
Évaluation d'Interceptor - un herbicide biologique
E. Johnson1,
K. Sapsford2, R. Holm2, R. Kutcher3, W. May4,
G. Lafond4, T. Hogg5, B. Nybo6, S. Anderson7 and J. McConnell8
Problème
On ne permet pas aux des producteurs biologiques d'utiliser des
pesticides synthétiques dans leur système de production.
Cependant, les herbicides dérivés des sources naturelles
sont souvent permis. Interceptor est un herbicide homologué et
certifié pour la production biologique en Nouvelle-Zélande.
Un herbicide biologique non sélectif peut être très
utile pour remplacer le travail du sol avant les semis ou après
l'apparition des plantes. Cette étude avait pour objectif
de : 1) évaluer l'efficacité d'Interceptor pour lutter
contre les mauvaises herbes indicatrices et 2) définir les paramètres
d'application qui peuvent améliorer l'efficacité d'Interceptor.
Contexte
Intercepteur est un herbicide de contact non sélectif, dérivé
d'un extrait d'huile de pin. Puisque cet herbicide tue les plantes par
contact, il est essentiel de vaporiser le produit uniformément
sur les plantes cibles pour une efficacité maximum. Nous avons
effectué des essais préliminaires en serre et sur le terrain
pour évaluer l'efficacité d'Interceptor en grande culture
biologique, en utilisant du canola et de l'avoine comme mauvaise herbe
indicatrice dans les deux études. Les essais préliminaires
en serre ont été faits à la ferme expérimentale
de Scott. L'application d'Interceptor a eu comme conséquence l'assèchement
rapide des plants de canola mais a eu peu d'effet sur les plants d'avoine
dans les essais en serre. C'est probablement dû à l'orientation
opposée des feuilles de canola et d'avoine. Les feuilles plus grandes
de canola sont orientées à l'horizontale, alors que
l'avoine possède des feuilles minces et orientées à
la verticale. Les grandes feuilles horizontales reçoivent plus
de gouttelettes lors de la vaporisation et le produit a plus de chances
de rester sur les feuilles Les essais en serre ont également suggéré
qu'on peut améliorer les résultats obtenus avec Interceptor
en augmentant le volume de porteur de 112 à 225 litres à
l'hectare.
Description de la recherche
La recherche sur le terrain a été effectuée à
tous les sites de SPOKE en plus de la ferme de recherches sur les récoltes
de Kernen à Saskatoon. Le canola et l'avoine ont été
semés à des densités cibles de 150 et 200 plants
au mètre, respectivement. La taille des parcelles variait selon
les endroits. Interceptor a été appliqué à
trois taux : concentration de 10 %, de 20 % et 30 %
v/v. L'étude portait également sur une parcelle témoin
non traitée et une parcelle traitée avec un produit courant
dans l'industrie (glyphosate). Les taux de glyphosate étaient
de 0,63, 1,25 et 1,89 litres/hectare. Interceptor a été
appliqué avec un pulvérisateur ordinaire en utilisant un
volume porteur de 225 litres à l'hectare. Le glyphosate a
été appliqué à un taux de 66 à 112
litres à l'hectare 5 à 10 gpa. Les herbicides ont
été appliqués quand les plantes en étaient
au stade de trois à cinq feuilles. Notre méthode expérimentale
prévoyait un bloc aléatoire complet. Une appréciation
visuelle de la maîtrise des mauvaises herbes (0 à 100 %
de destruction) a été effectuée trois, sept et quatorze
jours après application. Des données sur la biomasse des
plantes ont été recueillies 14 à 21 jours après
les semis.
Principales conclusions
Les tendances étaient semblables à tous les endroits. Nous
avons donc combiné les données. Interceptor a causé
une quantité de brûlure sur les feuilles d'avoine, mais on
estime que les résultats moyens ont été inférieurs
à 10 % (tableau 1). On a observé aucune réduction
significative de la biomasse de folle avoine causée par les traitements
à l'Interceptor, à tous les taux. Puisque Interceptor
est strictement un herbicide de contact, la couverture du jet est critique.
L'avoine a une feuille étroite orientée à la verticale.
Par conséquent, la rétention du jet est généralement
basse. Interceptor a donné des résultats légèrement
meilleurs sur le canola, mais la maîtrise globale n'était
toujours pas satisfaisante (tableau 2). L'action d'Interceptor
sur le canola fut très rapide : les symptômes sont apparus
en quelques heures. Les estimations initiales de destruction des mauvaises
herbes pour Interceptor étaient plus élevées que
pour le glyphosate. Cependant, un taux important de repousse s'est
produit une à deux semaines après l'application d'Interceptor.
Les estimations finales de succès d'Interceptor allait de
10 à 26 %, selon le taux d'application. Le taux d'application
de 30 % d'Interceptor a permis d'obtenir une réduction
de 22 % du poids frais du canola, relativement aux parcelles témoins
non traitées. L'application de glyphosate à des taux supérieurs
à 1,25 litre/hectare a eu permis d'obtenir une réduction
de 99 % du poids frais de l'avoine et du canola.
Conclusions
L'herbicide Interceptor n'est pas efficace comme herbicide non sélectif
appliqué en utilisant les modes d'application conventionnels au
champ. Les résultats peuvent être légèrement
améliorés lorsqu'on utilise des becs innondants qui
augmentent la précision du jet ; cependant, il est douteux
que de telles petites modifications dans la technique d'application puissent
avoir comme conséquence un niveau acceptable de destruction des
mauvaises herbes. Avec Interceptor, il est nécessaire d'utiliser
un taux élevé de principes actifs, ce qui réduit
encore davantage son potentiel d'utilisation en grande culture.
Malgré ses limites pour la production en plein champ, l'herbicide
Interceptor offre des possibilités intéressantes comme herbicide
pour le marché domestique. Beaucoup de municipalités urbaines
limitent l'utilisation des pesticides. Dans un contexte urbain, la concentration
élevée nécessaire ne pose pas de problème,
car les surfaces traitées sont généralement peut
importantes. Puisque l'application domestique est habituellement faite
avec un pulvérisateur à main, la couverture du jet peut
certainement être améliorée. Les particuliers qui
souhaitent employer un herbicide dérivé d'une source naturelle
peuvent trouver les effets rapides de l'herbicide intéressants,
étant donné que les symptômes se manifestent en quelques
heures.


Sources de financement
Fonds d'innovation en agroalimentaire
Canada-Saskatchewan
Personne à contacter
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies
Centre d'agriculture biologique du Canada
a/s Département de phytologie
Université de la Saskatchewan
51 Campus Drive, Saskatoon
(Saskatchewan), Canada S7N 5A8
Tél : (306) 966-4975
Télécopieur : (306) 966-5015
Courriel : brenda.frick@usask.ca
(1) Scott Research Farm
(2) University of Saskatchewan, Saskatoon
(3) Melfort Research Farm
(4) Indian Head Research Farm
(5) Saskatchewan
Irrigation Crop diversification Centre, Outlook
(6) Wheatland
Conservation Area Inc., Swift Current
(7) East Central Research
Foundation, Canora
(8) South East Research Farm, Redvers
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