
Évaluation des solutions de maîtrise des doryphores et
de fertilisation à l'azote en production biologique des pommes
de terre
Les producteurs biologiques de pommes de terre ont accès à
un nombre limité de solutions pour maîtriser les populations
de doryphores de la pomme de terre dans leurs cultures. L'insecticide
bactérien Novador a été, ces dernières années,
l'un des principaux produits utilisés, mais il venait d'être
retiré de la liste des produits biologiques homologués au
moment ou ce projet a été entrepris. Il devenait nécessaire
d'évaluer l'efficacité d'un insecticide de rechange, Entrust.
En production de pommes de terre en général, mais surtout
en production biologique, il est également important de comprendre
les interactions potentielles entre la fertilisation à l'azote,
le développement des plantes, la dynamique des populations d'insectes
et les incidences éventuelles sur l'utilisation des produits destinés
à lutter contre les insectes.
Le projet, entrepris en 2004 sur un site en transition vers l'agriculture
biologique d'AAC à Fredericton, avait trois objectifs :
- Comparer l'efficacité d'un insecticide biologique potentiel
(Entrust) par rapport à un insecticide bactérien (Novador)
et à aucun insecticide
- Évaluer l'hypothèse voulant que des plants sains et
vigoureux (bien fertilisés) aient une meilleure tolérance
aux insectes ravageurs comme les doryphores.
- Comparer l'effet de trois niveaux (0, 150, 300 kg de N total ha-1)
de fertilisation biologique (Nutriwave 4-1-2, Envirem Technologies,
Fredericton (N.-B.) sur le rendement en pommes de terre et la biomasse
des plants.
Un taux élevé d'application d'engrais biologique
a été nécessaire pour produire des rendements commercialisables
significatifs.
L'efficacité de l'insecticide Entrust à maîtriser
une population de faible densité de doryphores dans un contexte
de production s'est avérée semblable ou meilleure à
celle de Novador. Il a été possible de produire trois niveaux
de santé des plants et des pommes de terre récoltées
(tels que mesurés par la hauteur et le feuillage des plants) en
jouant avec les niveaux de fertilisation.
L'hypothèse que les plants sains et vigoureux ont une meilleure
tolérance aux insectes ravageurs tels que les doryphores de la
pomme de terre n'a pas pu être entièrement étudiée
en raison de la colonisation exceptionnellement tardive et de la très
faible densité des populations. Les traitements de lutte contre
les insectes (Entrust appliqué à un taux de 1,5 once/acre
et Novador à 6 l/ha) n'ont pas été nécessaires
avant le 20 juillet. Cependant, les résultats des relevés
hebdomadaires (effectués à partir du 29 juin jusqu'au
21 août) sur le nombre des doryphores adultes, de masses d'oeufs
et de larves suggèrent que la santé des plantes a une incidence
sur la synchronisation des différentes étapes de la vie
des doryphores et donc le moment de l'application de produits de lutte
contre les insectes.
On espère répéter cette étude en 2005, alors
que les doryphores seront peut-être plus abondants.
Chercheurs
Gilles Boiteau, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Fredericton (N.-B.)
Derek Lynch, CABC, département de Phytologie et de Zoologie, CANE
Claude Berthélémé, ministère de l'Agriculture,
des Pêcheries et de la Pisciculture du Nouveau-Brunswick
Sources de financement
Le financement de ce projet a été assuré par le ministère
de l'Agriculture, des Pêcheries et de la Pisciculture du Nouveau-Brunswick,
avec du soutien supplémentaire pour le projet assuré par
Envirem Technologies Inc. Fredericton (N.-B.).
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