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Les couvre-sols, pour ne rien laisser passer

Par Gisela Duerr et Brenda Frick

Le Centre d'agriculture biologique du Canada collabore avec Jill Clapperton et Michael David du Centre de recherches de Lethbridge et avec Dean Spaner de l'Université de l'Alberta à un projet visant à mettre au point des mélanges de couvre-sol convenant aux Prairies canadiennes.

Un mélange chicorée-trèfle incarnat-avoine, quatre semaines après le semis, dans les parcelles expérimentales à Lethbridge.  Photo par Gisela DuerrLes couvre-sol représentent un outil valable pour les systèmes de culture. Les couvre-sol sont généralement semées après que d'autres cultures de printemps ont été récoltées et enfouies dans le sol avant d'avoir eu le temps de monter à la graine. Elles constituent une solution de rechange utile à la jachère d'été, ayant le potentiel d'enrichir la matière organique et les nutriments du sol tout en permettant à l'humidité de se régénérer.

Diverses espèces présentent des caractéristiques différentes qui leur donnent leur utilité comme couvre-sol. Les légumineuses vivaces et annuelles servent d'hôtes à des bactéries qui fixent l'azote. Les plantes à racines profondes améliorent le drainage et l'infiltration d'eau dans le sol. Elles transportent également vers le haut des éléments nutritifs du sous-sol.

Les cultures à croissance rapide peuvent augmenter la matière organique, empêcher la perte d'éléments nutritifs et limiter la prolifération des mauvaises herbes. Les espèces végétales différentes des cultures commerciales peuvent perturber les cycles des parasites et des maladies.

Les mélanges de différentes espèces offrent des possibilités intéressantes de combiner certaines caractéristiques souhaitables, et de réduire les risques liés à d'autres caractéristiques indésirables. Par exemple, un mélange avoine-pois allie l'avantage de fixer l'azote d'une légumineuse avec la croissance rapide d'une céréale. L'avoine offrira un soutien aux pois grimpants, et réduira la verse.

La nouvelle étude portant sur les couvre-sol inclut quinze mélanges de graines, et un total de dix-huit cultures différentes. L'avoine offre une couverture fiable et peu coûteuse, avec une bonne capacité de réprimer les mauvaises herbes. L'avoine est étudiée avec les pois fourragers, la féverole, la vesce velue, la vesce laineuse, le trèfle incarnat, le trèfle de Perse, le lupin et la gesse. La féverole et le lupin sont les champions de la fixation de l'azote quand l'humidité est abondante. Le lupin produit une racine pivotante profonde et acidifie le sol, augmentant ainsi la disponibilité du phosphore. La gesse est une légumineuse qui utilise très efficacement l'eau, ce qui veut dire qu'elle peut produire une grande quantité de biomasse dans des conditions sèches. La vesce velue ameublit le sol et contribue au cycle du phosphore. La vesce laineuse peut produire une grande quantité de matière organique.

Le sorgho-herbe du Soudan est une plante de saison chaude à croissance rapide ayant le potentiel d'ajouter de grandes quantités de matière organique au sol. Elle possède un système racinaire agressif qui peut briser efficacement les semelles de labour et les couches plus dures du sous-sol. Le sorgho-herbe du Soudan se mélange au sarrasin et à la crotalaire (chanvre de Bengale ) ou au trèfle semeur (trèfle souterrain), et au dolique. La crotalaire est une légumineuse tropicale qui supprime les nématodes, résiste à la sécheresse et est associé à des niveaux élevés de fixation de l'azote. Le trèfle semeur représente est un excellent outil pour empêcher les mauvaises herbes de proliférer et une bonne source d'azote. Cette plante est exempte des principales maladies et relativement résistante à l'assaut des sauterelles. Le dolique est une légumineuse qui aime la chaleur et tolère la sécheresse et une faible fertilité du sol. Le dolique se développe rapidement dans les sols chauds et attire beaucoup d'insectes utiles.

L'étude examine également trois espèces latifoliées relativement inconnues. La phacélie est une plante annuelle qui possède un imposant système de racines fibreuses. Elle est excellente pour améliorer la texture du sol et une merveilleuse plante pour attirer les abeilles. La chicorée fourragère est une plante résistante à la sécheresse avec un système racinaire profond. Elle peut mobiliser les minéraux du sous-sol. La phacélie et la chicorée fourragère sont résistantes aux sauterelles. Le radis huileux possède un système de racines semblable à celles de la chicorée. En outre, il acidifie le sol et augmente la disponibilité du phosphore.

Au commencement, cette étude déterminera lesquelles, parmi ces cultures, conviennent bien aux conditions des Prairies. On poussera plus loin l'étude de ces plantes prouvent qu'elles en valent la peine pour déterminer les taux de semis et les méthodes d'établissement appropriées, et pour optimiser les mélanges. Nous espérons que ce travail permettra d'offrir plus de choix aux producteurs pour construire et améliorer le sol de manière biologique, et à conserver son potentiel arable.


Gisela Duerr, Ph.D., est une chercheuse associée du Centre d'agriculture biologique du Canada, au Centre de recherche d'Agriculture et agroalimentaire Canada de Lethbridge. On peut communiquer avec elle au 403-317-3375 ou par courriel : duerrg@agr.gc.ca. Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture de l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel : brenda.frick@usask.ca.


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