
Raymond Loo est reconnu à l’échelle internationale
comme agriculteur biologique exceptionnel
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Raymond Loo, un agriculteur de l’Î.-P.-É., a reçu
une mention honorable au concours de l’agriculteur biologique exceptionnel
de l’année organisé par l’OCIA RnE (Organic
Crop Improvement Association Research and Education). L’OCIA est
l’un des plus importants groupes du biologique du monde et a des
bureaux au Canada, aux États-Unis, en Amérique latine, en
Asie et en Europe. Le conseil de l’OCIA RnE a créé
le prix de l’agriculteur biologique exceptionnel de l’année
pour honorer et mettre en vedette des producteurs talentueux qui excellent
dans la pratique de la culture et de l’élevage, qui pratiquent
une bonne gérance de l’environnement naturel et qui sont
engagés à l’égard de la collectivité
du biologique.
Raymond est le premier agriculteur du Canada atlantique à être
honoré de cette façon. Le prix en est à sa seconde
année et honore en 2007 Marc Loiselle de la Saskatchewan et Michael
et Karen Ostry du Nebraska.
Raymond Loo souhaite trouver des moyens de produire des aliments sains
avec le moins de répercussions possible sur l’environnement.
Il met cette philosophie en pratique à Springwillow Farm, près
de Breadalbane, à l’Île-du-Prince-Édouard, où
il cultive des céréales diverses, des pommes de terre, des
légumes, des légumineuses fourragères, des plantes
de pâturage et des petits fruits. Il élève aussi des
bovins dont la viande est vendue directement aux consommateurs.
La gérance de la terre est importante à Springwillow Farm.
Raymond, sa famille et ses travailleurs ont établi deux terres
humides à la ferme et ont planté 4 km de rangées
de haies au cours des cinq dernières années. Ce sont là
des mélanges d’espèces qui constituent des habitats
divers pour les animaux sauvages. Au printemps, les Loo recherchent les
nids d’oiseaux et sèment du foin autour d’eux. Ils
tiennent les vaches à l’écart des terres humides et
des rangées de haies.
Les mauvaises herbes et les insectes sont souvent combattus à la
main. Les ravages des insectes ont été réduits par
l’amélioration de l’environnement naturel. Les oiseaux
dans les rangées de haies mangent beaucoup des insectes qui pourraient
poser problème dans le champ. Raymond guette la présence
des insectes tout l’été mais n’applique du Bt
(Bacillus thuringiensis) que lorsque les ravageurs comme la chenille de
choux deviennent très nombreux. Les mauvaises herbes du potager
sont combattues à la main et avec une désherbeuse mécanique.
La fertilité est gérée avec des légumineuses
et des fumiers de compost. Les légumineuses sont souvent semées
par-dessus la neige, une technique novatrice qui fonctionne bien la plupart
des années. Les rotations sont longues, ce qui contribue à
la lutte contre les mauvaises herbes et améliore la fertilité.
Raymond évite la culture d’automne dans la mesure du possible
et plante des cultures-abris pour réduire le risque d’érosion
après la récolte des pommes de terre ou des légumes.
Raymond a un programme à la ferme de sélection de meilleures
pommes de terre pour la production biologique et sa famille a commercialisé
une variété homologuée, Island Sunshine, qui est
hautement résistante à la brûlure tardive. Springwillow
Farm effectue des essais de variétés de pommes de terre
et vient de commencer à en faire avec le cassis noir.
Raymond a été très actif dans la collectivité
agricole à promouvoir de meilleures pratiques agricoles. Il travaille
avec des comités d'examen des bassins d'alimentation à traiter
les problèmes de présence de l’azote dans les rivières
de l’Î.-P.-É. et à promouvoir le bon usage des
engrais de ferme. Il siège au conseil de plusieurs groupes environnementaux
et agricoles, y compris le réseau environnemental de l'Î.-P.-É.
Raymond est également actif dans la collectivité locale
du biologique comme président de la Certified Organic Producers
Coop de l’Î.-P.-É., membre de l’Atlantic Canadian
Organic Regional Network et représentant de l’Î.-P.-É.
au sein du Canadian Organic Regulatory Committee.
Raymond est aussi très intéressé à convertir
de grandes fermes aux méthodes biologiques. Il a travaillé
en étroite collaboration avec le gouvernement de l’Î.-P.-É.
à promouvoir l’agriculture biologique. Le but de Raymond
consiste à convertir une grande partie des mille agriculteurs de
l’Î.-P.-É. à la production biologique. Il estime
que l’Î.-P.-É. a de très bonnes chances de devenir
le chef de file de l’Amérique du Nord en agriculture biologique
dans l’avenir.
Raymond estime que pour que les agriculteurs biologiques réussissent,
il faut que les marchés leur versent un juste prix pour leurs cultures.
Il a trouvé ce juste prix au Japon, où il a établi
une relation d’affaires fondée sur un modèle de la
chaîne de la valeur. Lui et un groupe coopératif d’agriculteurs
locaux vont vendre de la confiture de cassis noir biologique au Japon.
Son prochain projet consiste à promouvoir les produits du canola
biologique. Raymond espère que cela permettra de rendre l’Î.-P.-É.
« exempte d’OGM ». Raymond est toujours en train de
promouvoir le biologique et, comme il le dit lui-même, « le
travail continue! »
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice des Prairies du CABC
(le Centre pour l’agriculture biologique du Canada) au Collège
d’agriculture de l’Université de la Saskatchewan. Elle
recevra avec plaisir vos commentaires au 306-966-4975 ou à l’adresse
brenda.frick@usask.ca.
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Affiché en septembre 2007
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