
Les agriculteurs de la coopérative collaborent pour acheminer
les denrées locales au marché
Les agriculteurs vendent les produits des autres membres
de la coopérative afin d’atteindre un volume suffisant et
d’épargner à un autre agriculteur de se rendre au
marché
par Suzanne Atkinson, Ontario Farmer, 5 février
2008
Que veut-on dire par local?
Est-ce 100 miles ou 100 kilomètres? Est-ce qu’il faut que
le produit ait été récolté de 12 à
36 heures avant d’arriver au marché?
Si un agriculteur distribue les produits de 12 ou 100 exploitations certifiées
biologiques au sein d’une coopérative, respecte-t-il les
normes définissant les aliments de proximité et la stipulation
du consommateur qui veut qu’il achète directement du producteur?
Tandis que les ventes de Quinte Organic Farmers Co-operative ont plus
que doublé au cours de trois dernières années, le
vice-président affirme que le modèle d’affaires rentable
qui lui a valu un prix de distinction pour une nouvelle coopérative
est constamment mis à l’épreuve par les directives
des grandes villes sur les aliments locaux.
Bien que le groupe National Farmer's Union's Food Down the Road à
Kingston soutienne que les aliments « locaux » viennent de
non plus de 100 kilomètres et que Local Food Plus établisse
une distinction à 100 miles, les petites exploitations rurales
auront peut-être bientôt à lutter pour l’acceptation.
Peter Finch déclare que plus d’un consommateur des marchés
d’agriculteurs de Toronto refusent d’acheter les produits
de Quinte, car la coopérative est située en-dehors du rayon
de 100 miles.
« Le rayon de 100 miles, c’est une bonne idée, mais
ça ne devrait pas être une limite absolue », soutient
Finch, propriétaire de Rolling Hills Organics à Northumberland.
« Pour moi, c’est absurde. C’est plutôt de la
fraîcheur qui compte pour moi. Si le produit est cueilli le jour-même
ou le jour précédent, il est particulièrement frais
pour la grande ville.
Les petites exploitations agricoles seront de plus en plus loin, car
c’est ce qu’elles peuvent se permettre d’acheter. Mais
cela n’a pas d’importance. C’est à peu près
le meilleur qu’on puisse trouver », affirme Finch, qui vend
régulièrement 150 sacs de légumes verts à
salade par jour au Riverdale Farmers Market de Cabbagetown ou au Waldorf
School Village Market à Thornhill. Ceux-ci s’ajoutent à
la variété de produits colorés de haute qualité
qu’il vend pour onze membres de la coopérative.
Il dit que plusieurs processus de certification se livrent concurrence
pour la reconnaissance des consommateurs et cela a pour effet «
d’affaiblir les normes ».
Après trois années d’exploitation, Quinte Organic
comprend des fermes situées dans un triangle formé par les
comtés de Northumberland, Prince Edward et Hastings. Au début,
des recettes de 1 000 $ par jour représentaient une bonne journée.
En 2007, les ventes atteignaient parfois la marque des 3 000 $.
Les agriculteurs de la coopérative Quinte Organic « se soucient
suffisamment de la façon dont leurs aliments sont produits pour
répondre de ceux-ci et discuter de leur nature avec les consommateurs
au marché », fait-il valoir.
« Cela concerne autant la communication et la sensibilisation que
la vente. Cette façon de pratiquer l’agriculture n’est
pas seulement exempte de produits chimiques ou à utilisation réduite
de produits chimiques (conformément aux normes minimales des partisans
des aliments de proximité), elle est soigneusement pensée
afin d’être saine et durable à long terme et elle met
en cause les plantes, les sols, les animaux de bétail et la protection
et l’amélioration permanentes de l’ensemble des milieux
agricoles. Elle fait l’objet d’une certification biologique
annuelle par des tierces parties ».
Le fait que chaque agriculteur ne se rende pas à chaque marché
ne diminue pas l’effort qu’il met à cultiver ces produits,
dit Finch.
« Parmi la foule qui se presse à produire des aliments de
proximité et à les rendre largement accessibles, plusieurs
agriculteurs locaux sont mis à l’épreuve, ayant à
prendre soin de leur ferme et à se rendre à plusieurs marchés
urbains durant la semaine », déclare Finch. « Quinte
Organic rationalise la production et les marchés en demandant aux
agriculteurs de cultiver ce qu’ils préfèrent cultiver.
»
Ce modèle lui a valu le prix de distinction de l’Ontario
Co-operative Association pour une nouvelle coopérative.
Ce groupe de petites exploitations agricoles a fait ses débuts
en transportant des produits mis en commun dans les marchés d’agriculteurs
avoisinants que les membres connaissaient et en suppléant ces derniers
avec des visites à la grande ville.
À l’heure actuelle, « ceux (qui) le désirent,
peuvent devenir responsables du marché et s’occuper des marchés
hebdomadaires au nom de la coopérative. » Ils reçoivent
une compensation pour couvrir leur temps et leurs dépenses. «
Ces responsables du marché commandent les produits et les viandes
de chaque agriculteur et les achètent tout simplement au nom de
la coopérative. Ils les prennent en chargement au point de cueillette
et transportent la récolte de 12 fermes ou moins dans un véhicule
désigné au marché. »
En fin de compte, les étals de Riverdale, Brickworks et Village
Market à Toronto qui jusqu’ici débordaient d’une
belle gamme de produits à l’ouverture du marché, sont
maintenant vides.
« Tous les aliments que les douze petites exploitations agricoles
peuvent fournir pour cette journée sont vendus et plusieurs clients
rentrent chez eux heureux », raconte Finch.
Les consommateurs qui répondent au critère de 100 miles
seraient nettement plus avancés s’ils avaient accédé
aux produits des douze fermes camionnés en un seul voyage.
« Quinte Organic a puisé dans l’appétit insatiable
des consommateurs urbains avertis et des chefs qui réclament sans
cesse la fraîcheur, la saveur et la valeur nutritive de tout ce
qui s’offre à eux », souligne Finch.
« À l’heure actuelle, l’ensemble de la demande
locale pour les denrées et viandes biologiques produits localement
dépasse de beaucoup les ressources que la coopérative a
à sa disposition », signale Finch, en admettant que la coopérative
est à la recherche de « l’engagement de plus d’agriculteurs
certifiés biologiques dans ce domaine pour grandir avec nous, et
plus de membres pour s’occuper de la mise en marché pour
nous. »
Voilà ce qui se dessine à l’horizon. Une réunion,
qui a récemment eu lieu non loin à Millbrook, a attiré
plus de 100 personnes intéressées à se joindre à
la coopérative, qui continuera d’approvisionner les marchés
de Toronto, Campbellford, Cobourg, Trenton et Kingston.
Le CABC remercie sincèrement Ontario
Farmer d’avoir autorisé l'affichage de cet article sur
son site Web.
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Affiché en septembre 2008
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