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Choisir les engrais verts comme source d'azote éconergétique

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.

Les engrais verts permettent aux producteurs d'accroître leur efficacité énergétique de façon relativement simple et peu onéreuse. Les engrais azotés fabriqués à base de gaz naturel comptent pour jusqu'à 30 % de l'énergie consommée par le secteur agricole d'aujourd'hui. En remplaçant ces engrais par des engrais verts, il serait possible d'accroître l'efficacité énergétique de tout le système agricole.

Quelle quantité d'azote peut-on tirer des engrais verts? Dans le cadre d'une conférence organisée dernièrement par Pro-Cert Organics à Régina, Martin Entz de l'Université du Manitoba a déclaré qu'environ 3 % de la biomasse des engrais verts est de l'azote. Par exemple, un engrais vert qui produit environ 3 000 lb/acre de débris végétaux secs donnera un rendement d'environ 3 000 x 0,03, soit 90 lb/acre d'azote.

Les engrais verts se décomposent lentement et libèrent environ 60 % de l'azote qu'ils contiennent pendant la première année, puis 20 % la deuxième année. Un autre 20 % d'azote est emmagasiné sous la forme d'une « banque d'azote », comme l'explique Martin Entz,  permettant de bonifier le sol à long terme. Si l'on reprend l'exemple ci-dessous, les 3 000 lb/acre d'engrais verts procureront environ 54 lb/acre d'azote la première année, environ 18 lb/acre la deuxième année, et environ 18 lb/acre seront emmagasinés dans le sol à long terme. Ainsi, l'engrais vert utilisé dans l'exemple peut fournir suffisamment d'azote pour donner 30 bois/acre de blé, suivi de 15 bois/acre de lin et ce, sans créer de déficit d'azote. 

Dans les régions suffisamment humides, les cultures destinées aux fourrages et aux pâturages peuvent servir à produire des engrais verts. Plusieurs années de culture de luzerne, par exemple, entraîneraient une augmentation des stocks d'azote dans le sol (à la condition de ne pas enlever le foin), ce qui permettrait par la suite de cultiver des plantes destinées à l'alimentation des animaux pendant de nombreuses années.

En revanche, dans les régions affectées par la sècheresse, les producteurs ont souvent le sentiment qu'ils ne peuvent pas inclure une culture destinée à devenir un engrais vert et veulent plutôt économiser l'eau nécessaire à la production de cet engrais pour une autre culture. La Norme canadienne sur l'agriculture canadienne recommande l'usage d'engrais verts. Est-ce là une erreur pour les régions plus sèches?

Des études réalisées à Swift Current suggèrent que, même si les engrais verts nécessitent une gestion attentive pour éviter la déperdition d'eau, ils constituent néanmoins un élément important des systèmes de culture dans les Prairies semi-arides. Les cultures de blé précédées d'une légumineuse annuelle destinée à devenir un engrais vert ont donné des rendements supérieurs aux cultures de blé précédées d'une année de jachère noire lors des années humides. Lors des années plus sèches, le fait de laisser pousser l'engrais vert jusqu'à la floraison a réduit les ressources hydriques destinées à la prochaine culture. 

Il peut être difficile de déterminer le meilleur moment pour couper l'engrais vert. En permettant à la culture d'atteindre sa pleine floraison, on augmente la quantité d'azote produit par l'engrais vert. En revanche, on augmente aussi la consommation d'eau. Pendant les années sèches, un fauchage plus hâtif, à 10 % de la pleine floraison ou même avant, réduira la consommation d'eau de la culture. Ce faisant, on réduit aussi le contenu en azote, mais ce facteur est de moindre importance pendant une année sèche.

Dans les périodes de sècheresse, il est possible d'inclure dans l'assolement une culture destinée à devenir un engrais vert si l'on porte une attention particulière aux techniques permettant d'accroître la rétention hydrique. Le labour par incorporation peut assécher le sol et réduire la concentration des résidus susceptibles de retenir la neige. Il existe aussi d'autres méthodes de stopper la croissance des cultures. Le décolletage, par exemple, au moyen d'une lame Nobel ou d'un autre type de cultivateur à lames larges, permet de conserver des chaumes sur pied capables de retenir la neige. Des tiges végétales peuvent également être utilisées à cet effet. Les techniques sans labours, comme le fauchage, l'aplatissage et le crêpage, peuvent être utilisées pour stopper la croissance des légumineuses annuelles. 

Les avantages de l'utilisation d'engrais verts sont sans doute plus importants dans les régions humides où l'azote est susceptible de limiter la croissance des cultures. D'importants avantages peuvent également être obtenus dans les régions plus sèches si l'on prend soin de maintenir et d'améliorer les réserves hydriques. 

 

 

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du CABC (Centre d'agriculture biologique du Canada) au Collège d'agriculture de l'Université de la Saskatchewan. Pour tout commentaire, n'hésitez pas à la joindre au (306) 966-4975 ou par courrier électronique à brenda.frick@usask.ca.

 

Publication : mai 2007

 

 

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