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La production porcine biologique

par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.

« Pour bien comprendre l’élevage biologique des porcs, on doit d’abord comprendre comment les porcs se comportent dans un environnement naturel », déclare Bert Dening, spécialiste en développement des entreprises pour Alberta Agriculture. L’alimentation, l’hébergement et l’élevage des porcs selon des méthodes biologiques dépendent de la correspondance des races à l’environnement et au marché et de l’adaptation de la gestion aux besoins des animaux.

Selon Bert, les installations à petite échelle d’élevage biologique de porcs utilisant un système économique à base de fourrages ont plus de chance de réussir ». Il recommande d’utiliser des races plus anciennes, de les alimenter de diètes locales spéciales et d’élaborer des viandes spéciales uniques. L’utilisation de races modernes et de diètes qu’utilise l’industrie porcine entraînera une marchandise de base et une baisse des prix.

Les races modernes de porc ont été développées pour optimiser la production dans les exploitations d’élevage en claustration à grande échelle. Ces races ne conviennent pas autant à l’élevage extérieur que les races plus anciennes.

Certaines des anciennes races ont été développées à des fins particulières, telles que le broutage des vergers de pommiers. Un peu de recherche peut s’avérer nécessaire avant de choisir la race idéale. Bien que le bassin génétique soit réduit au Canada, Bert suggère d’utiliser les races anciennes telles que Berkshire, Large Black, Tamworth, Hampshire et Lacombe. La viande des races plus anciennes peut être trop grasse pour la préférence des consommateurs. La solution consiste à utiliser des races anciennes de truie et des races modernes de verrat à viande plus maigre (comme Yorkshire, Landrace ou Duroc) afin de combiner les caractéristiques souhaitées.

Comme nous et contrairement aux bovins, les porcs n’ont qu’un seul estomac et ne peuvent digérer la cellulose. Les plantes fourragères utilisées pour alimenter les porcs doivent être feuillues et contenir moins de tiges et de paille que les plantes fourragères utilisées dans l’alimentation des vaches. Les porcs plus âgés peuvent ingurgiter jusqu’à 70 % de fourrages feuillus, mais les porcelets ont besoin d’une diète de grains de haute qualité et de protéines. Bert recommande le pâturage en rotation dans une pâture de haute qualité, accompagnée de grains et de légumineuses de la région. En hiver, le pâturage peut être remplacé par du foin d’herbe tendre ou des ensilages. Le dicton « nous sommes ce que nous mangeons » semble s’appliquer à la production du porc. La saveur de la viande dépend de la diète de l’animal et peut ouvrir les portes d’un petit créneau.

La gestion biologique repose davantage sur la prévention des problèmes de santé que sur le remède. Selon Bert, pour avoir des porcs en santé, il faut qu’ils aient de l’air frais, de bons aliments et un pâturage en rotation pour éviter l’accumulation des maladies. Le repos du pâturage et la lumière du soleil servent de désinfectant et sont une des meilleures façons de lutter contre les maladies.

Naturellement, il importe de commencer avec des animaux en santé et exempts de parasites. La réduction du stress est également importante pour l’élevage d’animaux en santé. Les facteurs suivants participent à maintenir un cheptel porcin en santé : favoriser le sevrage naturel des porcelets, ne pas tasser les animaux et offrir amplement de litière, un abri convenable, de l’eau saine et une bonne nutrition.

La rotation des pâturages réduit rapidement les dommages causés par les porcs aux racines des cultures de foin, maintient l’accessibilité à des fourrages frais et réduit également les maladies. Les porcs réagissent bien aux clôtures électriques. Un fil à six pouces de hauteur suffit pour les jeunes porcs et un fil à 12 pouces de hauteur pour les animaux plus âgés. Les porcs ont tendance à creuser sous les autres types de clôture ou à les ronger.

En été, les porcs ont besoin d’un trou de boue ou d’un gicleur pour rester au frais. Ils ne produisent pas de sueur. Ils font donc beaucoup plus que remonter le moral des porcs. En hiver, ils ont besoin d’être à l’abri. Des abris faits de ballots de paille couverts d’une bâche avec de l’air frais en abondance et de la paille sèche peuvent leur offrir des conditions idéales.

Les truies peuvent avoir plus de deux portées de 8 à 12 porcelets par année. Une truie préfère s’éloigner du cheptel pour faire son nid et mettre bas. Elle a besoin amplement de litière propre et, en hiver, d’une structure bien isolée (ou chauffée). La truie et les porcelets rejoignent le cheptel après une ou deux semaines.

Les porcs peuvent être très prolifiques. Une truie à elle seule peut produire vingt porcelets par année. Ils atteignent leur taille marchande d’environ 114 kilos en sept mois, c’est-à-dire que 2,273 kilos de porc peuvent être transformés en près de 1 136 kilos de viande par année. Les cochettes de sept mois peuvent également être fécondées et produire leur propre portée avant l’âge de un an.

Avec de telles possibilités, il est important de disposer d’un plan solide de boucherie, de transformation et de commercialisation.

Les options de commercialisation sont variées, mais les meilleurs prix sont susceptibles d’aller aux producteurs qui développent des produits locaux spéciaux mettant en valeur des races spéciales, des diètes spéciales et une transformation spéciale. Le porc s’adapte bien à l’exploitation biologique, mais pour réussir il faut éviter les pièges de la production et vendre dans certains créneaux de marché.

 

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est adjointe principale en recherche et en vulgarisation pour le CABC à l’Université de la Saskatchewan. Elle vous invite à lui faire part de vos commentaires par téléphone au 306-966-4975 ou par courrier électronique à l’adresse organic@usask.ca.

Bert Dening est un spécialiste en développement d’entreprises pour Alberta Agriculture. Pour de plus amples renseignements sur la production biologique de porcs, veuillez le joindre par téléphone au 1-780-674-8247 ou par courrier électronique à bert.dening@gov.ab.ca.

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Affiché en septembre 2008

 

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