
Biologique versus naturel : et votre buf ?
Av Singh, Ph. D.

La production de boeuf au pâturage est l'un des principaux facteurs
de réduction du coût de production, tant pour les producteurs
de boeuf biologique que " naturel ".
Les préoccupations croissantes au sujet du bien-être des
animaux ainsi que de la qualité et de la sûreté des
aliments ont de plus en plus éveillé l'intérêt
du public envers les méthodes de production de la nourriture. Certaines
pratiques de régie répandues dans la production du boeuf,
telles que l'ajout des sous-produits animaux dans l'alimentation, l'utilisation
des hormones (par exemple, les implants de stéroïde), l'administration
préventive des antibiotiques (par exemple, ajoutés à
la ration), et l'utilisation d'aliments génétiquement modifiés
(par exemple, le maïs et le soja) ont soulevé l'intérêt
des consommateurs envers un produit plus " sûr ". Pour
beaucoup de consommateurs, plus " sûr " est souvent synonyme
de biologique. L'industrie canadienne biologique continue à observer
la croissance de la demande des consommateurs pour des produits tels que
le lait et le fromage biologique, le pain et les céréales
biologiques ainsi que les fruits et légumes biologiques. Mais de
telles tendances ne sont pas répandues dans tous les secteurs de
l'agriculture biologique et, étonnamment, le boeuf biologique fait
partie de ces secteurs faibles. Au Canada, les marchés intérieurs
pour le boeuf biologique demeurent sous-développés, avec
la majorité de la production reposant sur les marchés d'exportation
et la mise en marché directe. Pourquoi les producteurs de boeuf
se sont-ils révélés relativement peu disposés
à la transition vers un mode de production biologique ? Les raisons
sont nombreuses, et peuvent inclure : la perception d'un manque de demande
des consommateurs ; les défis que représente la mise en
marché ; la difficulté que rencontrent les producteurs à
trouver des céréales biologiques pour la finition du bétail
; la difficulté de trouver un abattoir biologique certifié
; des inquiétudes sur le risque de voir la santé de troupeau
compromise (c.-à-d., un manque de confiance envers les thérapies
alternatives ou l'impossibilité d'obtenir les services d'un vétérinaire
holistique); et, ce qui représente peut-être une des plus
grandes forces de dissuasion, la prime insuffisante accordée au
boeuf biologique par rapport au boeuf " naturel ".
Le consommateur moyen semble faire peu de distinction entre le buf
" biologique " et le buf " naturel ". En toute
honnêteté, la distinction peut être " floue "
dans certains cas, mais très " claire " dans d'autres
cas, selon les pratiques agricoles du producteur de buf " naturel
". Le terme " naturel " n'est pas clairement défini
ni réglementé. C'est pourquoi on trouve souvent d'autres
informations sur l'étiquette, telles que : exempt d'antibiotiques
et/ou d'hormones artificielles de croissance. Des pratiques comme administrer
des vaccins, antibiotiques et parasiticides (c.-à-d. vermifuges)
au bétail et appliquer des herbicides ou des engrais de synthèse
sur les pâturages ne sont pas interdites aux producteurs de boeuf
" naturel ". En revanche, les producteurs de boeuf biologique
certifié doivent se conformer à des normes de production,
de bien-être des animaux et de transformation rigoureuses dont le
respect est contrôlé par un organisme de certification. En
outre, la production de boeuf biologique exige la tenue de registres de
vérification et une visite d'inspection annuelle effectuée
par un tiers (indépendante).
Ironiquement, beaucoup de producteurs de boeuf " naturel "
utilisent déjà plusieurs méthodes de production biologiques.
Par exemple, plusieurs producteurs de boeuf " naturel " comptent
sur les légumineuses et le fumier pour recycler les nutriments
plutôt que de rechercher la fertilité auprès de sources
externes. Beaucoup de producteurs de boeuf " naturel " élèvent
un troupeau fermé, réduisant de ce fait leur dépendance
à l'égard de l'usage courant des vaccins et des antibiotiques.
