réserves de P ou si d’importantes réserves existent encore sous des formes non disponibles.
La recherche a été faite à la 13ième année de l’étude Glenlea sur la gestion et la rotation à long terme des cultures dans le sud du Manitoba. Le site a trois systèmes de rotations sur 4 ans sous régie biologique et conventionnelle : blé de printemps (Triticum aestivum L.) – luzerne (Medicago sativa L.) – luzerne – lin (Linum usitatissimum L.) (grain - fourrage) avec et sans fumier composté, et blé de printemps – pois (Pisum sativum L.) – blé de printemps – lin (grain seulement), et une plantation restaurée de graminées fourragères (Prairie). Les traitements conventionnels incluaient des engrais et des herbicides synthétiques alors que la production sous régie biologique n’incluait aucun intrant sauf une seule application de fumier composté.
La procédure modifiée d’extraction séquentielle du phosphore de Hedley a montré que le sol sous gestion biologique disposait d’une concentration plus basse de P rapidement disponible que le sol sous régie conventionnelle mais que les formes récalcitrantes étaient les mêmes dans les deux systèmes. La Prairie affichait des concentrations de P similaires au conventionnel sous toutes les formes. Le solde cumulatif estimé du P indiquait que les rotations n’incluant que des grains biologiques comparées au système conventionnel affichaient une exportation de P peu élevée, ce qui a causé une concentration légèrement plus basse en P disponible. La rotation de fourrage-grain à haut rendement et à exportation élevée du P a réduit le P-disponible en-dessous du seuil de réponse agronomique.
Seules les rotations biologiques à haut rendement et à export élevé de P peuvent développer une déficience en P dépendamment des réserves initiales et de la durée du temps sans ajout d’intrants additionnels.
Source
Agronomy Journal (2009) 101: 1027-1035
(1) Department of Soil Science, University of Manitoba, Winnipeg MB, Canada, R3T 2N2
(2) Canada Research Chair in Applied Soil Ecology
(3) Department of Plant Science, University of Manitoba, Winnipeg MB, Canada, R3T 2N2
English
Affiché en février 2011
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