
Faucher les mauvaises herbes par-dessus le feuillage d'une culture
E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott
Problème
La lutte contre les mauvaises herbes représente un important défi
pour les producteurs biologiques. Les producteurs biologiques comptent
sur la rotation des cultures, les pratiques culturales et les moyens mécaniques
de maîtrise des mauvaises herbes. Les mauvaises herbes dans les
cultures courtes, comme le lin et les lentilles, peuvent être particulièrement
problématiques. Cette étude avait pour objectif de :
1) mettre au point ou modifier des outils de travail au champ pour couper
les mauvaises herbes au-dessus du feuillage des cultures, 2) déterminer
si le fauchage des mauvaises herbes améliore le rendement des récoltes
et 3) déterminer si le fauchage des mauvaises herbes influence
la densité des jeunes plants de mauvaises herbes la saison de croissance
suivante.
Contexte
Quelques producteurs biologiques ont expérimenté le fauchage
des mauvaises herbes au-dessus du feuillage des cultures de courte taille
comme les lentilles ou le lin. Tandis que le fauchage des mauvaises herbes
peut avoir une certaine utilité esthétique, on ne sait pas
si cette pratique affecte le rendement en grains cultivés ou la
quantité de semences de mauvaises herbes qui viendront s'ajouter
à la banque de graines du sol. On a amorcé un projet en
1999 pour mettre au point ou modifier de l'équipement pour faucher
les mauvaises herbes et pour évaluer si cette technique a amélioré
le rendement des cultures et/ou réduit le nombre de jeunes plants
de mauvaises herbes la saison de croissance suivante. À la ferme
Scott, on a effectué une expérience sur le terrain d'une
durée de deux ans où le fauchage des mauvaises herbes à
diverses étapes de leur croissance a été évalué.
On s'est servi d'un taille-haie à essence pour faucher
les mauvaises herbes au-dessus du feuillage d'une culture de lentilles.
Le Prairie Agriculture Machinery Institute, PAMI, (institut de machinerie
agricole des Prairies), à Humboldt, a modifié la faux d'une
andaineuse automotrice et a effectué des essais sur le terrain
dans quatre champs cultivés.
Description de la recherche
Expériences faites à la ferme de Scott :
- Effectuée en 1999 et en 2000
- Méthodologie expérimentale : bloc aléatoire
complet
- Lentilles CDC Glamis semées le 18 mai 1999 et le 8 mai 2000
- Lentilles semées en rangs de 22 centimètres à
un taux de 130 kg/ha
- Folle avoine et moutarde sauvage semée à une densité
de 100 graines/m entre les rangs de culture.
- Fauchage effectué aux moments suivants :
- --1-- Moutarde sauvage en pleine floraison/folle avoine au stade de
fin de montaison ;
- --2-- Moutarde sauvage avec cosses en formation/ folle avoine épiée ;
- --3-- Moutarde sauvage avec graines au stade laiteux/folle avoine
au stade mi-pâteux ;
- Parcelles témoins non traitées et traitées à
l'herbicide.
- Traitement à l'herbicide : application séquentielle
en postémergence de metribuzin (212 g de principe actif à
l'hectare) sethoxydim ( 212 g pi/ha ).
Les données recueillies portaient sur le rendement de la culture
et la germination de plants de moutarde sauvage et de folle avoine au printemps
suivant (plants au m) avant les semis. Au printemps de 2001, le nombre de
plants de choux gras (Chenopodium album L) a également été
noté.
Les champs ou les essais du PAMI ont été effectués,
on a fauché au-dessus d'une culture de lentilles ou de lin avec une
andaineuse modifiée. On a également laissé une bande
témoin non fauchée.
Principales conclusions
Faucher les mauvaises herbes n'a pas donné une augmentation perceptible
du rendement des lentilles, ni une année ni l'autre (figure
1). Le fauchage doit être retardé jusqu'à ce que les
mauvaises herbes aient assez poussé pour dépasser le feuillage
de la culture. La majeure partie des pertes de rendement associées
à la concurrence des mauvaises herbes se produit tôt, pendant
les premières étapes de la croissance de la culture. Bien
que les résultats varient, le fauchage a réduit l'apparition
de jeunes plants de mauvaises herbes l'année suivante. Le
fauchage effectué en 1999 a réduit l'apparition de plants
de folle avoine le printemps suivant si l'opération a été
effectuée après l'épiaison de la folle avoine
(figure 2). Dans l'étude effectuée en 2000 –
2001, les peuplements de folle avoine étaient faibles et le fauchage
n'a pas causé de réduction significative de la présence
de plants. On a observé aucune différence notable dans l'ajout
de plants de moutarde sauvage en 1999 - 2000, mais il y avait une tendance
vers une densité plus faible quand la moutarde sauvage avait été
fauchée au stade de formation des cosses (figure 3). Plusieurs
des cosses sont formées au-dessous du feuillage de la culture lors
de la première année étudiée, ce qui a réduit
l'efficacité du fauchage. Le fauchage à toutes les étapes
de la croissance des mauvaises herbes a été efficace pour
réduire l'apport de nouveaux plants de moutarde sauvage dans
l'étude de 2000 - 2001 (figure 3). Le chou gras a donné
des résultats semblables (figure 4). Les tendances observées
dans les champs étudiés par PAMI se sont révélées
semblables à celles de la recherche de Scott (tableau 1).
Conclusions
Bien que les résultats soient préliminaires, le fauchage
des mauvaises herbes semble une technique intéressante comme moyens
de réduire la quantité de graines de mauvaises herbes qui
germeront l'année qui suit une culture de plantes non concurrentielles
et de petite taille. Il est nécessaire d'effectuer davantage
d'études pour déterminer le moment optimal du fauchage et
pour améliorer l'uniformité des résultats.





Sources de financement
Fonds d'innovation en agroalimentaire
Canada-Saskatchewan
Personne à contacter :
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies
Centre d'agriculture biologique du Canada
a/s Département de phytologie
Université de la Saskatchewan
51 Campus Drive, Saskatoon
(Saskatchewan), Canada S7N 5A8
Tél : (306) 966-4975
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