
Genre et agriculture biologique : prise de position partisane et locale
Martha McMahon
Department of Sociology,
Université de Victoria, mcmahon@uvic.ca
La question de la corrélation entre le genre et l'agriculture biologique
peut être abordée de très nombreuses façons. Une des approches envisageables
consiste à considérer le genre comme une variable, puis à comparer et
à mettre en relief la régie biologique et la régie conventionnelle par
rapport au genre et à d'autres variables telles que : le partage
des tâches, la prise de décisions, la participation, la propriété, la
capitalisation, l'idéologie, etc. Une autre approche éventuelle consiste,
dans un premier temps, à prendre comme point de départ les expériences
rapportées par les agricultrices biologiques et de mettre en lumière les
relations complexes entre les genres et les individus qui régissent à
la fois la production et la distribution des aliments. Puis, on explore
l'incarnation culturelle de l'individu post-moderne dont les préférences
en matière de consommation et les inquiétudes liées à la santé, aux risques
et aux modifications subies par l'organisme constituent la base du marché
des aliments biologiques.
S'il est vrai que l'homme moderne/post-moderne a fait l'objet de nombreuses
et complexes théories sociologiques relatives à la consommation et à l'identité,
ces théories n'ont été que très peu appliquées au domaine de l'agriculture
et des aliments biologiques. Une telle stratégie ne suggère aucune notion
uniforme ni essentielle de l'agricultrice biologique, mais permet de conceptualiser
le genre, lequel présente, dès lors, une occasion exceptionnelle de procéder
à l'examen critique de l'équilibre du pouvoir, examen qui ne se limite
pas à la représentation. Il est possible, ainsi, de ne pas confiner le
genre à une utilisation à titre de variable ou de caractéristique, comme
c'est traditionnellement le cas, mais d'en tirer une conception qui s'intègre
parfaitement aux théories féministes sur le genre.
Les données utilisées dans la présente étude sont tirées de ma propre
expérience à titre d'agricultrice et d'entrevues réalisées auprès d'autres
agricultrices biologiques en Irlande et en Colombie-Britannique. Grâce
à un point de vue bipolaire englobant l'expérience d'agricultrices biologiques
dans deux collectivités différentes, la présente étude vise à analyser
comment l'agriculture biologique peut contribuer à réorganiser l'agriculture
et la production alimentaire de façon novatrice, écologique et socialement
équitable tout en participant au débat actuel sur la conventionnalisation
et la capitalisation dans le secteur de l'agriculture biologique.
Texte intégral
(In English)
Source
Colloque de recherche en sciences sociales. Guelph, Ontario. January 2004
English
Publié en avril 2007
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