Centre d'agriculture biologique du Canada Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC

Pertes d’antibiotiques dues au lessivage et au ruissellement de terres agricoles bonifiées avec du fumier

H. Dolliver1 and S. Gupta2*

Résumé
Une étude de terrain de 3 ans a permis de quantifier les pertes d’antibiotiques dues au lessivage et au ruissellement de terres sur lesquelles ont été appliqués du purin de porc (chlortétracycline et tylosin) et du fumier solide de bovin (chlortétracycline, monensin, et tylosin) selon les méthodes de labourage avec le chisel et du semis direct. L’étude a été menée dans le sud-ouest du Wisconsin, une région karstique caractérisée par des sols macroporeux, minces et raides.

Les pertes massiques relatives de chlortétracycline, de monensin et de tylosin étaient <5 % de la quantité totale retrouvée dans le fumier appliqué. Le chlortétracycline a été détecté uniquement dans les eaux de ruissellement, tandis que le monensin et le tylosin ont été détectés dans les eaux de lessivage et de ruissellement. Les plus fortes concentrations de monensin et de tylosin détectées dans les eaux de lessivage étaient de 40,9 et de 1,2 µg L-1, respectivement. Les plus fortes concentrations de chlortétracycline, de monensin et tylosin trouvées dans les eaux de ruissellement étaient de 0,5, de 57,5 et de 6,0 µg L-1, respectivement.

Pour tous les trois types d’antibiotiques, > 90 % des détections et 99 % des pertes sont survenues durant les saisons de non croissance étant donné l’application du fumier en automne et la lente décomposition des antibiotiques par basses températures.

Durant les périodes de haute fonte des neiges, près de 100 % des pertes d’antibiotiques se font par ruissellement. Ce pourcentage tombe à environ 40 % pendant les périodes de fonte des neiges minimale.

Les pertes d’antibiotiques étaient généralement plus élevées sur les terres labourées selon la méthode du semis direct comparativement à celles labourées avec un chisel en raison d’une plus grande percolation causée par la macroporosité du sol et d’un ruissellement plus intense dû au manque de rugosité des sols labourés selon la méthode du semis direct durant la saison de non croissance.

Les résultats de l’étude montrent que de petites quantités d’antibiotiques dissous provenant des sols macroporeux minces bonifiés avec du fumier, qui reposent sur un fond rocheux fracturé, pourraient atteindre les eaux superficielles et souterraines des États du Haut-Midwest américain.


Source
Journal of Environmental Quality (2008) 37:1227-1237


(1) Dep. of Plant and Earth Science, Univ. of Wisconsin-River Falls, 410 S. 3rd St., River Falls, WI 54022
(2) Dep. of Soil, Water, and Climate, Univ. of Minnesota, 1991 Upper Buford Circle, St. Paul, MN 55108 * Corresponding author (sgupta@umn.edu).


English


Affiché en juin 2009

Haut de la page

© 2010, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)