
En raison de la pénurie de lait biologique, un transformateur
cherche à en importer – l’Ontario fait face à
un problème d’approvisionnement parce que le Québec
cherche à combler d’abord son propre marché
Par Frances Anderson, membre du personnel
d’Ontario Farmer, 28 mars 2006
Il y a une telle pénurie de lait biologique qu’au moins
un transformateur cherche à en importer, disait-on aux producteurs
de chez nous jusqu’à la semaine dernière.
En date du 23 mars, la Commission canadienne du lait n’avait pas
reçu de demande officielle de permis d’importation supplémentaire
pour le lait biologique, mais un porte-parole a dit : « Nous avons
appris qu’une entreprise avait avisé Commerce international
Canada qu’il se pouvait qu’elle en demandât un. »
La pénurie est devenue grave en Ontario plus tôt ce mois-ci,
car le Québec a cessé d’expédier son surplus
de lait biologique dans cette province le 3 mars. « Nous devons
d’abord alimenter le marché du Québec. Ce n’est
qu’ensuite, s’il nous reste un certain volume, que nous pouvons
l’expédier en Ontario », a dit Jean Vigneault, un porte-parole
de la Fédération des producteurs laitiers du Québec.
L’Ontario recevait environ 25 000 litres de lait biologique par
semaine. Les directeurs de DFO croyaient savoir que les actions du Québec
étaient la conséquence d’un « désaccord
avec un transformateur » et que ce n’était pas la totalité
du lait retenu qui était utilisée dans la fabrication des
produits biologiques.
Cependant, Vigneault a soutenu que « Oui, tout le lait biologique
produit au Québec est utilisé dans la fabrication des produits
biologiques ». Il a ajouté que l’Ontario recevra 25
000 litres de lait biologique cette semaine « parce que le transformateur
du Québec n'a pas besoin de la totalité de ce volume. »
Vigneault a dit que le problème pour l’Ontario, c’est
que le Québec ne sera plus une source régulière d’approvisionnement.
« Si la demande est si forte en Ontario, les transformateurs devraient
pouvoir payer une marge qui leur permettra d’obtenir un peu de lait
», a ajouté Vigneault. Au Québec, la fédération
négocie une marge biologique avec les transformateurs. Depuis le
1er février 2006, les producteurs laitiers du Québec reçoivent
19 $/hl de plus pour le lait de catégorie 1 et 2, et 11,25 $/hl
de plus pour le lait de catégorie 3 et 4. Il y aura des accroissements
additionnels de 3 $/hl et de 2 $/hl à compter du 1er février
2007, ce qui portera les retours à 22 $/hl et 13,25 $/hl, respectivement.
L’Ontario n’a pas de réserve distincte pour le lait
biologique. Les producteurs reçoivent des marges d’environ
18 pour cent, au 1er avril, d’OntarBio Organic Farmers Co-op Inc.
Comme la plupart des transformateurs sont des coopératives, les
producteurs peuvent également recevoir des dividendes.
« Il devrait probablement y avoir une réserve pour les producteurs
biologiques dans l’avenir », dit John Palmer, le directeur
de DFO pour la région huit. Pour encourager un accroissement de
la production, Dairy Farmers of Ontario a accordé trois jours d’encouragement
de la production de plus à compter d’avril et jusqu’en
décembre 2006. Ceux-ci s’ajoutent aux trois jours pour chacun
des six mois de décembre 2005 à mai, annoncés en
décembre dernier.
Le comité s’attend à ce que 60 pour cent environ
du volume supplémentaire soient utilisés, car les producteurs
biologiques ne peuvent augmenter la production de façon spectaculaire,
parce que les bovins laitiers biologiques et les aliments biologiques
pour le bétail sont rares.
La transition vers la production biologique prend au moins trois ans,
et la plupart des troupeaux biologiques sont plus petits que les autres.
Cependant, il y a au moins un troupeau de cent vaches prêt à
commencer la production biologique cet automne, et peut-être deux.
Il y a à l’heure actuelle 42 troupeaux biologiques dans
la province qui expédient 10,7 millions de litres annuellement,
et l’apport de lait du Québec a été de 1,3
million de litres annuellement.
© Copyright 2006, Ontario
Farmer. Publié ici avec permission.
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