
Production biologique de lentilles : densité de semis et
espacement des rangs optimaux
E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott
Problème
Les cultures de légumineuses comme les lentilles concurrencent
mal les mauvaises herbes. On a parfois recours au sarclage en postémergence.
Cependant, cela peut endommager la culture et occasionner un taux plus
élevé de maladies comme la brûlure ascochytique des
lentilles. L'objectif de cette étude était d'évaluer
divers espacements entre les rangs (11, 22, 33, et 44 centimètres)
et différentes densités de semis (30, 60, 120, et 240 kilogrammes/ha)
pour améliorer la compétitivité des lentilles produites
de manière biologique.
Contexte
Les agriculteurs qui tentent de réduire au minimum les effets
négatifs des mauvaises herbes non maîtrisées songent
souvent à rapprocher les rangs et à semer à un taux
plus élevé. Les parcelles d'orge de printemps semées
en rangs distants de 33 centimètres et non traitées avec
des herbicides comportaient une biomasse de moutarde sauvage plus importante
de 46 % et de 55 %, comparativement à l'orge semée
en rangs de 11 et 22 centimètres, respectivement. Augmenter le
taux de semis de l'orge de 85 kilogrammes / ha à 200 kilogrammes
/ ha a réduit la production de matière sèche et de
semences de folle avoine. Augmenter le taux de semis de pois fourrager
a réduit la densité des mauvaises herbes et amélioré
le rendement de la culture à Melfort. Une recherche effectuée
en Alberta prouve qu'une densité de semis accrue de canola
peut réduire l'effet concurrentiel du sarrasin de Tartarie. Nous
prévoyons que la réduction de l'espace entre les rangs
et que l'augmentation de la densité de semis améliorera
le rendement des lentilles biologiques.
Description de la recherche
L'étude a été entreprise dans 2000 et 2001 sur une
parcelle en jachère labourée qui a été travaillée
tôt au printemps. Des lentilles Glamis ont été semées
à l'aide d'un semoir à houe muni de roues plombeuses.
Lors des épreuves effectuées en 2000, on a semé des
mauvaises herbes dans la parcelle étudiée avant le semis
des lentilles. En 2001, les lentilles ont été semées
à un endroit connu pour son important peuplement naturel de mauvaises
herbes annuelles. Les deux années, les principales mauvaises herbes
observées furent la folle avoine, la moutarde sauvage, le chou
gras et le tabouret des champs. L'expérience a été
entreprise selon une méthode expérimentale en tiroirs (parcelles
subdivisées) avec l'espacement des rangs (11, 22, 33, et
44 centimètres) comme facteur principal et la densité de
semis à l'intérieur des parcelles (30, 60, 120, et
240 kilogrammes / ha) comme facteur secondaire. Les traitements ont été
répétés quatre fois. La taille des sous-parcelles
était de 2 m X 5 m. Aucun herbicide n'a été appliqué
après l'émergence. Les données recueillies
portaient uniquement sur le rendement en lentilles.
Principales conclusions
Les populations extrêmement élevées de mauvaises
herbes ont gravement réduit le rendement des lentilles en 2000,
alors qu'en 2001 les rendements étaient bien meilleurs avec
le peuplement naturel de mauvaises herbes. Malgré les faibles résultats
obtenus en 2000, les tendances au niveau du rendement étaient semblables
pour les deux années, et les données ont été
combinées. Le rendement en lentilles s'améliorait
à mesure que la densité des semis augmentait dans les parcelles
où l'espace entre les rangs était de 11, 22 et 33
centimètres (figure 1). Lorsque l'espace entre les rangs
était de 44 centimètres, la densité de semis accrue
au-delà de 60 kilogrammes / ha n'a eu aucun effet. Le taux optimal
de semis de lentilles cultivées en présence de mauvaises
herbes se situait aux environs de 150 à 200 kilogrammes /ha.
Conclusions
Les producteurs biologiques devraient envisager de semer en rangs serrés
avec un taux de semis accru. Si semer en rangs serrés n'est
pas réalisable, alors les producteurs devraient utiliser un semoir
qui distribue les semences sur une large bande. Le taux optimal de semis
de lentilles cultivées en présence de mauvaises herbes se
situait aux environs de 1,5 à 2,0 fois la densité de semis
couramment recommandée pour les producteurs conventionnels.


Sources de financement
Fonds d'innovation en agroalimentaire
Canada-Saskatchewan
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