
Les pesticides diminuent l’efficacité de l’association
symbiotique des rhizobiums fixateurs d’azote et des plantes hôtes
J. E. Fox1,2, J. Gulledge3,
E. Engelhaupt4, Matthew E. Burow2,5 and
J. A. McLachlan2
Pour être en mesure de nourrir une population mondiale sans cesse
croissante, il va falloir intensifier l’agriculture comme jamais
auparavant et augmenter le rendement des cultures, car la demande alimentaire
mondiale devrait doubler au cours des 50 prochaines années.
Même si la production céréalière a doublé
au cours des 40 dernières années, en bonne partie grâce
à l’utilisation généralisée des engrais
chimiques azotés, des pesticides et de l’irrigation –
une progression favorisée par la «révolution verte»
-, ce taux d’accroissement de la production agricole ne va pas se
maintenir puisqu’on constate déjà une baisse globale
des rendements de cultures en plus des graves conséquences sur
l’environnement des pratiques agricoles modernes.
Au cours des vingt dernières années, on a constaté
une baisse des rendements de cultures en dépit de l’application
accrue d’engrais, ce qui ne peut être entièrement expliqué
par les modèles écologiques actuels. La stratégie
couramment utilisée pour réduire la dépendance envers
les engrais azotés est la production de légumineuses qui
fixent l’azote de l’atmosphère grâce à
leur symbiose avec les rhizobiums, des bactéries fixatrices d’azote,
en rotation avec des cultures n’ayant pas ces propriétés.
Dans cette étude, des preuves in vivo présentées
pour la première fois démontrent qu’un sous-ensemble
de pesticides organochlorés, de produits agrochimiques et de polluants
crée un phénotype symbiotique caractérisé
par une fixation retardée ou inhibée des rhizobiums sur
les racines des plantes-hôtes, une formation réduite de nodosités,
des taux inférieurs d’activité des nitrogénases,
et une diminution globale du rendement à la récolte.
Entre autres incidences environnementales des apports de produits chimiques
compromettant la fixation symbiotique de l’azote, on relève
une dépendance accrue à l’égard des engrais
azotés synthétiques ainsi qu’une baisse de la fertilité
du sol et des rendements à long terme.
Source
Proceedings of The National Academy of Sciences (2007) 104: 10282-10287
(1) Center for Ecology and Evolutionary Biology, University
of Oregon, 335 Pacific Hall, Eugene, OR 97403
(2) Center for Bioenvironmental
Research, Environmental Endocrinology Laboratory, Tulane University,
1430 Tulane Avenue, New Orleans, LA 70112-2699
(3) Department of Biology,
University of Louisville, Louisville, KY 40292;
(4) University of Colorado,
Boulder, CO 80309; and
(5) Department of Medicine and Surgery, Hematology and
Medical Oncology Section, Tulane University Medical School, 1430 Tulane
Avenue, New Orleans, LA 70112-2699
English
Affiché en décembre 2007
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