De même, beaucoup de producteurs de boeuf " naturel "
voient au bien-être de leurs animaux en leur fournissant une ration
fourragère, des conditions de pâturage, des abris, de l'espace
et une hygiène appropriés. Par conséquent, pourquoi
ne franchissent-ils pas l'étape supplémentaire de devenir
biologique ?

La finition du buf à l'herbe gagne en popularité
auprès de beaucoup de producteurs biologiques et de consommateurs
de boeuf.
Les coûts de production, particulièrement dans la phase
de finition, peuvent réduire dramatiquement les bénéfices
nets, souvent au-dessous du supplément de prix de vente. Un rapport
d'Agriculture et agroalimentaire Canada (AAC), publié en 1999 sur
la production de boeuf biologique dans les Prairies, a identifié
les dépenses d'alimentation et de litière biologiques comme
principale source de l'importance plus grande des coûts de production.
Généralement, les agriculteurs biologiques qui sont capables
d'augmenter leur propre autonomie d'approvisionnement (c.-à-d.,
produire eux-mêmes les aliments et la paille consommés) observent
une réduction du coût de production. Alternativement, beaucoup
de producteurs biologiques se tournent vers des méthodes innovatrices
de finition de leurs animaux, à savoir la finition au pâturage
et le broutage du maïs. Les chercheurs du Centre de recherches de
Brandon (AAC) ont fourni aux animaux des pâturages riches en légumineuses
(luzerne) et des suppléments d'orge roulée à la vapeur
administrés au pâturage pendant la phase de finition, avec
grand succès. Le boeuf fini au pâturage gagne en popularité
auprès des consommateurs, à mesure que les bienfaits pour
la santé de la consommation de viande produite par une alimentation
à base d'herbe sont révélés. Les acides gras
Omega-3 (acides gras essentiels pour la croissance et le développement)
et l'acide linoléique conjugué (lié à une
réduction du cancer, de l'obésité, du diabète,
et des maladies du cur) sont présents en concentrations plus
élevées dans le boeuf nourri à l'herbe que dans le
boeuf nourri aux céréales.
Tel que mentionné ci-dessus, un autre obstacle à l'adoption
d'un mode de production biologique du boeuf par les producteurs de boeuf
" naturel " est la perception qu'il leur faudra faire des compromis
par rapport à la santé de leur troupeau. Cependant, beaucoup
de producteurs de boeuf " naturel " utilisent déjà
plusieurs des méthodes de régie suivantes qui favorisent
la santé de troupeau. Les principes de gestion saine des pâturages,
une supplémentation adéquate en vitamines et en minéraux,
de l'eau fraîche en quantité suffisante et des abris propres
représentent des pratiques proactives qui réduisent au minimum
les blessures et maladies dans les troupeaux. De plus en plus de praticiens
s'intéressent et se forment en thérapies alternatives comme
l'homéopathie, la phytothérapie et l'acupuncture comme méthodes
de prévention alternatives. (Si vous êtes intéressé
à en apprendre davantage au sujet de telles pratiques, pensez à
vous inscrire à un cours dispensé sur le Web qui se nomme
Organic Livestock Production (production
animale biologique) et dispensé par Fernando Moncayo, DVM, au www.organicagcentre.ca).
C'est le consommateur qui décidera si le marché national
de viande de boeuf biologique s'étendra, et influencera donc la
transition des producteurs de boeuf " naturel " vers la production
biologique. Cependant, en dépit des tendances futures, les consommateurs
intéressés, devraient se renseigner davantage au sujet des
modes de production et de transformation. Que vous achetiez de la viande
" naturelle " ou " biologique ", tentez d'en savoir
plus au sujet des produits et méthodes employés dans la
production et la transformation de votre buf.
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