
Un producteur de canola fier de son produit spécialisé
par Ed White
Western Producer, bureau de Winnipeg, 27 avril 2006
L’entreprise agricole de Tony Marshall fait exactement ce que les
producteurs de canola devraient faire, d’après de nombreux
experts. Elle fabrique un produit exclusif, très intéressant,
qui n’a rien à voir avec le bon vieux canola, peu attrayant.
Ce producteur de la région de Calgary affirme qu’il a fait
de son huile de canola extra vierge un produit de qualité supérieure
lucratif qui l’a entraîné assez loin le long de la
chaîne d’approvisionnement. « Elle a certainement été
bien accueillie sur le marché », indique M. Marshall, qui
produit l’huile de canola biologique Highwood Crossing Farm depuis
12 ans. « Nous avons sorti notre ferme du domaine des produits de
base et créé un produit de marque qui nous permet de fixer
nos prix et d’éviter les hauts et les bas du marché.
»
La ferme de Tony Marshall produit et commercialise des huiles de canola
et de lin pressées à froid, ainsi que du granola biologique,
des mélanges à muffins et à crêpes et des farines
moulues sur pierre à partir de cultures biologiques. La ferme a
une production certifiée biologique, mais elle ne cultive plus
le canola pour en embouteiller l’huile, car un trop grand nombre
de ses voisins cultivent des variétés de canola génétiquement
modifiées. Les agriculteurs du grand nord de l’Alberta, «
là où des tas de pierres et de broussailles séparent
les fermes », cultivent le canola biologique pour lui.
Obtenir cette huile spéciale de canola, la presser et la commercialiser
n’est pas facile, mais M. Marshall précise qu’il a
trouvé un créneau qui lui fera gagner le montant supplémentaire
qu’il lui faut pour couvrir tous les frais de production. Ses meilleurs
clients sont les chefs de restaurants haut de gamme, qui utilisent l’huile
dans leurs recettes et affichent leur attachement aux ingrédients
locaux. Ils sont prêts à payer plus cher pour un produit
que leurs clients désirent, selon eux.
« En vendant l’huile aux chefs cuisiniers et aux restaurants,
je ne cherche pas seulement un seuil de prix », poursuit M. Marshall.
« Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un bon
restaurant qu’il va l’utiliser. » Tony Marshall obtient
son huile de canola tout comme les producteurs d’huile d’olive
de qualité supérieure obtiennent la leur. Il ne la filtre
ni ne la raffine, ce qui fait qu’elle est très colorée,
épaisse et pleine de saveur, contrairement à l’huile
de canola transformée, qui est pratiquement transparente. Selon
Tony Marshall, l’huile de canola non raffinée a un léger
goût de moutarde et « de nombreux chefs affirment qu’elle
est similaire à l’huile d’olive de la région
de Toscane, en Italie ». Elle est aussi plus jaune que l’huile
de canola ordinaire.
Tony Marshall peut demander autant d’argent que pour de l’huile
d’olive extra vierge, mais seuls quelques clients sont prêts
à payer ce prix. « Beaucoup de chefs se disent, ‘pourquoi
ne pas tout simplement utiliser de l’huile d’olive extra vierge’
», poursuit M. Marshall. Mais, selon M. Marshall, les chefs qui
tiennent à utiliser des produits alimentaires locaux et qui font
la promotion de la cuisine régionale croient qu’une huile
de canola biologique, pleine de saveur, produite localement, vaut mieux
qu’une huile d’olive importée. Et c’est là-dessus
qu’il se concentre. Safeway et quelques épiceries indépendantes
vendent les huiles de canola Highwood Crossing, tout comme certains magasins
d’aliments naturels.
L’huile est vendue dans des bouteilles d’huile d’olive
en verre coloré importées d’Italie, et non pas dans
des gros bidons de plastique, comme la plupart des autres huiles de canola.
Tony Marshall affirme que cela est important pour l’image du produit.
« Les bouteilles de verre foncé reflètent la qualité
de ce que nous tentons de faire. »
L’intégration d’un triturateur et d’autre machinerie
de transformation de produits alimentaires n’a été
ni bon marché, ni simple, dit-il, mais cela lui a permis de survivre
aux fluctuations de l’économie agricole. « Nous donnons
une valeur ajoutée à nos cultures. C’est le secret
qui nous permet de rentabiliser notre exploitation, dans cette partie
du monde. »
« Si nous n’étions qu’une autre ferme biologique
cultivant un certain produit pour le vendre à quelqu’un d’autre,
qui le transforme, il ne s’agirait alors que d’un autre produit
de base. » Mais M. Marshall espère bien que tous les agriculteurs
ne se mettront pas à produire une huile de canola de qualité
supérieure, car pour l’instant, seuls quelques chefs cuisiniers
et certains magasins s’intéressent à ce produit spécialisé.
« Le milieu des chefs est relativement restreint », précise
M. Marshall. « Je ne crois pas que le marché soit suffisamment
étendu pour que tout le monde puisse s’y jeter. »
Cet article a été publié pour la première
fois dans Western Producer
et est reproduit ici par le CABC avec son autorisation.
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