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Colonisation végétale et évolution dans l’environnement du champignon Phoma macrostoma utilisé dans la lutte biologique

L. Zhou, K .L. Bailey et J. Derby
Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherches de Saskatoon, 107 Science Place, Saskatoon (Saskatchewan), Canada S7N 0X2.

Résumé
Appliqués au sol, plusieurs isolats du champignon Phoma macrostoma ont manifesté une activité bioherbicide contre de jeunes plants de pissenlits. Les effets herbicides allaient de 36 % à 100 % selon les isolats et les doses appliquées. À l’aide de méthodes microbiologiques et issues de la génétique moléculaire, on a pu déterminer la capacité de ces isolats à coloniser les végétaux ciblés et non ciblés, ainsi qu’à se disperser et à persister dans le sol. Des marqueurs PCR particuliers aux isolats de P. macrostoma ont été utilisés afin de déceler les isolats à des taux d’application allant de 4 à 1 000 g/m2.

À partir des résultats obtenus avec des isolats représentatifs testés, les chercheurs ont conclu que P. macrostoma avait colonisé les tissus racinaires tant d’espèces végétales résistantes que d’espèces vulnérables et d’une espèce de mauvaise herbe vulnérable cultivée en sol traité, et que la fréquence d’isolation des champignons diminuait avec le temps. On l’a décelé dans quelques cas sur des tissus végétaux non traités -- ce qui pourrait être attribuable à une présence antérieure naturelle sur les graines ou à la contamination du sol. Dans le sol, le champignon ne semble pas très mobile; on l’a rarement décelé loin de la zone d’application initiale. À des niveaux décelables, il a persisté dans le sol jusqu’à 4 mois, puis a diminué avec le temps. Un an après l’application et selon l’année d’échantillonnage, P. macrostoma avait disparu du sol ou avait considérablement diminué tant sur les échantillons de sols que de végétaux.

Les résultats semblent indiquer que les isolats de P. macrostoma utilisés dans la lutte biologique contre les mauvaise herbes n’auraient que peu d’impact sur le plan environnemental du fait que le champignon est déjà très répandu, peu mobile et peu persistant d’une saison à l’autre.


Source
Biological Control
(2004) 30: 634-644


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