
Le Vermont met un terme aux poursuites contre les exploitations agricoles
familiales par les sociétés de biotechnologie
Le Sénat de l'état du Vermont appuie unanimement le projet de loi
pour la protection des agriculteurs.
L'état du Vermont planche actuellement sur le tout premier projet de loi
américain visant à tenir les sociétés de biotechnologie responsables de
la contamination par les OGM.
Les sénateurs de l'état du Vermont se sont prononcé à l'unanimité en
faveur du projet de loi S.164 (le « Farmer Protection Act »),
mercredi. Ledit projet de loi vise à tenir les entreprises de biotechnologie
responsables de la contamination involontaire de cultures conventionnelles
ou biologiques par tout matériel végétal génétiquement modifié. Cette
décision historique a suivi un débat houleux sur les droits des brevets
qui permettent à des sociétés de biotechnologie comme Monsanto d'intenter
une action en contrefaçon de brevet contre des agriculteurs dont les champs
ont été contaminés par du pollen ou du matériel végétal génétiquement
modifié. Le sénateur Vincent Illuzi (R-Essex-Orleans) a illustré
de manière éloquente les conséquences de la pollinisation croisée en présentant
des épis de maïs multicolores cultivés au Vermont. Au total, 79 municipalités
du Vermont ont adopté des résolutions demandant aux législateurs de Montpellier
et de Washington d'imposer un moratoire sur les OGM, et près de 10 %
des producteurs laitiers conventionnels au Vermont ont juré de ne jamais
cultiver des plantes transgéniques. À l'instar du comté de Mendocino,
en Californie, le Vermont est aujourd'hui un exemple d'opposition populaire
aux plantes génétiquement modifiées.
Selon Ben Davis du Vermont Public Interest Research Group, la Farmer
Protection Act est une mesure préventive visant à mettre un terme
aux poursuites abusives intentées contre les exploitations agricoles familiales
par des sociétés en biotechnologie comme Monsanto. Le vote Sénat de l'état
du Vermont a donc fait le premier pas pour protéger les exploitations
agricoles familiales contre les poursuites intimidantes de ce genre et
les dangers associés aux plantes génétiquement modifiées. Le VPIRG fait
partie d'une coalition qui inclut d'autres organismes comme Rural Vermont,
l'Institute for Social Ecology et le Vermont Genetic Engineering Action
Network qui ont lancé conjointement une campagne locale visant à faire
du Vermont le premier état américain sans aucun OGM.
Les grosses sociétés de biotechnologie font la loi en fonction de leurs
propres intérêts aux niveaux national et international et utilisent leurs
OGM brevetés pour contaminer les champs agricoles et intimider les agriculteurs,
soutient Doyle Canning, un militant pour la campagne anti-OGM dans
le Vermont. L'état du Vermont fait ainsi la démonstration qu'un petit
état peut être un interlocuteur de taille devant l'âpreté au gain des
grosses sociétés et peut même faire décréter un arrêt temporaire de l'utilisation
de cette technologie. « Nous
travaillons conjointement avec des intervenants à Hawaii, dans le comté
de Mendocino et dans 30 autres pays partout dans le monde où les
cultures génétiquement modifiées sont soumises à une réglementation très
stricte afin de protéger les agriculteurs ».
La Farmer Protection Act a été amendée à la suite d'un vote (18
pour, 11 contre) portant sur l'ajout d'un libellé visant spécifiquement
les poursuites en contrefaçon de brevet des OGM. Cet amendement définit
« les parties de la plante ou les semences génétiquement modifiées »
comme étant différentes des parties de plantes et des semences conventionnelles.
Il s'agit là d'un précédent qui va à l'encontre de l'allégation du secteur
d'industrie selon laquelle les produits génétiquement modifiés sont identiques
aux produits conventionnels, explique Amy Shollenberger, Policy Director
pour Rural Vermont. L'amendement décrète également qu'une personne ayant
des « quantités infimes » de matériel génétiquement modifié
sera indemnisée par le fabricant si elle décide d'intenter une action
en justice à l'encontre de ce dernier. Autrement dit, cet amendement protège
les agriculteurs contre les poursuites intentées par les fabricants advenant
que ses cultures deviennent contaminées par du matériel génétiquement
modifié.
La campagne « GE Free VT » sur les manipulations génétiques
a été lancée par une coalition entre des groupes d'intérêt public, des
commerçants, de même que des citoyens et des agriculteurs inquiets qui
s'opposent à la manipulation génétique sur les tribunes locale, régionale
et fédérale et demandent l'arrêt temporaire de l'utilisation des OGM.
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pour en savoir davantage
Communiqué de la campagne « GE Free VT » diffusé le mercredi
10 mars 2004 à 14 h, HNE
Personnes-ressources :
Amy Shollenberger, Rural Vermont 802 793-1114
Doyle Canning, GE Free VT 802 279-0985
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