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Apport en nutriments des amendements biologiques : incidences sur la gestion de la fertilité du sol

par Andrew Hammermeister, Ph.D.

Les amendements à l’aide de nutriments à libération lente, particulièrement ceux d’origine végétale et animale, sont de plus en plus populaires dans les cultures en serres et en mode biologique certifié. Selon la matière utilisée, ces amendements peuvent varier en ce qui a trait à la quantité, à la dispersion et à l’équilibre des nutriments libérés. Cela rend la gestion de la fertilité du sol difficile tant pour le jardinier que pour l’agriculteur ou l’exploitant d’une serre.

Près de 95 % de l’azote présent dans le sol est sous forme organique, en partie constituée de résidus végétaux et animaux en décomposition. Généralement, les plantes ne peuvent pas utiliser l’azote sous sa forme organique. Il faut plutôt qu’il soit d’abord « digéré » par les micro-organismes du sol. Ces derniers libèrent ensuite l’azote sous forme minérale, nitrate ou ammonium assimilables par les végétaux. La teneur totale en azote est calculée en additionnant l’azote organique et l’azote minéral contenu dans l’amendement ou le sol. La quantité d’azote disponible peut varier selon l’amendement et son stade de décomposition.

Nous avons testé quatre amendements biologiques commercialisés : le compost de fumier de volailles, la farine de plumes, la farine de luzerne et le fumier de vers de terre. Nos objectifs étaient de 1) déterminer l’influence des amendements sur le rendement et l’assimilation totale en nutriments; et 2) mesurer la quantité et la vitesse de dispersion des nutriments fournis par les amendements.

Les amendements ont été incorporés à un sol sablonneux stérile afin de pouvoir tester les effets de l’amendement plutôt que la fertilité du sol. Trois niveaux d’apports ont été utilisés, soit 200, 400 et 800 kg/ha-1 d’azote total. La nourriture des vers du fumier de vers comprenait du fumier de mouton mélangé à de la mousse de tourbe et à des déchets de carton. Nous avons cultivé de la laitue et du dactyle pelotonné dans une serre pour mesurer les rendements et l’assimilation des nutriments.

Dans le compost de fumier de volaille et celui de farine de plumes, l’azote minéral était présent au départ sous forme d’ammoniaque et d’ammonium qui, à teneurs élevés, peuvent être toxiques pour les semis. On peut cependant éviter cette toxicité en appliquant ces amendements 3 à 4 semaines avant la plantation. Nous n’avons pas observé le même problème avec le fumier de vers ou la farine de luzerne.

La farine de plumes affichait la plus forte teneur en azote (13 %) suivie du compost de fumier de volailles (6 %), de la farine de luzerne (3 %) et du fumier de vers (1,5 %). Compte tenu de ces différences de concentration, les taux d’application des amendements ont grandement varié. Par exemple, on a dû utiliser un poids de fumier de vers 10 fois plus grand que la farine de plumes pour obtenir la même teneur en azote. À partir des mesures du sol et de la capacité d’assimilation des plants, nous avons évalué la proportion de l’azote total disponible. En pourcentage de la quantité totale d’azote appliqué, l’azote disponible était de 60 % avec la farine de plume, de 52 % avec le compost de fumier de volaille, de 29 % avec la farine de luzerne et 12 % avec le fumier de vers.

On estime que les résultats pour la farine de luzerne et la farine de plumes sont assez précis puisque ces matériaux sont assez homogènes. Pour ce qui est du fumier de vers et du compost de fumier de volailles, toutefois, l’apport potentiel en nutriments peut varier considérablement selon les matières de départ inclus dans le mélange composté et dans la nourriture des vers. Le faible apport en azote du fumier de vers n’est pas surprenant, compte tenu que cette nourriture était à base de compost mûri, de mousse de tourbe et de carton. Les nutriments doivent être équilibrés aussi dans l’amendement, sinon la décomposition pourrait être ralentie et la disponibilité des nutriments temporairement réduite. Un supplément d’autres nutriments pourrait être nécessaire si on utilise ces amendements.

La laitue a bien réagi au traitement de fumier de vers, tandis que les semis ont été soit détruits soit gravement affectés par les traitements de fumier de volaille et de farine de plumes. On peut sans doute attribuer ce fait à des facteurs de toxicité résultant de la décomposition. Avec le dactyle, le compost de fumier de volaille a donné les rendements les plus élevés suivi de la farine de plumes, de la farine de luzerne et du fumier de vers. Au fut et à mesure des observations, des symptômes de carence en azote sont devenus évidents avec le fumier de vers.

L’analyse économique s’est appuyée sur la valeur de l’azote de chaque traitement. Le compost de fumier de volaille a été le moins coûteux, suivi par la farine de plumes, de la farine de luzerne et du fumier de vers. Le coût du fumier de vers est très élevé, mais grâce à sa teneur élevée en mousse de tourbe, cependant, il comporte d’autres avantages et pourrait être utilisé pour le repiquage.

Recherche effectuée par Andy Hammermeister du Centre d’agriculture biologique du Canada avec l’aide de Tess Astatkie, Ekaterina Jeliazkova, Phil Warman et Ralph Martin au Collège d’agriculture de la Nouvelle-Écosse. Recherche subventionnée par le NSDAF Technology Development Program, avec l’appui de Jolly Farmer, de l’Atlantic Canadian Organic Regional Network, de Brian Ives, d’Archibald Farms (maintenant Maritime Pride Poultry) et de Western Ag Innovations.


Le Dr Andy Hammermeister est directeur du Centre d’agriculture biologique du Canada. Veuillez lui faire parvenir vos commentaires ou questions par téléphone au (902) 893-7256 ou par courriel à oacc@dal.ca.


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