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Peut-on augmenter la capacité compétitive du blé de printemps?

par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., et Heather Mason, candidate à la M.Sc.

Les variétés de blé aptes à concurrencer les mauvaises herbes pourraient aider les agriculteurs en permettant de maintenir des rendements élevés de blé malgré les problèmes de mauvaises herbes. Cela pourrait également contribuer à la maîtrise de la croissance des mauvaises herbes consécutive aux récoltes. Les variétés compétitives pourraient par ailleurs s’avérer particulièrement importantes pour les bio-agriculteurs qui font généralement face à des flambées plus importantes dans leurs champs. Cependant, les agriculteurs classiques pourraient sans doute eux aussi tirer parti de ces variétés dans leur lutte contre les plantes nuisibles.

Comment peut-on accroître la capacité compétitive du blé de printemps? Quelles pratiques de gestion doit-on privilégier? Peut-on déterminer des caractéristiques qui rendent le blé plus compétitif?

Heather Mason, étudiante diplômée à l’Université de l’Alberta, cherche à répondre à ces questions. Elle travaille actuellement à un projet qui vise à déterminer la capacité compétitive des variétés de blé de printemps cultivés en exploitations classiques et biologiques.

Agriculteurs et chercheurs ont observé que les plantes plus hautes ont de meilleures chances de réduire les populations de mauvaises herbes et de tolérer la pression exercée par celles-ci. D’autre part, on croit que les plantes qui produisent de nombreuses tiges adventives (talles) sont plus aptes à résister à la concurrence des mauvaises herbes. De plus, des pratiques de gestion comme les changements des dates de plantation, de l’espacement des rangs ou de la densité de semis peuvent également contribuer à une lutte efficace aux mauvaises herbes.

Heather a choisi neuf variétés de blé de printemps qui diffèrent en hauteur et en capacité de tallage et les a testées afin de déterminer si ces hypothèses se confirmaient avec du blé de printemps cultivé selon les systèmes de gestion classique et biologique dans le Centre-Nord de l’Alberta. L’expérience a été effectuée dans deux exploitations biologiques et une exploitation classique sur une période de deux ans.

Les variétés de blé ont été semées selon une densité simple de semis (75 lb/acre) et une densité double. Afin de garantir une concurrence substantielle au blé, on a semé de l’avoine cultivée en semis croisés sur la moitié seulement des parcelles. On a laissé les populations naturelles de MH pousser sur les parcelles biologiques tandis qu’on pulvérisait un anti-dicotylédones sur la parcelle cultivée selon l’approche classique au fur et à mesure de leur apparition.

Les résultats de 2003 sont maintenant disponibles, mais Heather travaille encore sur les données de la saison 2004. Selon les premiers résultats de l’expérience, le rendement global des parcelles « traditionnelles » a été de 27 % plus élevé que celui des parcelles biologiques. La concurrence de l’avoine cultivée a fait baisser le rendement, quelle que soit la méthode de culture.

Le doublement de la densité des semis de blé de printemps a donné, dans l’ensemble, des rendements supérieurs et réduit la biomasse de l’avoine. Dans les parcelles biologiques, la réduction de la biomasse de l’avoine attribuable au doublement de la densité des semis était plus forte que dans les parcelles classiques. Si les résultats de 2004 sont similaires, il se pourrait que l’augmentation de la densité de semis s’avère un outil intéressant pour les producteurs de blé bio dans leur lutte contre les populations de mauvaises herbes.

En ce qui a trait à la hauteur des plants et à la capacité de tallage, on n’observe aucune tendance marquée pouvant indiquer que ces caractéristiques contribueraient à donner un avantage concurrentiel au blé de printemps sur les mauvaises herbes.

Certaines des variétés de blé de printemps ont donné de meilleurs résultats en culture biologique, mais le contraire s’est également vérifié. Par exemple, la variété de blé précoce Park, mise au point en 1969, a mieux réussi au fur et à mesure qu’augmentait la pression exercée par les mauvaises herbes. Le CDC Go, une variété semi-naine récente avec sa grande surface foliaire et sa structure unique, a donné de bons résultats dans tous les modèles de culture. Si on observe encore des résultats comme ceux-là dans les données de 2004, cela pourrait indiquer que certaines variétés conviennent mieux à la production biologique et paver le chemin à la sélection de variétés propres à ce type d’agriculture.


Heather Mason est étudiante à la M.Sc. à l’Université de l’Alberta sous la supervision du Dr Dean Spaner. Ses expériences ont été menées à l’Edmonton Research Station (Alberta) et à New Norway (Alberta) en collaboration avec Steven Snider de la ferme biologique Little Red Hen Mills. On peut communiquer avec Heather à l’adresse hmason@ualberta.ca. Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est coordonnatrice pour les Prairies du Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) au Collège d’agriculture de l’Université de la Saskatchewan. Elle attend impatiemment vos commentaires au (306) 966-4975 ou par courriel à l’adresse brenda.frick@usask.ca.


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