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Savoir bien utiliser la rotation des cultures biologiques

Brenda Frick, Ph.D

Les producteurs biologiques considèrent la rotation des cultures comme l'outil le plus efficace auquel ils ont recours pour entretenir la fertilité du sol et maîtriser les mauvaises herbes, les maladies et les insectes. La planification de la rotation des cultures consiste en la prévision de l'ordre dans lequel se succéderont différentes cultures. Une rotation de cultures efficace est essentielle à n'importe quel système de production durable, mais elle est particulièrement importante dans les systèmes biologiques, où les producteurs ne peuvent camoufler les problèmes occasionnés par la monoculture à l'aide de solutions rapides.

Les producteurs biologiques incluent fréquemment des légumineuses porteuses de bactéries fixatrices d'azote en tant qu'élément de leur gestion de la fertilité. Ce sont les légumineuses vivaces telles que la luzerne, et les bisannuelles comme le mélilot, qui offrent le plus grand apport d'azote, particulièrement lorsque les plantes sont fauchées et laissées au sol. Les trèfles rouges et blancs sont des vivaces à courte vie pouvant être employées comme bisannuelles avec ou à la place du mélilot. Les annuelles telles que les pois, les lentilles noires, la luzerne lupuline ou diverses espèces de vesces peuvent également apporter de l'azote. La majeure partie de l'apport d'azote d'une légumineuse est perdu si la graine est récoltée.

L'azote n'est pas le seul facteur à considérer par rapport au sol. Le sarrasin est une culture aux racines profondes qui a un effet d'acidification sur le sol, et aide ainsi à mobiliser le phosphore et le rendre disponible aux cultures suivantes. La moutarde peut également aider à la disponibilité du phosphore.

On peut aussi employer des céréales telles que l'avoine, l'orge, et le seigle d'automne ainsi que des plantes fourragères comme couvre-sol à enfouir pour augmenter la matière organique du sol. Le recours aux plantes vivaces et couvre-sol peut améliorer la texture et la structure de sol.

Les cultures telles que le seigle d'automne et la moutarde peuvent avoir un effet allélopathique; leurs résidus peuvent en effet empêcher la germination des mauvaises herbes dans les cultures suivantes.

On doit également tenir compte de l'humidité du sol dans la rotation des cultures. Les plantes à feuilles larges telles que les pois, les lentilles et le lin ont généralement des racines peu profondes. Les céréales tendent à se situer entre les deux. Les plantes vivaces peuvent avoir accès à de l'humidité à des niveaux plus profonds. Si l'humidité est limitée, il peut être nécessaire de faire suivre les cultures de vivaces d'une jachère partielle pour permettre à l'eau de se renouveler. Suivant une culture de vivaces, les plantes aux racines peu profondes peuvent être en mesure d'avoir accès à l'eau de recharge en surface, tout en laissant des réserves plus profondes aux cultures à la profondeur racinaire moyenne qui les suivent.

La rotation des cultures est également un excellent outil de gestion des mauvaises herbes. En alternant des cultures de saison chaude comme les haricots, de saison fraîche comme le blé, et d'hiver comme le seigle d'automne avec des bisannuelles telles que le trèfle des champs et des vivaces comme la luzerne, le producteur modifie le milieu où poussent les mauvaises herbes d'une manière qui empêche les mauvaises herbes de s'y adapter. Des cultures en particulier peuvent être employées pour cibler les problèmes de mauvaises herbes au moment où ils se présentent. Par exemple, les mauvaises herbes qui germent tôt, comme la folle avoine, peuvent être maîtrisées à l'aide de moyens mécaniques dans les cultures semées plus tard. Le chardon des champs peut être efficacement enrayé dans des champs de luzerne en combinant le fauchage pendant la saison et le passage de la herse après le labour.

La rotation des cultures empêche également plusieurs types d'insectes nuisibles de s'accumuler. La rotation est plus efficace pour les insectes qui ne se nourrissent que d'un seul type de plantes, qui hivernent dans ces plantes et qui ne sont pas très mobiles. Malheureusement, cela ne comprend pas les sauterelles. Malgré tout, une plus grande diversité des cultures présente des avantages au nouveau des insectes, car cela permet d'abriter un plus grand nombre de différents prédateurs et pathogènes qui limitent naturellement la population des ravageurs des cultures.

Effectuer une rotation entre les cultures vulnérables et résistantes peut également réduire l'incidence des maladies des cultures. En général, les cultures qui sont semblables partagent les mêmes maladies. La rotation est particulièrement efficace contre les maladies qui proviennent du sol ou du chaume. Encore une fois, une plus grande diversité augmente la probabilité que des alliés naturels seront présents pour atténuer les effets de la maladie.

La rotation de cultures idéale varie selon le lieu et dépend de facteurs pédologiques et agronomiques mentionnés ci-dessus aussi bien que des marchés existants pour les différentes cultures, le matériel et les installations disponibles et le niveau de confiance du producteur. En général, la diversité mène à la stabilité, et à une réduction du risque. Plus la diversité que le producteur est en mesure de gérer est grande, meilleurs sont, en général, les résultats.


Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture et travaille à l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel : brenda.frick@usask.ca.


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