
Développement des protocoles d’assurance de la qualité
afin d’éviter la contamination par modification génétique
des cultures biologiques
R. C. Van Acker, Université du Manitoba, Canada,
et N. McLean et R. C. Martin, Collège
d’agriculture de la Nouvelle-Écosse, Canada
Introduction
Le génie génétique est vraiment une nouvelle technologie
permettant d’inclure quasiment tout trait imaginable dans les plantes
cultivées, au service de toutes sortes de fonctions désirées
et d’utilisations finales (Tolstrup et coll., 2003).
Depuis le lancement commercial des cultures du génie génétique
(couramment appelées cultures génétiquement modifiées
(GM)), la superficie mondiale ensemencée de cultures génétiquement
modifiées a augmenté rapidement pour atteindre 102 millions
d’hectares en 2006 (ISAAA, 2006).
Dans des pays tels que le Canada et les États-Unis (É.-U.),
les niveaux d’adoption des cultures génétiquement
modifiées par les agriculteurs ont été élevés.
Au Canada, plus de 75 % du canola cultivé en 2004 était
génétiquement modifié, alors que la superficie des
cultures de soja et de maïs génétiquement modifiées
représentait plus de 60 % de la superficie totale. En 2004 aux
États-Unis, plus de 80 % du soja cultivé était génétiquement
modifié, et près de 80 % du coton cultivé était
génétiquement modifié.
Bien que les cultures génétiquement modifiées soient
enregistrées pour leur dissémination en milieu ouvert dans
des pays tels que le Canada et les États-Unis, elles demeurent
une préoccupation dans les pays où les cultures génétiquement
modifiées ne sont pas enregistrées pour leur dissémination
en milieu ouvert. En outre, étant donné que le génie
génétique permet l’obtention de traits vraiment extraordinaires
chez les plantes cultivées, cela peut également comporter
des risques nouveaux et imprévus.
Alors que le développement des cultures génétiquement
modifiées se poursuit, un plus grand nombre de traits exclusifs
sont introduits chez les plantes cultivées, y compris les transgènes
qui codent pour les protéines pharmaceutiques (Département
de l’agriculture des États-Unis, 2003). La dissémination
de ces types de traits dans l’environnement est vraiment nouvelle.
La majorité des risques se rapportant à la dissémination
des cultures génétiquement modifiées sont liés
à la transmission de transgènes, qui demeure relativement
mal comprise et qui a été fort peu étudiée
(Marvier et Van Acker, 2005). Cela est particulièrement vrai pour
la transmission intraspécifique (au sein d’espèces)
de transgènes au sein des systèmes agricoles et parmi ces
derniers (NRC, 2004; Tolstrup et coll., 2003).
Pour les agriculteurs biologiques et ceux de l’agriculture à
faibles intrants desservant certains marchés, il y a l’exigence
de maintenir leurs fruits et légumes libres de transgènes
(libres de modifications génétiques) afin de répondre
aux attentes de la clientèle. Pour ces agriculteurs, il existe
un besoin de comprendre la transmission des transgènes, afin qu’ils
puissent éviter la transmission de transgènes dans leurs
systèmes et maintenir les qualités des produits qu’ils
doivent offrir.
Le génie génétique est fort prometteur pour les
agriculteurs, les consommateurs et le secteur de la biotechnologie, mais
l’exploitation des cultures génétiquement modifiées
exigera un lancement responsable qui, à son tour, nécessitera
la création de protocoles efficaces et acceptables de confinement
des transgènes. Ces protocoles doivent se fonder sur la connaissance
de la nature et de l’interaction des facteurs qui contribuent à
la transmission des transgènes, ainsi que sur un examen réaliste
de la collaboration nécessaire afin de rendre le confinement efficace
(Tolstrup et coll., 2003).
Les protocoles doivent également reposer sur la compréhension
du fait que la transmission des transgènes au-delà de leurs
destinations intentionnelles, en vertu des systèmes de production
agroalimentaire et de manutention actuels, est une certitude et qu’une
fois que les transgènes ont été disséminés
dans l’environnement, il est improbable qu’ils puissent être
entièrement retirés. Afin d’être administrés
efficacement, ces protocoles doivent comprendre la cession des responsabilités
de confinement des transgènes qui est mise à exécution
par le biais de la loi.
Source
van Acker, R.C., McLean, N. et Martin, R.C. 2007. Development of quality
assurance protocols to prevent GM-contamination of organic crops. Dans
Cooper, J. et coll. [éditeurs] Handbook of organic food safety
and quality. Woodhead Publishing, Cambridge.
English
Affiché en janvier 2009
|