
Production céréalière et amélioration des
sols : avantages possibles à long terme de systèmes culturaux
biologiques et sans labours
J. R. Teasdale*, C. B. Coffman et R. W. Mangum
USDA-ARS Sustainable Agricultural Systems Lab., Beltsville, MD 20705
Résumé
On a relativement peu comparé les rendements des systèmes
culturaux sans labour et des systèmes biologiques, notamment sur
des terrains érodables sujets à la sécheresse pour
lesquels on recommande une gestion avec travail réduit du sol.
C’est sans doute attribuable au scepticisme répandu quant
à la capacité de l’agriculture biologique à
améliorer les sols aussi bien que les systèmes classiques
sans labours à cause du besoin de travail du sol associé
à un grand nombre de pratiques agricoles biologiques.
Une étude comparative de 9 années (1994 à 2002)
sur des stratégies de labours réduits en production céréalière
de maïs (Zea mays L.), de soja [Glycine max (L.)
Merr.] et de blé (Triticum aestivum L.) a été
menée sur un site incliné et sec à Beltsville (Maryland).
On y a comparé quatre systèmes : (i) système classique
à zéro labour (ZL) avec herbicide et intrants de N recommandés;
(ii) système à couvre-sol sans labours (CSsl) qui comprenait
de la vesce velue (Vicia villosa Roth) en pré-culture
du maïs, et seigle (Secale cereale L.) avant le soja, avec
intrants de N et herbicide réduits; (iii) système de culture-abri
de coronille bigarrée (Coronilla varia L.) (CAcb) avec
intrants de N et herbicide recommandés; (iv) système biologique
avec passage d’un cultivateur sous-soleur (BIO) sur culture de couvre-sols
avec apport d’engrais pour les nutriments et travail du sol de post-plantation
pour la lutte contre les adventices.
Après 9 ans, la concurrence des adventices sur le maïs dans
le traitement BIO et de la coronille en culture-abri dans CAcb atteignait
des niveaux inacceptables, notamment durant les années sèches.
En moyenne, le rendement du maïs a été respectivement
de 28 et 12 % plus faible dans BIO et CAcb que dans le traitement classique
ZL, tandis que le rendement du maïs dans CSsl et ZL était
assez semblable.
En dépit du recours au travail du sol, les teneurs du sol en C
et N combustibles étaient plus élevées à tous
les intervalles de profondeur jusqu’à 30 cm dans le traitement
BIO comparativement à ce qu’elles étaient dans tous
les autres systèmes.
Un essai d’uniformité a été méné
de 2003 à 2005 avec du maïs cultivé selon le système
ZL sur toutes les parcelles. Le rendement des parcelles pendant 9 ans
sous système BIO et CAcb était respectivement 18 et 19 %
plus élevé que dans celles ayant été sous
système ZL; il n’y avait aucune différence dans les
rendements entre parcelles ayant été sous les systèmes
ZL et CSsl.
Trois tests sur la disponibilité de l’azote (perte de rendement
du maïs dans les sous-parcelles sans intrant de N en 2003–2005,
test de nitrate de sol en postlevée, et N des feuilles d’épis)
ont tous confirmés qu’il y avait davantage de N assimilable
par le maïs dans BIO et CAcb que dans ZL.
Ces résultats semblent indiquer que le système BIO peut
présenter des avantages pédologiques à plus long
terme que la technique classique de zéro labour (ZL) en dépit
de l’utilisation du labour associé à un système
de type BIO.
Cependant, ces avantages pourraient être remis en cause par les
problèmes d’adventices qui surviennent alors.
Source
Agronomy Journal (2007) 99: 1297-1305.
* Auteur-ressource : john.teasdale@ars.usda.gov.
English
Publié en septembre 2008
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