Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC

La recherche sur le haskap porte fruit et démontre un potentiel biologique

Par Brenda Frick, Ph.D.

Le haskap est sur le point de prendre la vedette comme étant le prochain produit attrayant offert par le programme d’amélioration génétique (ou programme de sélection) des fruits de l’université de la Saskatchewan. Ce fruit unique est prometteur au niveau de la culture, de la récolte, du traitement et de la commercialisation, et il peut être cultivé biologiquement.

Le « haskap » est le nom donné à ce petit fruit par les peuples préhistoriques au Japon. Nous lui donnons notamment les noms suivants : chèvrefeuille comestible, chèvrefeuille bleu, et baie au miel. Les espèces proviennent de la Russie, du nord du Japon et du Canada.

Les prairies canadiennes semblent être un endroit idéal pour cultiver l’haskap. Les variétés plus résistantes peuvent résister à une température de – 45 °C, et même les fleurs ouvertes peuvent résister à une température de – 7 °C. Dans les régions beaucoup plus chaudes que la Saskatchewan, les fleurs peuvent ouvrir très tôt au début de la saison avant même la présence des insectes pollinisateurs.

La saveur de l’haskap a été comparée à celle des bleuets, en partie, peut-être, parce que le fruit ressemble à un bleuet allongé. Contrairement au bleuet, la pelure de l’haskap fond dans la bouche. Les graines sont très petites, et ainsi, elles passent également inaperçues. Ces deux qualités en font un produit transformé de qualité supérieure, et plus frais à consommer.

Bob Bors, responsable du programme d’amélioration génétique des fruits de l’université de la Saskatchewan, a croisé les variétés japonaises plus savoureuses avec les variétés russes plus résistantes aux basses températures hivernales pour développer toute une gamme de possibilités. Les divers types varient en sucrosité, aigreur et jutosité. En dernier ressort, on peut préférer différents cultivars pour la consommation de fruits frais, pour le séchage, pour faire des confitures, pour faire du vin, et ainsi de suite.

Le programme « Haskap » de l’université de la Saskatchewan est le seul programme au Canada, l’un des deux seuls programmes en Amérique du Nord, et il n'en est qu'aux premières étapes. Au cours des cinq dernières années, six semis et variétés russes ont été mis sur le marché pour que les producteurs puissent faire des essais. Le fruit de ces variétés est utilisé pour développer de nouveaux produits comme la crème glacée, le gelato (ou glace italienne), la garniture pour tarte, le nappage pour coupe glacée, la sauce pour salade, le vinaigre, et le vin. Le développement du fruit progresse parallèlement au développement du produit.

De nouvelle variétés ont été développées récemment. Le haskap « boréal » affiche la meilleure saveur et le plus gros fruit, mais les fruits sont plutôt délicats. Celui-ci peut constituer un bon choix pour le marché des produits cueillis par l’acheteur et pour les jardins privés. Le haskap « toundra » affiche également une bonne saveur, mais il affiche une forme plus attrayante et il est un peu plus robuste. Il pourrait mieux se prêter aux différents marchés des aliments surgelés. De meilleures variétés, plus récentes, sont présentement développées; elles seront bientôt misse sur le marché.

Il est préférable de planter les buissons de haskap à l’automne; ceux-ci peuvent produire des fruits au cours de l’année suivant la plantation. Ils mûrissent rapidement, et après la 3e ou la 4e année, ils peuvent produire de 4 à 6 kilogrammes de fruits. Les buissons atteignent environ 1,5 m de hauteur, et ils ne produisent pas de drageons. Les plants affichent peu de problèmes liés aux insectes ou aux maladies, et ils peuvent donc facilement être cultivés biologiquement. Les fruits tombent lorsqu’on secoue les buissons, ce qui permet de les récolter mécaniquement.

Plusieurs questions restent en suspens. Rick Sawatzky, de l’équipe du programme d’amélioration des fruits de l’université de la Saskatchewan, avertit les intervenants qu’il a encore plusieurs questions qui restent en suspens. Les buissons les plus âgés du programme ont été plantés il y a moins de dix ans. Certains types de haskap ont été mis en production il y a à peine deux ans. Les chercheurs travaillent avec les producteurs pour accroître la portée de ce programme sous-financé et pour présenter des variétés de haskap aux producteurs le plus rapidement possible. On conseille aux producteurs intéressés par l’haskap d’être prudent et de se regrouper pour partager les risques d’une nouvelle industrie.

La recherche a permis de mettre à jour plusieurs facteurs de risque. Avec l’haskap, deux variétés distinctes ou plus doivent être plantées ensemble pour s’assurer de la pollinisation. Il est conseillé d’entourer les plantations de brise-vent; les branches de l’haskap ont tendance à être fragiles et elles peuvent être endommagées par le vent. Les oiseaux comme le jaseur boréal aiment l’haskap. On conseille aux producteurs de petites exploitations d’installer des filets anti-oiseaux sur les buissons pour les empêcher d’atteindre les fruits. Dans les plantations plus grandes, une variété d’haskap affichant une date plus hâtive de floraison, plantée pour servir de culture-appât, peut éloigner les oiseaux de la plantation principale. On a observé de la moisissure sur les plantes à la fin de l’été. La production fruitière est terminée à cette date et les plantes sont généralement dormantes lorsque la maladie se manifeste. Seulement quelques-unes des plantes du programme d’amélioration génétique ont affiché de la moisissure, et les nouvelles variétés ont démontré qu’elles étaient résistantes dans le champ. Le programme américain d’amélioration génétique des fruits intégrera des activités de dépistage des maladies dans leur processus de sélection des futures variétés.

Depuis longtemps, les japonais accordent de l’importance aux effets thérapeutiques de l’haskap en commercialisant un jus de fruits vendu comme étant le « remède miracle pour la jeunesse éternelle et la longévité »; des rapports récents suggèrent que l’haskap a des effets bénéfiques sur la pression sanguine, les maladies cardio-vasculaires, les maladies gastro-intestinales, voire même la malaria. Les fruits contiennent beaucoup de vitamine C et d’antioxydants. Linda Matthews, de l’équipe du programme d’amélioration des fruits de l’université de la Saskatchewan, a dirigé une étude sur les antioxydants qu’on retrouve dans l’haskap. L’haskap contient beaucoup d’anthocyanines, soit autant que les bleuets, et le bleuet est le roi du marché.

Un marché important existe pour l’haskap. Bien que les japonais accordent beaucoup d’importance au fruit, les régions productrices traditionnelles du Japon sont réduites par la croissance de la population. L’équipe du programme d’amélioration des fruits de l’université de la Saskatchewan travaille avec l’université de Hokkaido et avec les acheteurs japonais. La saveur et les avantages pour la santé de ce fruit unique suggèrent qu’on peut également trouver un nouveau marché important plus près de chez nous. Il est à espérer que cet excellent nouveau produit sera bientôt disponible sur le marché local.

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez visiter le site Web suivant : http://www.haskap.ca/index.htm.

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est l’associée en recherche et vulgarisation du CABC au College of Agriculture de l’université de la Saskatchewan. Elle vous invite à formuler vos commentaires au 1-306-966-4975 ou par courriel au organic@usask.ca.


Cet article a d’abord été publié dans The Western Producer et celui-ci a autorisé l'affichage de cet article sur le site Web du CABC.


English version

Affiché en janvier 2008

 

Haut de la page

© 2008, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)