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Impact de la gestion des pâturages sur le carbone du sol

D. H. Lynch1, R. D. H. Cohen2, A. Fredeen1, G. Patterson3 and R. C. Martin1

Résumé
Les sols agricoles, s’ils sont gérés correctement, sont capables d’agir comme un filet de retenue du CO2 et de contribuer de façon significative à diminuer les émissions de GES. Les sols conservés en surfaces pastorales stockent de très grandes quantités de carbone du sol et comptent, globalement, pour 25 % de tout le C stocké en surface.

Les plantes des parcours naturels ont évolué conjointement avec les animaux, et il semble que la végétation est mieux conservée, et le rendement des parcours maximisé, dans des conditions de pacage léger (et de brûlage). On trouve cependant peu de données publiées sur le potentiel de gains en matière de carbone du sol par une amélioration de la gestion des prairies pâturées du Canada.

Une simulation par ordinateur (GrassGro model) des changements dans les aires de répartition, les types de fourrage et le rendement du bétail a été combinée à des analyses avec tableur sur une période de 30 ans en vue d’évaluer l’impact de pratiques améliorées de paissance sur le carbone du sol et sur la rentabilité des exploitations agricoles –– l’analyse portait sur les parcours naturels et les prairies artificielles du Sud des Prairies canadiennes.

Parmi les pratiques améliorées, on compte la paissance complémentaire (déplacer le bétail afin qu’il paisse différentes herbes mûrissant à différentes périodes de la saison) et une densité de logement (enclos) réduite dans les prairies naturelles; ainsi que : apport d’azote, graminées/légumineuses semées pâturées continuellement ou en rotation, densité de logement réduite dans les prairies artificielles. L’analyse a inclus trois écorégions en fonction de similarités climatiques et de type de sol. L’étude constitue une première évaluation objective des changements potentiels en matière de stockage du carbone et de leur rentabilité, résultant d’un éventail de pratiques améliorées possibles pour les pâturages des Prairies canadiennes.

Dans l’ensemble, le potentiel estimé des gains combinés en carbone organique du sol par le biais de la gestion améliorée des pâturages des Prairies (11,5 Mha) a été de 0,465 MMT C yr-1 (ou 1,63 MMT CO2 yr-1), un peu moins que les 1,70 MMT CO2 yr-1 actuellement émis par les sols agricoles au Canada. On estime, cependant, que les gains de la fertilisation azotée ont été en grande partie annulés par les dépenses d’énergie associées, les émissions de N2O et la modification des espèces poussant dans les pâturages. L’étude conclut que la paissance complémentaire seule semble offrir des avantages combinés sur le plan des gains en carbone du sol tout en assurant des retombées nettes aux producteurs.


Source
Canadian Journal of Soil Science (2005) 85: 183-192

(1) Department of Plant and Animal Sciences, Nova Scotia Agricultural College (NSAC), CP 550, Truro, Nouvelle-Écosse, Canada, B2N-5E3
(2) Department of Animal and Poultry Science, University of Saskatchewan, Agriculture Bldg., 51 Campus Drive., Saskatoon, Saskatchewan, Canada, S7N 5A8
(3) Ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux (Charlottetown), Engineering Building, 20 Tower Rd., P.O. Box 550, NSAC, Truro, Nouvelle-Écosse, Canada B2N 5E3


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Novembre, 2006

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