
Sarclage en postémergence pour maîtriser les mauvaises
herbes
E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott
Problème
Les méthodes employées en production végétale
biologique, comme la rotation des cultures, l'utilisation des semences
propres, le recours prudent au travail du sol entre les cultures et une
bonne régie des cultures réduisent les problèmes
de mauvaises herbes. Malgré tout, certaines mauvaises herbes sont
susceptibles de pousser dans les champs et peuvent causer une diminution
du rendement si on leur permet de concurrencer la culture pendant toute
la saison de croissance. Le sarclage en postémergence peut-il être
utile pour réduire ces problèmes ?
Contexte
Passer la herse après les semis, mais avant que la culture n'émerge,
peut être utile si les mauvaises herbes germent avant l'espèce
cultivée. On peut utiliser un extirpateur à tringles, un
sarcloir à câble ou une herse à dents flexibles. Travailler
le sol avec une herse lourde ou une herse à dents flexibles une
fois lorsque la culture est sortie du sol peut également être
efficace. Lorsque le chaume est dense, une herse rotative permet de passer
lorsqu'une herse à dents risquerait de s'obstruer.
Le réglage de la herse passée avant les semis doit avoir
un angle agressif, mais une fois que les plantes cultivées sont
sorties du sol, il est important de les déranger le moins possible.
Le sarclage ne tue peut-être pas toutes les mauvaises herbes, mais
il les endommage afin de fournir à la culture un avantage concurrentiel.
Il faut faire particulièrement preuve de prudence quand les conditions
sont très sèches. Les mauvaises herbes telles que le chardon
de Russie, le sisymbre élevé, le sarrasin sauvage, le tabouret
des champs, la sétaire verte, le choux gras et l'amarante
réfléchie pourront être bien maîtrisées.
Les résultats obtenus en postémergence avec la folle avoine
peuvent être tout à fait adéquats. Kirkland a signalé
que les passages répétés de la herse en postémergence
ont réduit les panicules et le poids frais de la folle avoine dans
le blé de printemps deux années étudiées sur
trois. Cependant, le rendement du blé de printemps s'en est
trouvé amélioré seulement l'une des années
étudiées. Trois à quatre passages ont été
nécessaires afin d'obtenir une réduction de 40 à
80 % du poids de la folle avoine fraîche. Les récoltes
sont généralement sarclées dans le sens des rangs.
Le peu de recherche effectuée dans l'ouest du Canada et Europe
indique que le sens du passage de la herse a peu d'effet sur la sélectivité
(rapport entre la destruction des mauvaises herbes et les dommages infligés
aux cultures). Les tableaux 1 et 2 abordent divers facteurs comme le moment
du passage permettant d'obtenir les meilleurs résultats au
point de vue de la maîtrise des mauvaises herbes.


Description de la recherche
On a entrepris des recherches en 1998 et 1999. On a semé de la
moutarde sauvage et de la folle avoine comme mauvaises herbes. L'expérience
a porté sur le pois fourrager, le canola, le lin, les lentilles
et les pois chiches. Les cultures ont été sarclées
à différentes étapes dont l'émergence
et les stades de trois, cinq et sept feuilles. Une parcelle témoin
n'a reçu aucun traitement de sarclage. Le sarclage a été
effectué avec une herse à dents, et on a fait un ou deux
passages à chaque étape. La méthode expérimentale
en tiroirs (parcelles subdivisées) avec quatre répétitions
fut employée.
Principales conclusions
Les résultats obtenus en ce qui concerne la destruction des mauvaises
herbes ont été très irréguliers. Toutefois,
l'étude a été très utile pour déterminer
la tolérance relative des cultures envers le sarclage en postémergence.
Les dommages subis par les cultures ont été évalués
en comptant le nombre de plantes cultivées restantes après
le sarclage. Le pois fourrager s'est révélé
très tolérant, car 85 à 90 % des plants ont
survécu au sarclage (figure 1). Les pois chiches ont également
manifesté une bonne tolérance. Cependant, les producteurs
devraient être prudents s'ils ont recours à cette technique
puisque les dommages infligés aux pois chiches peuvent les rendre
plus vulnérables à la brûlure ascochytique. Les lentilles
ont fait preuve d'une tolérance intermédiaire au sarclage
en postémergence, alors que le canola et le lin ne le tolèrent
pas.
Conclusions
Le sarclage en postémergence pour maîtriser les mauvaises
herbes dans les pois fourragers est recommandable. Le sarclage des lentilles
et des pois chiches doit être utilisé avec prudence, jusqu'à
ce qu'on en sache davantage sur l'impact du sarclage sur la propagation
des maladies. Le sarclage en postémergence n'est pas recommandé
pour le canola ni le lin.

Sources de financement
Fonds d'innovation en agroalimentaire
Canada-Saskatchewan
Personne à contacter
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies
Centre d'agriculture biologique du Canada
a/s Département de phytologie
Université de la Saskatchewan
51 Campus Drive, Saskatoon
(Saskatchewan), Canada S7N 5A8
Tél : (306) 966-4975
Télécopieur : (306) 966-5015
Courriel : brenda.frick@usask.ca
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