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Quantifier la réduction des émissions de GES obtenue par le compostage du fumier de bovins laitiers et de bovins de boucherie

E. Pattey1* M.K. Trzcinski2 et R.L. Desjardins1

Résumé
Il serait possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur agricole par la mise en place de meilleures pratiques de gestion. Par exemple, le choix de la méthode d’entreposage des fumiers devrait reposer sur des critères environnementaux ainsi que sur la capacité de production.

La présente étude compare les émissions de GES générées par trois méthodes distinctes d’entreposage des fumiers de bovins laitiers et de bovins à viande durant l’été. Les émissions de CH4, de N2O et de CO2 émis par les fumiers entreposés sous forme de lisier pâteux/boue liquide ou en tas, ou compostés, ont été mesurées à l’aide d’un cabinet à essai fermé à circulation continue.

C’est avec l’entreposage sous forme de lisier pâteux qu’on a observé les émissions les plus importantes de N2O–CH4combinés en équivalent CO2; il a été suivi de l’entreposage en tas puis du compost en aération passive. Ce classement a été déterminé par les émissions de CH4 relativement au niveau de conditions aérobies dans le fumier. Le forçage radiatif en équivalent CO2 attribuable au fumier en tas était 1,46 fois plus élevé que pour le compost, et ce, pour les deux types de fumiers d’étable. Il était presque 2 fois plus élevé pour le fumier de bovins laitiers en lisier pâteux, et de 4 à 7 fois plus élevé pour le fumier de bovins de boucherie en lisier pâteux.

En extrapolant à partir des résultats de cette étude, les auteurs ont évalué la réduction potentielle de GES pour l’ensemble du Canada : en compostant tout le fumier de bovins que l’on entrepose actuellement sous forme de lisier pâteux ou en tas, on obtiendrait une réduction de 0,70 Tg éq CO2/année-1. Dans le même ordre d’idées, le captage et la combustion des émissions de CH4 générées dans les installations de traitement des boues liquides se traduiraient par une réduction de 0,76 Tg éq CO2/année-1.

À partir de ces résultats, de nouveaux coefficients d’émissions de CH4 ont été déterminés et intégrés à la méthodologie du GIEC. Pour l’Amérique du Nord, dans des conditions de temps frais, les facteurs d’émission de CH4 seraient de 45 kg CH4 /tête-1 /année-1 pour le fumier de bovins laitiers au lieu de 36 kg CH4 / tête-1 /année-1, et de 3 kg CH4/tête-1 /année-1 pour le fumier de bovins de boucherie plutôt que 1 kg CH4 /tête-1 /année-1.

Pour savoir en plus...


Source
Nutrient Cycling in Agroecosystems (2005) 72:173–187


(1) Direction générale de la recherche, Agriculture et Agroalimentaire Canada, 960, av. Carling, Ottawa (ON), K1A 0C6, Canada.
(2) Department of Biology, Université Dalhousie, Halifax (NS), B3H 4J1, Canada
*Auteur-ressource (courriel : patteye@agr.gc.ca; tél. : 613-759-1523; téléc. : 613-759-1724


English


Publié en avril 2007

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