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L’agriculture biologique et l’approvisionnement alimentaire mondial

C. Badgley1, J. Moghtader2,3, E. Quintero2, E. Zakem4, M. J. Chappell5, K. Avilés-Vázquez2, A. Samulon2 et I. Perfecto2

Résumé
Les principales objections à la proposition à l’effet que l’agriculture biologique peut contribuer énormément à l’approvisionnement alimentaire mondial ont trait aux faibles rendements et aux quantités insuffisantes de fertilisants acceptables au plan biologique. Nous avons évalué l’universalité de ces deux allégations. Pour la première, nous avons comparé les rendements de la production biologique par rapport à la production conventionnelle, ou à la production alimentaire allant de faible à intensive, pour un ensemble de données mondiales portant sur 293 exemples, et nous avons estimé le ratio du rendement moyen (biologique:non biologique) de diverses catégories alimentaires pour le monde développé et le monde en développement.

Dans le cas de la majorité des catégories, le ratio de rendement moyen était légèrement supérieur à 1,0 pour les études du monde développé et légèrement inférieur à 1,0 pour celles du monde en développement. Avec les ratios du rendement moyen, nous avons établi un modèle d’approvisionnement alimentaire mondial, dont les produits pourraient être cultivés de manière biologique, au moyen du territoire agricole actuel. Les estimations du modèle indiquent que les méthodes biologiques pourraient produire assez d’aliments par habitant à l’échelle mondiale pour subvenir aux besoins de la population humaine actuelle et, éventuellement, à ceux d’une population plus nombreuse, sans accroître le territoire agricole.

Nous avons également évalué la quantité d’azote potentiellement disponible provenant de la fixation de l’azote par les cultures-abris de légumineuses utilisées comme fertilisant. Les données sur les agroécosystèmes tempérés et tropicaux suggèrent que les cultures-abris de légumineuses pourraient fixer assez d’azote pour remplacer la quantité de fertilisants synthétiques qui sont utilisés à l’heure actuelle.

Ces résultats indiquent que l’agriculture biologique a le potentiel de contribuer considérablement à l’approvisionnement alimentaire mondial, tout en réduisant les incidences environnementales néfastes de l’agriculture conventionnelle.

L’évaluation et l’examen de cette documentation ont soulevé d’importants enjeux au sujet des cultures de rotation dans le cadre de l’agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle et à la fiabilité des sources de la littérature grise. Vous trouverez un dialogue continu sur ces thèmes dans l’éditorial du Forum du présent numéro.


Source
Renewable Agriculture and Food Systems (2007) 22: 86-108


(1) Museum of Palaeontology, University of Michigan, Ann Arbor, MI 48109, USA.
(2) School of Natural Resources and Environment, University of Michigan, Ann Arbor, MI 48109 USA. Corresponding author: perfecto@umich.edu
(3) Department of Horticulture, Michigan State University, East Lansing, MI 48824, USA.
(4) School of Art and Design, University of Michigan, Ann Arbor, MI 48109, US
(5) Department of Ecology and Evolutionary Biology, University of Michigan, Ann Arbor, MI 48109, USA.


English


Affiché en décembre 2007

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