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Sarclage des pois fourragers en postémergence : herse rotative ou herses à dents ?

B. Frick, E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott

Problème
Le sarclage en postémergence est une technique à faible sélectivité, laquelle se définit comme le rapport entre la maîtrise des mauvaises herbes et les dommages subits par les cultures. Beaucoup de producteurs biologiques suggèrent que la sélectivité du sarclage en postémergence pourrait être améliorée en modifiant la conception de l'outil. Cette étude avait pour objectif de déterminer si la sélectivité entre une herse rotative Phoenix est différente de celle d'une herse à dents.

Contexte
Cette herse rotative est fabriqué dans l'ouest du Canada. Elle est conçue pour incorporer au sol l'herbicide granulaire et niveler le sol lorsqu'on y trouve beaucoup de résidus de récolte. La quantité de sol qu'une herse rotative peut remuer dépend de l'angle des trains de la herse par rapport à la direction de déplacement. La quantité de sol déplacée par la herse rotative est faible quand les trains de la herse sont placés perpendiculairement à l'attelage et augmente quand l'angle se rapproche du parallèle. Les producteurs biologiques ont généralement recours au sarclage en postémergence pour lutter contre les mauvaises herbes ; cependant, peu de producteurs conventionnels utilisent cette méthode. Cinquante-deux pour cent des producteurs biologiques interrogés en Saskatchewan ont recours au hersage en postémergence comme méthode de lutte contre les mauvaises herbes. Très peu d'études ont été publiées sur le sarclage en postémergence dans l'ouest du Canada. Les résultats d'une recherche qui a duré 12 ans à Indian Head ont prouvé que le rendement en blé de printemps et en orge cultivés dans un sol propre n'a pas été réduit par un passage unique du sarcloir au moment de l'émergence, au stade de 1,5 ou 2,5 feuilles. Kirkland a signalé que les passages répétés de la herse en postémergence ont réduit les panicules et le poids frais de la folle avoine dans le blé de printemps deux années étudiées sur trois. Cependant, le rendement du blé de printemps s'en est trouvé amélioré seulement l'une des années étudiées. Trois à quatre passages ont été nécessaires afin d'obtenir une réduction de 40 à 80 % du poids de la folle avoine fraîche. Les études ont prouvé que le pois fourrager peut tolérer le sarclage après l'émergence lorsque effectué avec une herse ou une houe rotative. L'amélioration obtenue grâce au sarclage en postémergence variait de 0 à 18 %.

Description de la recherche
L'expérience a été effectuée sur du chaume de blé de printemps en 1998 et 1999 à la ferme expérimentale de Scott. On a semé des mauvaises herbes tôt au printemps, suivies d'un hersage de surface pour distribuer uniformément les graines de mauvaises herbes et les résidus de récolte. Des pois fourragers (Grande) ont été semés le 13 mai 1998 et le 5 mai 1999. Nous avons utilisé un semoir à houe (espace de 22 centimètres entre les rangs) muni de roues plombeuses. La méthode expérimentale prévoyait un bloc aléatoire complet avec un arrangement factoriel de 2 x 2 x 2. Les facteurs comprenaient le type de herse (rotative, herse à dents), le réglage (agitation faible et importante du sol) et le nombre de passages (un, deux). Les taux d'agitation du sol faibles et élevés sont décrits à la figure 1. Notre expérience comprenait deux parcelles témoins : une sans traitement et une traitée à l'herbicide. Les passages du sarcloir ont été effectués lorsque les pois avaient atteint le stade de quatre à cinq nœuds. Le passage unique de la herse fut effectué dans le sens des rangs de la culture. Dans le cas du double passage, le second traitement a été fait dans la direction perpendiculaire à la première. La vitesse du passage de la herse était de 6 km/hre. Les parcelles couvraient 4 x 5 mètres et on a répété chaque traitement quatre fois. L'enfouissement de la culture a été estimé visuellement sur une échelle de 0 - 100 pour cent juste après que le sarclage. Nous avons recueilli des données sur la densité et la biomasse des cultures et des mauvaises herbes et le rendement des récoltes.

