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L’International Organic Scholarship décernée à un étudiant de l’Université de l’Alberta

par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.

Todd Reid, un étudiant au doctorat de l’Université de l’Alberta à Edmonton, a reçu la bourse d’études Organic Crop Improvement Association Research & Education (OCIA R&E) 2008 pour ses travaux de recherche sur l’amélioration génétique des cultures pour la compétitivité du blé de printemps biologique. Todd se penche sur l’hérédité de la compétitivité du blé de printemps pour déterminer si les lignées de blé sélectionnées dans le cadre de la gestion biologique diffèrent des lignées sélectionnées dans le cadre de la gestion conventionnelle.

OCIA RnE est une organisation d’agriculteurs biologiques qui favorise la recherche au profit de l’agriculture biologique et l’éducation sur l’agriculture biologique. Il s’agit d’un groupe international dont les membres sont situés principalement au Canada, aux États-Unis et en Amérique latine.

Le projet de Todd profitera aux producteurs biologiques par son offre de renseignements qui les aideront à choisir des variétés de blé concurrentielles. « Cela devrait les aider à améliorer le rendement des cultures et la gestion des mauvaises herbes à la ferme », affirme Todd. Sa recherche va au-delà des simples essais sur les variétés. Il espère pouvoir déterminer comment les différents aspects de la compétitivité sont transmis et comment ils diffèrent lorsqu’ils sont sélectionnés dans le cadre d’un système de production biologique ou conventionnelle. À long terme, Todd espère que sa recherche permettra d’offrir aux phytogénéticiens d’autres outils pour procéder à la sélection de cultivars de blé mieux adaptés aux systèmes de production biologique.

La concurrence végétale est un processus complexe. La compétitivité du blé semble faire intervenir plusieurs aspects, tels que la vigueur à la levée, le taux de croissance précoce, la largeur de la feuille, les angles foliaires, la hauteur, etc. Ces aspects touchent essentiellement la façon dont la plante s’empare des ressources et de l’espace.

Le projet de Todd porte sur des aspects précis de la compétitivité comme la fermeture du couvert. Le couvert de la culture est considéré comme étant fermé lorsque les feuilles des cultures empêchent la lumière d’atteindre le sol. Une fois que le couvert est fermé, les semis de mauvaises herbes sont à l’ombre et l’avantage concurrentiel va aux cultures. Comme c’est le cas pour le blé, la fermeture du couvert se fait parce que le blé produit une abondance de tiges qui croissent à angles foliaires. Todd se penche sur les rapports entre le nombre de tiges et la propagation des plantes.

Il examine les indices de sélection. Ces derniers sont utilisés pour sélectionner plusieurs traits à la fois et s’avèrent particulièrement utiles dans la reproduction sélective axée sur la capacité compétitive puisque la compétitivité d’une plante dépend d’une multitude de facteurs. Todd a comparé plus de 100 lignées de blé, cultivées avec ou sans concurrence afin de créer ses indices de sélection. Ces travaux devraient permettre aux chercheurs d’élaborer des variétés concurrentielles plus rapidement et de manière efficace.

Les recherches de Todd confirment également le besoin de créer un système d’amélioration génétique du blé biologique. Todd a croisé des variétés de blé très différentes pour produire 79 différentes lignées. Il a les cultivées dans des conditions de gestion biologique et conventionnelle et a surveillé leur rendement en sélectionnant les meilleures pour chacun des systèmes de gestion. Il a découvert que les lignées affichant le meilleur rendement et sélectionnées pour la gestion biologique différaient de celles qui avaient été sélectionnées pour la gestion conventionnelle. Ces nouvelles sont très encourageantes puisqu’elles laissent entendre, chose sur laquelle les producteurs biologiques insistent régulièrement, que les producteurs biologiques pourraient profiter de l’amélioration génétique des cultivars de blé, particulièrement dans les systèmes de production biologique. Cela pourrait susciter de l’intérêt pour d’autres grandes cultures et même pour les cultures horticoles.

Dans le cadre de ses travaux de recherche, Todd a collaboré avec des producteurs biologiques, en procédant à des essais à la ferme et en partageant les résultats lors des journées champêtres à la ferme. Sa collaboration avec les agriculteurs « m’a permis de constater que les producteurs s’intéressent vraiment à la recherche et ont un intérêt matériel dans les résultats. » Todd prévoit inclure la sélection végétale biologique dans le cadre de tout programme qu’il élaborera au cours de carrière de phytogénéticien. Cela l’a incité à voir l’agriculture en fonction de tout le système.

Todd est le quatrième à obtenir la bourse d’études OCIA RnE. Bien que cette bourse d’études soit disponible et fasse l’objet d’une grande publicité dans toute l’Amérique du Nord, jusqu’à présent, trois des quatre lauréats de la bourse étaient des Canadiens. Jacqueline Pridham de l’Université du Manitoba a reçu la bourse en 2005 pour son étude des mélanges de cultures dans le but de supprimer les mauvaises herbes et les maladies. La bourse a été décernée à Shauna MacKinnon de l’Université de Guelph en 2006 pour ses recherches portant sur l’incidence de l’agriculture biologique sur les collectivités rurales. L’importance de ces jeunes scientifiques est de bon augure pour l’agriculture biologique au Canada.


Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est associée principale, Recherche et vulgarisation, Centre d’agriculture biologique du Canada de l’Université de la Saskatchewan. Elle vous invite à lui faire part de vos commentaires par téléphone au 306-966-4975 ou par courrier électronique à organic@usask.


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Affiché en novembre 2008

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