
Utilisation de l'énergie et efficacité de deux systèmes
canadiens de production par cultures biologiques et traditionnelles
J. W. Hoeppner1, M. H. Entz1
*, B.G. McConkey2, R. P. Zentner2
et C.N. Nagy3
Résumé
L'agriculture durable vise à utiliser l'énergie des combustibles
fossiles plus efficacement dans la production des cultures. Cette étude,
échelonnée sur 12 ans, s’est penchée sur les
résultats de deux cultures de rotation et de deux systèmes
de production de cultures (biologique par rapport à la méthode
traditionnelle) quant à l'utilisation de l'énergie, la production
d'énergie et l’utilisation efficace de l'énergie.
La rotation fondée sur les céréales comprenait du
blé (Triticum aestivum L.)-pois (Pisum sativum L.
), du blé-lin (Linum usitatissimum L.), alors que la rotation
traditionnelle incluait du blé-luzerne (Medicago sativa L.)-luzerne-lin.
La méthode biologique a utilisé 50 % moins d'énergie
que la méthode traditionnelle, et la rotation intégrée,
environ 40 % moins que celle axée sur la rotation des céréales.
L'énergie utilisée pour l'ensemble de l'exercice était
en moyenne de 3 420 MJ ha (millions de joules par hectare) -1 an 1. L'énergie
produite (céréales et fourrage de luzerne seulement) pour
l'ensemble de l'exercice était en moyenne de 49 947 MJ ha 1 an
1; elle était modifiée individuellement en fonction du système
de production et des cultures de rotation. L'énergie produite par
la rotation intégrée était trois fois plus élevée
que celle de la rotation axée sur les céréales.
Toutefois, cet écart dépendait en grande partie des divers
genres de cultures (plant de luzerne entier comparativement à des
semences de céréales).
La méthode biologique a utilisé 30 % moins d'énergie
que la méthode traditionnelle. L'efficacité énergétique
(énergie produite / énergie requise) maintenait une moyenne
de 17,4 et elle était plus élevée dans les rotations
intégrée et biologique.
Une rotation significative par interaction des systèmes de production
(P < 0,05) a révélé que les hausses d'efficacité
énergétique en raison de la réduction des apports
des cultures (c.-à-d. le passage de la méthode traditionnelle
à la culture biologique) étaient plus marquées dans
le cas de la rotation intégrée que dans celui de la rotation
axée sur les céréales.
La plus grande efficacité énergétique présente
dans la rotation intégrée gérée par la culture
biologique était attribuable au fait que les plantes fourragères
réagissent moins à la suppression des additifs chimiques
que les semences de céréales.
Source
Renewable Agriculture and Food Systems: 21(1); 60-67 2006 DOI: 10.1079/RAF2005118.
Rapport de recherche accepté le 20 avril 2006.
(1) Faculté des Sciences agricoles, Université
du Manitoba, 222, Édifice de l'Agriculture, Winnipeg (Manitoba)
R3T 2N2, Canada.
(2) Agriculture pour prairies semi-arides, législation
et environnement, Université de Saskatchewan, Saskatoon (Saskatchewan)
S7N 5A8, Canada
* Auteur-ressource : m_entz@umanitoba.ca
English
Publié en juillet 2007
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