
Les journées estivales, sources de perfectionnement pour le biologique
Par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
L’été s’accompagne de nombreuses possibilités
de développement pour la communauté biologique. Plusieurs
groupes œuvrant dans le biologique organisent des journées
champêtres tout au long de la saison – l’occasion d’excursions
dans les champs, de discussion des problèmes et de célébration
de la communauté biologique.
Steve, Robert et Rosemary Snider, de Little Red Hen Mills, ont organisé
l’un de ces événements commandité à
la fois par le Going Organic Network, groupe qui chapeaute des producteurs,
des transformateurs, des vendeurs et des consommateurs de produits biologiques
« qui tiennent à ce que le biologique se développe
en Alberta » et l’Alberta Organic Producers Association, un
groupe de producteurs et de transformateurs certifiés auprès
de l’Organic Crop Improvement Association.
Les Snider offrent des parcelles de recherche au groupe de sélection
des céréales qui travaille sous la direction de Dean Spaner,
de l’université de l’Alberta.
Alison Nelson s’intéresse surtout aux champignons mycorhiziens
et à la façon de les associer aux différents systèmes
de gestion ou à différentes combinaisons de cultures. Ses
parcelles incluent plusieurs variétés de blés et
de cultures intercalaires de blé, d’orge de pois et de canola.
Les parcelles d’orge contiennent moins de mauvaises herbes, et l’orge
cultivée avec des pois ou du canola supprime aussi ces cultures.
Alison lavera bientôt les racines d’échantillons prélevés
dans le sol pour voir s’ils sont porteurs de mycorhize.
Klaus Strenzke étudie le rendement de 51 variétés
de blé du Canada et du CIMMYT (centre international de sélection
du blé). Il s’intéresse tout particulièrement
à leur rendement dans les sols à faible teneur en phosphore.
Plusieurs études ont montré que les exploitations biologiques
obtiennent en général de faibles résultats pour ce
qui est de la disponibilité du phosphore, ce qui fait que l’identification
de variétés exigeant moins de phosphore pourrait s’avérer
importante pour les agriculteurs biologiques.
Todd Reid demande si cela vaut la peine de faire des sélections
spécifiques à la production biologique. Jusqu’ici,
les phytogénéticiens ont utilisé une approche uniformisée,
selon laquelle les meilleures variétés sélectionnées
pour les terres conventionnelles sont considérées aussi
comme les meilleures pour la production biologique. Todd sélectionne
les meilleures variétés cultivées sur terre biologique
et sur terres conventionnelles. Pour l’instant, la plupart des variétés
jugées les meilleures pour la production biologique sont différentes
de celles considérées les meilleures pour la production
conventionnelle.
Les chercheurs de l’Agricultural Research and Extension Council
of Alberta ont eux aussi des parcelles à la ferme des Snider. Amy
Kaut a parlé d’un essai de plusieurs amendements pour la
fertilité, notamment le varech, l’émulsion de poisson
et le calcium. Cindy Nikolaisen, de Soil Solutions Inc., a aussi parlé
de l’utilisation de ces produits.
L’une des spécialités de Steve Snider est le seigle
d’automne. Il nous a montré un endroit où, l’an
dernier, il avait réservé une partie du champ à l’engrais
vert et cultivé le restant. Cette année, les deux parties
du champ servent à la culture du seigle d’automne et la différence
est frappante. La partie qui avait été cultivée l’an
dernier présentait un important problème de chardon des
champs, alors que la terre réservée à l’engrais
vert n’avait pratiquement pas de mauvaises herbes.
Après un excellent déjeuner dans la salle Edberg, organisé
par Rosemary Snider, nous nous sommes divisés en deux groupes pour
les discussions sur la conversion au biologique.
Steve Snider conseille à ceux qui veulent se convertir à
la production biologique de commencer par un engrais vert. Il recommande
le foin de luzerne pendant la période de transition, suivi de l’avoine.
Si cela n’est pas possible, il suggère un engrais à
base de légumineuses, suivi par du seigle d’automne. Selon
Steve, l’engrais vert « permet de reléguer les problèmes
de mauvaises herbes au second plan, et non pas de les garder au premier
plan ».
Steve dispose d’un atelier de nettoyage de graines à la
ferme. Cela lui permet d’utiliser des cultures intercalaires. Il
trouve que l’orge et la féverole à petits grains vont
très bien ensemble. Réunis, ils suppriment mieux les mauvaises
herbes, ils sont plus faciles à traiter et à entreposer,
et les grains fendus qui ne peuvent être séparés font
un bon mélange fourrager. Les céréales de mouture
sont des cultures intercalaires moins intéressantes, du fait que
les mouliniers sont moins prêts à accepter des grains fendus
ou autres semences dans les grains qu’ils achètent.
Ben Brandsema, qui exploite une ferme laitière biologique en C.-B.,
a discuté avec des producteurs laitiers qui envisagent la production
biologique en Alberta. Sa production de lait biologique se fonde sur l’herbe,
complétée par du maïs, de l’orge et de l’avoine
biologiques. Les protéines sont plus difficiles à obtenir.
Ben utilise du lin biologique, mais cela n’est pas suffisant pour
obtenir un produit riche en oméga 3. Ben insiste sur la qualité
: « Vous devez respecter les règles, sans les modifier. Vous
devez vraiment faire de votre mieux. »
La journée champêtre de l’Alberta et les discussions
ont permis aux producteurs envisageant de se convertir d’obtenir
de nombreux renseignements. Surtout, elles leur ont permis de se réunir
pour partager leurs préoccupations, leurs techniques et associations
et établir des réseaux grâce auxquels ils pourront
continuer à développer le biologique dans les prairies.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est associée, recherche et vulgarisation,
CABC, au Collège de l’agriculture et des ressources biologiques
de l’Université de la Saskatchewan. Elle vous invite à
lui faire part de vos commentaires par téléphone au 306-966-4975
ou par courriel à organic@usask.ca.
Cet article a été publié pour la première
fois dans The Western
Producer et est reproduit sur le site Web du CABC avec son autorisation.
English version
Affiché en janvier 2008
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