
Évaluation des préparations destinées à la lutte biologique et des extraits
de plantes pour le contrôle de Phytophtora infestans dans les feuilles
de pommes de terre
D. Stephan1, A. Schmitt1,
S. Martins Carvalho2, B. Seddon2
et E. Koch1
Résumé
Nous avons évalué, au moyen d'essais biologiques sur des feuilles détachées
et sur des plants en pots, l'efficacité potentielle de préparations destinées
à la lutte biologique et d'extraits de plantes pour le contrôle du mildiou
de la pomme de terre causé par Phytophthora infestans.
Après une évaluation préliminaire de 22 préparations et extraits de plantes,
les 10 traitements les plus actifs ont été sélectionnés et soumis
à des analyses plus poussées. Dans le cadre des essais sur les feuilles
détachées, ce sont les préparations commerciales Elot-Vis, Serenade et
Trichodex, et les extraits de Rheum rhabarbarum et de Solidago
canadensis qui se sont avérés les plus efficaces pour atténuer l'infestation
de P. infestans.
Aucun de ces traitements, cependant, ne s'est avéré aussi efficace que
le cuivre. Dans le cas du Serenade, ce sont les métabolites produites
par le micro-organisme actif du produit, Bacillus subtilis, qui
ont été identifiés comme les agents efficaces du traitement et non le
micro-organisme lui-même. Afin de tenir compte des modes d'action curatifs
et protecteurs, les substances à l'essai ont été appliquées 24 heures
avant ou 90 minutes après l'inoculation de P. infestans.
De manière générale, les effets les plus bénéfiques ont été constatés
dans les cas où l'application du produit avait été faite 24 heures
avant l'inoculation. Afin de déterminer le moment idéal pour procéder
à l'application, nous avons traité des plants en pots 72 heures et
24 heures avant l'inoculation, et 1 heure et 24 heures après l'inoculation
de la bactérie. Dans le cadre de ces essais, Trichodex n'a eu aucune activité,
tandis que Elot-Vis a donné de meilleurs résultats lorsque appliqué un
jour avant l'inoculation. Quant au Serenade et aux extraits de R. rhabarbarum
et de S. canadensis (tous en concentration de 5 %), leur efficacité
est optimisée lorsqu'ils sont appliqués jusqu'à trois jours avant
et tout juste après l'inoculation de P. infestans.
Les résultats de ces expériences sur des plants en pots démontrent que
tous les produits, à l'exception de l'extrait de S. canadensis,
ont un effet direct sur le pathogène, bien que d'autres mode d'action,
la résistance induite, par exemple, ne peuvent pas être écartés. Aucun
des traitements n'a eu un effet curatif.
(1) Federal Biological Research Centre for Agriculture
and Forestry, Institute for Biological Control, Heinrichstr.
243, D-64287 Darmstadt, Allemagne
(2) Department of Agriculture & Forestry, School of
Biological Sciences, University of Aberdeen,
Hilton Campus, Hilton Place, AB24 4FA Aberdeen, Royaume-Uni
Personne-ressource
D. Stephan
Courriel : d.stephan@bba.de
European Journal of Plant Pathology
Publisher: Springer Science+Business Media B.V., Formerly Kluwer Academic
Publishers B.V.
ISSN: 0929-1873 (Paper) 1573-8469 (Online)
DOI: 10.1007/s10658-005-2083-1
Issue: Volume 112, Number 3
Date: July 2005
Pages: 235 - 246
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