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Le méthane et le reste

par David Boehm

La production de gaz à effet de serre, qui bloquent et redirigent la chaleur solaire vers notre planète, a augmenté au cours des 200 dernières années alors que les humains ont de plus en plus altéré l'environnement naturel. La chaleur qui rayonne de nouveau vers la Terre élève les températures de la surface du globe, menaçant de perturber les conditions climatiques relativement stables dont nous avions bénéficié depuis la dernière période glaciaire.

Le gaz à effet de serre le plus abondant est la vapeur d'eau. À l'exception des traces laissées par les avions, nos interventions n'ont pas eu (jusqu'ici) beaucoup d'effet sur cette étape gazeuse du cycle hydrologique. Mais nous avons certainement eu un impact sur le carbone, un élément qui se promène de la Terre à l'atmosphère d'une manière assez semblable à l'eau.

Sur Terre, le carbone se rend utile en formant les corps des plantes et des animaux ainsi qu'en assurant la fertilité du sol, puis monte au ciel quand son travail est terminé, transformé en gaz carbonique par la rouille, la putréfaction ou le feu. Une portion de ce carbone est détourné de cette boucle relativement rapide et se camoufle pendant des lustres en attendant que messieurs Peabody, Texaco ou DeBeers le fassent remonter à la surface. S'il ne scintille ni ne miroite, il se fait brûler dans une Honda ou s'entasse à Point Tupper.

On a beaucoup observé cela récemment. Depuis la révolution industrielle, nous sommes passés de 280 à 367 parties par million de CO2 dans l'atmosphère - une augmentation de 30 pour cent en moins de temps qu'il n'en faut pour qu'un conifère arrive à maturité. Si on considère qu'une augmentation de seulement un pour cent de la quantité d'oxygène atmosphérique causerait la combustion spontanée des forêts du monde, on comprend pourquoi le pompage massif du gaz carbonique dans l'atmosphère pourrait avoir des conséquences graves.

Le méthane est en réalité juste un remous dans le cycle du carbone. Le méthane (CH4) est constitué de carbone qui se lie à l'hydrogène quand des créatures qui ont déjà été jolies commencent à se décomposer dans des conditions anaérobies (sans oxygène). Il se délie et se transforme en CO2 une fois brûlé, ou éventuellement dans l'atmosphère quand il rencontre des radicaux hydroxyles. Tant que le méthane se laisse flotter emporté par le zéphyr, il absorbe beaucoup de rayons. Cette longévité donne au CH4 plus de 20 fois l'effet réchauffant du CO2.

En plus des tripes productrices de méthane des vaches, nous pouvons pointer du doigt les marais, décharges, processus d'extraction de pétrole, tas de fumier, rizières et un vaste assortiment d'autres entreprises plus ou moins sales ou obscures. Les concentrations atmosphériques de méthane ont augmenté de 150 pour cent depuis le début de la révolution industrielle.

Même le gaz hilarant n'est plus drôle. L'oxyde de diazote (NO2), qui émane du cycle d'azote, est produit dans les sols labourés à partir des applications de fumier et d'engrais synthétiques. Le NO2 possède environ 300 fois l'effet réchauffant du gaz carbonique, et sa concentration dans l'atmosphère a augmenté d'environ 16 pour cent depuis le début de l'ère industrielle. Encore des mauvaises nouvelles provenant des fermes.

L'ozone représente également une source de problèmes.3 C'est un gaz qui semble toujours au mauvais endroit au mauvais moment. L'ozone cause des ennuis dans l'atmosphère inférieure quand les divers polluants de l'air réagissent en présence de la lumière du soleil. Cet ozone troposphérique se classe juste derrière le gaz carbonique et le méthane pour son effet accumulé sur le réchauffement global.

Les autres gaz principaux sont plus exotiques et difficiles à cerner. Ils sont la plupart du temps néfastes et, évidemment, synthétiques. Ils poussent non seulement les lois de la chimie à leurs limites, mais bon nombre d'entre eux persistent dans l'atmosphère pendant des milliers et des milliers d'années. Réfrigération, solvants, fabrication de l'aluminium, transport d'énergie, semi-conducteurs... On ne peut pas tout mettre sur le dos des vaches - bien que leurs empreintes écologiques suivent étroitement nos traces.

 

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