
Fourrages fantastiques
Par Brenda Frick, Ph.D. P.Ag.
Les fourrages peuvent présenter d’énormes avantages,
tant pour l’exploitation biologique que pour l’environnement.
Les fourrages sont des plantes que mange le bétail. Cela va du
pâturage naturel aux mélanges de fléole-brome-luzerne,
en passant par les combinaisons avoine-pois pour l’ensilage, la
luzerne granulée et les cultures de graminées pour la pâture.
Les plantes fourragères peuvent être pâturées
directement ou bien récoltées, mises en balles ou ensilées.
Bien sûr, avant ces cultures, la plus grande partie de l’Alberta
était couverte de prairies et servait de fourrage à de vastes
troupeaux de bétail, aérien et souterrain. Aujourd’hui,
le pâturage représente une autre solution de culture économique
de terres « marginales »; un moyen de tirer une certaine valeur
de graminées que nous ne pouvons pas, nous-même, digérer.
En donnant au bétail une alimentation à base de fourrage,
on augmente les niveaux d’acide linoléique conjugué,
d’acides gras oméga-3, de bêta-carotène et de
vitamine E dans les produits qui en sont dérivés : viande,
œufs et lait. Tous ces éléments sont associés
à des avantages pour notre santé.
Les systèmes de rotation des pacages peuvent améliorer
la qualité des fourrages, en maintenant l’herbe jeune et
verte. Il se peut que des fourrages cultivés soient nécessaires
pour permettre aux plantes de se reposer pendant les périodes critiques.
De nombreux mélanges de fourrages cultivés sont composés
de légumineuses-graminées. Les légumineuses présentent
l’avantage de capter l’azote qui se trouve dans l’air
et de l’entraîner vers le sol. Cela améliore le potentiel
des protéines des cultures ultérieures. Les graminées
fournissent une biomasse plus importante sous forme d’hydrates de
carbone. L’ensemble fournit aliment et habitat aux microbes, le
bétail du sol, augmentant la fertilité, diminuant l’érosion
et améliorant les qualités du sol. Il permet aussi un bétail
plus important au-dessus du sol. Si les cultures sont pâturées
plutôt que coupées ou enlevées, les deux types de
bétail en bénéficient.
La production fourragère facilite la gestion des mauvaises herbes.
Les plantes fourragères vivaces peuvent être très
compétitives et du fait qu’elles sont coupées au début
de la saison, elles ne donnent que peu de possibilités aux mauvaises
herbes d’arriver à maturité. La luzerne s’avère
particulièrement utile pour ce qui est d’éliminer
les mauvaises herbes coriaces comme le chardon des champs. Dans le même
ordre d’idées, l’ajout d’une culture annuelle
de fourrage en rotation a permis de réduire de beaucoup les mauvaises
herbes annuelles lors d’essais effectués à Lacombe.
Le principal avantage a été celui de couper les mauvaises
herbes avant qu’elles n’aient le temps de répandre
leurs graines. Les éleveurs ont aussi la possibilité de
couper une culture pour en faire un fourrage vert si elle contient trop
de mauvaises herbes. Ils réduisent ainsi le potentiel en mauvaises
herbes des prochaines cultures, tout en obtenant cette année-là
un produit utile de leurs champs.
La plupart des mauvaises herbes sont utiles comme fourrage. Le pâturage
continu peut utiliser les graminées nutritives qui échappent
au contrôle ou qui sont plus tardives. L’ensemencement d’une
culture comme le seigle d’automne ou l’avoine semée
tardivement pour les besoins du pâturage d’hiver peut assurer
une couverture à l’automne ou au printemps, alors que la
terre est plus propice à l’érosion.
La culture des plantes fourragères peut augmenter les options
de gestion d’un exploitant biologique. Pour l’exploitant sans
bétail, un partenariat avec un éleveur pourrait apporter
les mêmes avantages sur une base plus régionale.
Source
Forage Fantastic, numéro Printemps 2007, bulletin du GO network.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du
CABC (le Centre d’agriculture biologique du Canada) du Collège
de l’agriculture de l’Université de la Saskatchewan.
Elle vous invite à lui faire part de vos commentaires par téléphone
au 306-966-4975 ou par courrier électronique à brenda.frick@usask.ca.
English
Affiché en décembre
2007
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