
En dessous comme au dessus: Construire des communautés dans les sols et dans le domaine de l’agriculture
Centre d'agriculture biologique du Canada
Nos sols changent continuellement, tout comme nos communautés rurales. Notre manière de les définir et de les gérer détermine comment nous soutenons et construisons les ressources de ces communautés.
La communauté est l’endroit ou l’espace où les citoyens – espèces vivantes prospèrent. Pensez à votre communauté locale et à une communauté d’individus de même mentalité travaillant ensemble pour des objectifs communs – un groupe en gestion holistique des ressources, le comité d’une église ou un groupe de mise en marché.
La culture est un ensemble d’apprentissages sur « comment » nous pouvons, comme peuple, persévérer et survivre dans un endroit. La culture, en termes de physique quantique, est identifiée par ce qui est important, non pas la matière inerte mais l’énergie et le mouvement.
Si nous réfléchissons à ces définitions, nous voyons comment elles peuvent être appliquées à la fois au sol et à la communauté. Pour ces deux entités, l’espace social est en état de continuelle création par ses citoyens, qui exercent l’autorité et sont responsables de cet espace. Leurs associations auront naturellement tendance à se développer en fonction des talents des citoyens.
L’agriculture conventionnelle basée sur les intrants a tendance à miser sur les déficiences du sol plutôt que sur les qualités inhérentes au sol. Le modèle industriel du siècle dernier est basé sur un processus de pensée linéaire qui définit notre ressource de base comme étant illimitée. Les gouvernements occidentaux utilisent encore la croissance comme facteur déterminant d’une économie en santé, bien que de plus en plus de citoyens se questionnent sur la durabilité de cette approche.
L’addition de compost est l’une des nombreuses pratiques bénéfiques à l’agriculture qui revitalise et active les bactéries et la flore du sol. Une réflexion plus profonde sur le compost nous aide à observer notre lien avec les cycles naturels. En reconsidérant l’utilisation des déchets (paille, fumier et déchets municipaux solides), nous pouvons les considérer comme étant une ressource, comme un compost qui peut nourrir et soigner nos sols, nos végétaux, nos animaux et notre santé. Nous ne sommes pas des entités séparées du sol, nous sommes notre sol!
Un sol en santé a besoin d’une communauté stable de champignons, de bactéries, de nématodes et de vers (en plus d’air et d’eau) afin de recycler efficacement les nutriments, décomposer la matière organique et améliorer l’état du sol.
Les processus biologiques du sol sont responsables en grande partie de la conversion des nutriments en formes que les plantes peuvent utiliser – presque 75% de l’azote et 65% du phosphore disponibles dans le sol.
Selon le Dr. Jill Clapperton, autrefois du Centre de recherche Lethbridge, « une population saine et bénéfique de nématodes peut recycler 17-35 kg/hectare d’azote car elle contrôle les populations de champignons et de bactéries dans le sol. »
Les communautés de microorganismes du sol sont détruites par les applications de produits chimiques de synthèse et par le labour, l’érosion, les sécheresses ou les inondations. Lorsque la diversité et la quantité des populations microbiennes sont réduites, nos cultures sont moins capables d’obtenir des nutriments et deviennent plus vulnérables face à la maladie, aux parasites et aux températures défavorables. De plus, il faut du temps pour que les communautés du sol rétablissent les processus de recyclage des nutriments et d’agrégations du sol.
L’application au sol d’un compost bien préparé peut être bénéfique pour plusieurs raisons, mais principalement parce qu’elle réintroduit une diversité de microorganismes au biote du sol pour relancer les processus de recyclage. Vu la dépense engendrée pour l’importation de phosphore et d’azote, la reconstruction des populations du sol pouvant aider les cultures à accéder à des nutriments fait de plus en plus de sens.
De même, nous avons d’une diversité de personnes pour reconstruire nos communautés rurales. Indépendamment des techniques agricoles utilisées pour cultiver nos cultures, ceux d’entre nous qui travaillent dans le domaine agricole ont besoin de travailler ensemble dans un nouvel état d’esprit. Tellement peu des citoyens ont de nos jours un lien direct avec l’agriculture. À la ville comme à la campagne, nous devons comprendre que lorsque nous achetons des aliments produits localement, nous soutenons la santé de nos communautés agricoles comme celle de nos familles.
Afin de créer une vision commune et respectueuse de la provenance de la nourriture et prendre les décisions qui assureront à long terme la production durable et la distribution de nourriture, nous avons besoin de soutenir la santé et la diversité de la nature et de nos communautés. L’éducation sur les liens avec la nature et sur la diversité aideront à rebâtir nos paysages ruraux, au dessus et en dessous du niveau du sol.
Janine Gibson est inspectrice et formatrice dans l’Ouest canadien; elle a inspecté 2000 opérations biologiques au cours des 15 dernières années. Janine remercie le maître composteur Gerry Dube - bdmcomposting.com – pour sa recherche et son assistance pour la rédaction de cet article.
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Affiché en août 2010
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