
La Réserve Muskoday reconstruit ses liens avec la terre
Centre d'agriculture biologique du Canada
Les membres de la Ferme coopérative biologique de Muskoday (FCBM) ont tenu le Symposium nord-américain sur l’alimentation autochtone en juin 2009, pour partager leurs succès et leur vision avec une foule enthousiaste venue de Saskatoon par autobus. « Nous franchissons des étapes importantes dans la réappropriation de notre relation traditionnelle avec la nourriture » explique Harvey Knight.
La visite guidée incluait un arrêt au Jardin des aînés qui a été semé et sera entretenu par des enfants travaillant avec les aînés de la communauté. Les aînés apportent une dimension spirituelle au projet. « Nous rétablissons une relation avec nos frères et nos sœurs, soit les cultures d’aliments qui vivent avec nous » explique Knight. « Il ne s’agit pas que de semer. Dans le passé, il y avait des cérémonies et les aînés contribuent à réinstaurer cela. Nous commençons à comprendre ce que cet héritage signifie. »
“La communauté Muskoday a pratiqué l’agriculture depuis l’établissement de la réserve » dit Knight. « Nous avons subi beaucoup de pression pour abandonner l’agriculture, la cueillette et la chasse. Nous entraînons maintenant nos gens à cultiver à nouveau leur nourriture. »
La FCBM offre de la formation et de l’emploi par le biais d’un projet développé avec Heifer International. Joe Munroe explique le processus. Des membres des Premières nations Muskoday, Flying Dust et James Smith qui touchent des prestations d’assistance sociale peuvent appliquer pour une formation et un emploi de six mois. Cela procure aux participants suffisamment de crédits d’assurance-emploi pour appliquer à d’autres programmes de formation subventionnés. Le programme a connu beaucoup de succès, car moins de 5% des participants se réinscrivent aux programmes d’assistance sociale.
D’autres membres de la communauté travaillent dans les jardins de légumes pour cumuler des crédits qui peuvent être utilisés à l’automne pour acheter des produits du jardin.
Les cultures cultivées à Muskoday sont principalement les cultures indigènes des Amériques. Il y a 17 acres consacrées à la culture de pommes de terre, tout comme des acres en lots de légumes incluant les tomates, le maïs, les fèves et le tournesol. On trouve également 65 bisons, et la culture de l’avoine pour la mouture et comme culture de rotation.
Les pommes de terre étaient ensemencées au cours de la visite guidée organisée lors du Symposium. Dean Bear a souligné que le semoir 4 rangs spécialisé distribuait des pommes de terre de semences Red Norland enregistrées et certifiées biologiques dans des rangs d’une longueur d’un demi mille. Par la suite, les pommes de terre seront buttées et dix personnes travaillant à temps plein assureront le désherbage des parcelles. Un étang artificiel alimenté à l’eau de source permettra l’irrigation à l’aide d’équipement loué. Plusieurs variétés de fleurs sauvages seront transplantées autour des champs de pommes de terre afin de favoriser les insectes bénéfiques et garder sous contrôle le doryphore de la pomme de terre. Ce fut une stratégie gagnante l’année précédente.
Les membres de la Réserve Muskoday seront tout autant encouragés à contribuer à l’effort agricole. Le projet assure la fourniture de composteurs et de barils de pluie à chaque maison de la réserve. La FCBM espère transporter au champ les matières collectées avec des chevaux.
La terre agricole de la réserve Muskoday est entièrement certifiée biologique. Les membres de la communauté étaient sensibles au taux élevé de cancers qu’ils ont lié à l’utilisation de produits chimiques sur leurs terres. Lorsqu’ils ont décidé de revenir à l’agriculture, il s’avérait facile et naturel d’adopter la méthode biologique. D’après Eric Bear, « le biologique est ce qu’il y a de plus important à Muskoday ».
La FCBM coopère avec d’autres bandes pour développer son fructueux modèle. En plus des 7 acres de pommes de terre pour le groupe Muskoday, un autre lot de 10 acres a été ensemencé par les membres de la Première nation Peter Balantine. Les membres de Peter Balantine ont transporté par camion les pommes de terre de semence depuis la région d’Outlook. Les Premières nations Muskoday et Peter Ballantine sont en partenariat avec la Première nation James Smith afin de convertir une patinoire en un entrepôt de pommes de terre.
La FCBM travaille également avec l’organisme CHEP afin d’aider à sécuriser les marchés. Le projet Muskoday ne cherche pas à déprimer les marchés locaux et vise plutôt les hôpitaux, les écoles et les autres institutions qui importent en général leurs produits. La mise en marché se fera également dans les magasins locaux, dans les réserves des Premières nations et, en attendant d’établir les marchés locaux, il est temporairement envisagé de vendre les pommes de terre de semences aux États-Unis.
Le tour guidé sur la réserve Muskoday incluait une visite à l’école, où les aînés ont parlé des liens entre la spiritualité, la nourriture et la communauté. Toutes ces activités étaient partagées alors que nous dégustions des steaks de bison et des légumes préparés par David Wolfman (de Cooking with the Wolfman), du ragoût d’orignal et du thé de muskeg apportés par les membres de la communauté.
Pour obtenir une liste des autres journées champêtres biologiques, visitez http://organic.usask.ca/.
Rédigé par Brenda Frick pour CABC. Pour plus d’information : 902-893-7256 ou oacc@nsac.ca.
English
Affiché en août 2010
|