Principales conclusions
La herse à dents a enterré une plus grande proportion de la culture que la herse rotative et ce, les deux années, en particulier quand la herse a été réglée pour obtenir un taux élevé d'agitation du sol. En réglant la herse rotative pour obtenir une forte agitation du sol et la herse à dents pour obtenir un faible taux de perturbation (dents réglées à un angle de 45° vers l'arrière), on a enterré une quantité comparable de plantes cultivées. Le sarclage en postémergence a eu des effets significatifs sur la densité des pois fourragers, les deux années. Les deux années, régler la herse à dents de manière à obtenir un haut niveau d'agitation du sol a davantage réduit la densité de pois fourrager que de le régler pour perturber peu le sol, et que les deux niveaux de perturbation du sol de la herse rotative (tableau 1). Lorsque la herse à dents est réglée de manière à obtenir un haut niveau d'agitation du sol, on a observé une diminution de la densité de pois fourragers au sol de 25 % (1998) et de 35 % (1999). La herse à dents réglée de manière à agiter peu le sol a engendré moins de problèmes de bourrage causés par les résidus de cultures que le réglage plus élevé. Les résidus accrochés à la base des dents ont déraciné plus de plantes lorsque l'outil était réglé au niveau élevé. La herse rotative est conçue pour distribuer les résidus de récolte. Cela explique en partie le fait qu'elle cause peu de dommages aux cultures. Les deux années, le type de herse a eu un effet significatif sur la densité de moutarde sauvage (tableau 2). La herse à dents s'est révélée plus efficace pour réduire la densité de moutarde sauvage, les deux années. Le type de herse n'a eu aucun effet sur la densité de la folle avoine en 1998 ; cependant, en 1999, on a observé une densité et une biomasse plus élevée de folle avoine lorsque la herse à dents était réglée au niveau élevé, probablement en raison des dommages importants infligés à la culture (tableau 3). Le fait que les plantes soient davantage recouvertes lorsque la herse est réglée de manière à agiter davantage le sol s'est révélé plus efficace pour réduire la densité de moutarde sauvage, mais cet avantage a été contrebalancé par les dommages plus élevés subits par la culture. Cela est conforme aux découvertes de Rasmuusen, c'est-à-dire que les herses à chaînes flexibles sont plus efficaces pour détruire les mauvaises herbes que les herses à dents, mais elles endommagent également davantage les cultures de pois fourragers et de blé de printemps. Il a conclu que des résultats semblables pourraient être obtenus avec tous les types de herse, si elles sont réglées pour recouvrir les plantes de la même manière. En 1998, on n'a observé aucune augmentation significative du rendement de la récolte dû au sarclage en postémergence. En 1999, les rendements les plus élevés ont été obtenus avec le niveau de perturbation du sol le plus bas de la herse à dents, et le réglage le plus élevé de la herse rotative (tableau 3). Le réglage plus faible de la herse rotative n'a pas amélioré le rendement de la récolte, puisqu'il n'a pas permis de détruire efficacement les mauvaises herbes latifoliées.

Conclusions
La sélectivité n'a pas changé selon le type de herse. On a pu améliorer la sélectivité des deux types de herse en réglant le niveau d'agitation du sol et de l'enfouissement de la culture provoqué par la herse. Un niveau élevé de perturbation du sol et d'enfouissement de la culture s'est révélé contre-productif, car les dommages significatifs subits par la culture ont annulé les progrès obtenus dans la maîtrise des mauvaises herbes. Comme le fait de régler la herse à dents de manière à agiter le sol au minimum a occasionné moins de dommages à la culture sans pour autant sacrifier la destruction des mauvaises herbes, on conseille aux producteurs de disposer les dents de la herse à un angle 45° vers l'arrière. Dans le cas de la herse rotative, un angle 45° a permis d'obtenir un niveau satisfaisant de maîtrise des mauvaises herbes et de tolérance de la récolte.

Table 1

Table 2

Table 3

Figure 1

 

Sources de financement
Fonds d'innovation en agroalimentaire Canada-Saskatchewan

Personne à contacter
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies
Centre d'agriculture biologique du Canada
a/s Département de phytologie
Université de la Saskatchewan
51 Campus Drive, Saskatoon
(Saskatchewan), Canada S7N 5A8
Tél : (306) 966-4975
Télécopieur : (306) 966-5015
Courriel : brenda.frick@usask.ca


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