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Amélioration du bilan nutritif sur une ferme laitière commerciale : une approche intégrée

D. H. Lynch1*, R. W. Jannasch3, A. H. Fredeen2 and R. C. Martin1

Résumé 
Réduire au minimum les excédents tout en améliorant l'efficacité des éléments nutritifs représente l'un des principaux défis de tous les systèmes de production de l'industrie laitière, qui doivent composer avec des contraintes économiques, environnementales et réglementaires.

Notre étude a examiné l'efficacité de l'utilisation des éléments N, P et K sur une exploitation laitière commerciale par une approche intégrée qui a évalué le bilan nutritif de tous les aspects du système de production de la ferme étudiée, une exploitation de vaches laitières Holstein de Kings County en Nouvelle-Écosse, au Canada.

Pendant la décennie suivant 1988, le propriétaire de ferme a mis en application une série de modifications des pratiques en matière de production, dont la diversification de la rotation des récoltes, la mise en place d'une régie intensive des pâturages (RIP) et l'adoption d'une approche systématique à la gestion des sols et des éléments nutritifs. La production laitière, et les exportations de N, P et K qui y sont associées ont augmenté de 666 kilogrammes par vache entre 1990 et 2000. Les achats d'engrais N-P-K ont été éliminés en 1990 et l'importation d'éléments nutritifs aux fins d'alimentation a été nettement réduite. Les coûts d'alimentation par litre de lait ont diminué, passant de 14,3 cents (CDN)/litre en 1990-92 à 11,6 cents/litre en 1998-2000 malgré le fait que les prix des aliments pour bétail augmentaient de 10-20 % dans la région pendant la même période.

Le calcul du bilan actuel de la masse totale de N-P-K sur la ferme indique que 25,0 % de toutes les entrées de N se retrouvent dans les produits de la ferme, soit le lait et la viande. Le calcul de l'apport N au champ provenant de sources autres que les légumineuses (67 kg de N ha-1 avant les pertes) révèle un niveau presque optimal pour un système de culture dominé par les légumineuses et les graminées. Le modèle a établi que les excédents nutritifs annuels de la ferme (sorties - entrées) pour le P (9,0 kilogrammes ha-1 an -1) et le K (8,2 kilogrammes ha-1 an -1) étaient sensiblement inférieurs à ceux précédemment rapportés pour les exploitations laitières régionales où les animaux sont gardés à l'intérieur et qui dépendent davantage de la production de maïs.

Cependant, les données obtenues pendant 16 ans d'analyse de sol (1985-2001) indiquent une augmentation des niveaux de magnésium dans le sol d'environ 2mg par kg-1 par an. Les améliorations récentes des niveaux de P alimentaire dans la diète des vaches laitières ont réduit encore davantage les excédents de P de la ferme (2,6 kilogrammes ha-1 en l'an 2001) et sont pointées du doigt comme l'élément clef d'une stratégie pour renverser la tendance observée dans les niveaux de P détectés dans les analyses de sol.

En résumé, l'approche combinée de la gestion nutritive d'ensemble du système agricole, la diversification des cultures, la RIP ont augmenté la production laitière tout en réduisant au minimum les coûts et l'apport d'intrants nutritifs à la ferme. L'étude démontre comment une approche à la gestion des éléments nutritifs sur une exploitation laitière qui intègre les besoins en éléments nutritifs du bétail et des récoltes peut réduire la charge nutritionnelle d'une exploitation laitière tout en conservant la productivité.


Source
American Journal of Alternative Agriculture (2003) 18: 137-145


Author Locations and Affiliations
(1) Organic Agriculture Centre of Canada (OACC) located at the Nova Scotia Agricultural College (NSAC), PO Box 550, Truro, Nova Scotia, Canada B2N 5E3
(2) Department of Plant and Animal Science, NSAC, PO Box 550, Truro, Nova Scotia, Canada B2N 5E3
(3) Resource Efficient Agricullural Production (REAP), Box 126, Ste. Anne de Bellevue, Quebec, Canada H9X 3V9
* dlynch@nsac.ca


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