
Le stress thermique chez les ruminants
Centre d'agriculture biologique du Canada
La chaleur intense des mois d’été peut laisser des séquelles chez les animaux dans toute opération fermière. Les ruminants sont particulièrement sensibles aux températures et aux taux d’humidité élevés associés à la saison estivale.
La recherché a démontré que chez les ruminants, des températures supérieures à 27’C peuvent causer une hausse de la fréquence de la boiterie, des maladies associées à l’affaiblissement du système immunitaire, des problèmes de reproduction et un rendement laitier réduit. Le stress thermique et ses multiples conséquences peuvent non seulement affecter financièrement les éleveurs mais aussi affecter la santé et le bien-être des animaux s’ils ne sont pas contrôlés.
Dans le but d’aider les éleveurs d’animaux à identifier et à traiter ce problème saisonnier avant qu’il ne crée des états de stress sévères tels que l’épuisement par la chaleur et l’insolation, le Centre d’agriculture biologique du Canada a créé un feuillet de documentation sur le stress thermique chez les ruminants. En plus d’une liste des signes de stress avant-coureurs, le feuillet décrit de nombreuses pratiques de gestion faciles à instaurer qui aideront à réduire ou à éviter complètement l’incidence du stress thermique.
Lorsque les températures estivales sont à la hausse, un éleveur de bétail doit en tout premier lieu fournir un ombrage adéquat et une eau fraîche, propre et abondante. Assurer ces deux éléments suffira pour un certain temps à éviter le stress thermique et à améliorer la performance. Par exemple, lorsqu’il fut démontré que les bovins à viande disposaient d’au moins 45 pieds carrés d’ombre par animal, les gains en poids se sont grandement améliorés. Des arbres ou des abris permanents qui abriteront tous les animaux en position couchée sont de bons exemples de structures qui fourniront une protection suffisante contre les rayons solaires directs. Pour les bovins, un minimum d’un point d’eau par vingt têtes est également recommandé.
L’utilisation de ventilateurs et d’asperseurs pour les animaux à l’intérieur ou en enclos aide aussi à prévenir le stress thermique. Les opérateurs devraient aussi éviter de transporter ou de manipuler les animaux dans les moments chauds de la journée. Les activités particulièrement stressantes que sont la castration et la vaccination devraient être effectuées durant les périodes fraîches du matin ou du soir. Les fermiers devraient aussi envisager de raser les moutons au printemps plutôt qu’en été. Le rasage hâtif donne une chance à la toison de repousser pour protéger la peau avant que le soleil de l’été soit plus chaud et plus pénétrant.
En dépit de toutes les mesures prises par un opérateur pour prévenir le stress, il est toujours possible qu’un animal succombe à la chaleur. Les animaux trop lourds, au poil foncé ou en lactation sont de par leur nature plus sensibles que les autres animaux aux effets de la chaleur. L’éleveur doit donc constamment surveiller les signes manifestes de stress thermique. Une ingestion réduite d’aliments, une respiration rapide, une hausse de production de la salive et des tremblements comptent parmi les symptômes que manifeste un animal qui ne supporte pas adéquatement les températures élevées. L’éleveur doit fournir de l’ombre et de l’eau dès la première apparition de ces symptômes. Autrement, l’état de l’animal dégénérera vraisemblablement au stade de l’insolation ou de l’épuisement par la chaleur.
Si les symptômes du stress thermique n’ont pas été traités au moment opportun et que l’état de l’animal dégénère, par exemple, jusqu’au stade de l’insolation, l’éleveur doit prendre des mesures immédiates pour abaisser la température de l’organisme de l’animal. Des lavements à l’eau froide, des applications de glace et des submersions en eau froide comptent parmi les mesures qui ont servi à traiter un état sévère de stress thermique. D’autres opérateurs ont traité l’insolation avec succès à l’aide de remèdes homéopathiques. Le livre Herdsman’s Introduction to Homeopathy, par Hansford et PInkus, recommande l’utilisation de Aconite 30C, de Belladonna 30C et de Glonine 30C pour corriger les symptômes de l’insolation. Enfin, il ne faut jamais hésiter à se fier à l’expertise et à l’expérience d’un vétérinaire qualifié.
Les inévitables températures élevées des mois d’été accroissent le risque de stress thermique chez les ruminants. L’état, s’il n’est diagnostiqué, peut évoluer en un scénario à la fois financièrement affligeant pour l’éleveur et physiquement invalidant pour l’animal. Le feuillet de documentation du CABC intitulé Stress thermique chez les ruminants énumère les nombreux moyens mis à la disposition de l’éleveur d’animaux pour diagnostiquer, réduire et éviter le stress thermique. Il est à espérer que grâce à l’implantation de pratiques préventives, la santé et le bien-être des animaux d’une unité de production biologique ne subiront aucun compromis et demeureront des objectifs incontestables.
Pour plus d’information, veuillez vous référer au feuillet de documentation du Groupe de travail sur le bien-être animal, Stress thermique chez les ruminants.
Rédigé par Tanya Brouwers pour CABC. Pour plus d’information : 902-893-7256 ou oacc@nsac.ca.
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Affiché en août 2010
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