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Incidence de la fertilité du sol sur la compétition entre les cultures et les mauvaises herbes

B. Frick, E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott

Aperçu
Comme les mauvaises herbes et les plantes cultivées ont sensiblement les mêmes besoins nutritifs de base, elles profitent conjointement d'un apport en nutriments ? Comment peut-on gérer la fertilité du sol de manière à favoriser les plantes cultivées ?


Contexte
Toutes les plantes requièrent les mêmes nutriments de base, mais réagissent différemment selon la disponibilité de ces nutriments. Ainsi, les différences qui existent au chapitre de la structure racinaire et des symbioses mycorhiziennes font en sorte que les plantes n'exploitent pas les nutriments de la même façon. Les plantes diffèrent également entre elles en ce qui a trait à leur tolérance au déséquilibre nutritif et à leur efficacité à utiliser les nutriments pour croître. Le maintien ou l'amélioration de la fertilité du sol constitue, par conséquent, un élément important de la lutte contre les mauvaises herbes.

Il est plus avantageux de déposer les nutriments là où ils sont le plus facilement accessibles aux plantes cultivées qu'aux mauvaises herbes. Bien qu'un meilleur apport en nutriments puisse améliorer la compétitivité des plantes cultivées, certaines mauvaises herbes savent mieux tirer parti des ressources excédentaires. En général, les recommandations en matière de nutriments tiennent compte de l'utilisation d'herbicides et de la présence peu importante de mauvaises herbes. En diminuant l'apport en nutriments, on ralentit la croissance des mauvaises herbes et des plantes cultivées.

La présence plus importante de nutriments dans le sol stimule la compétitivité de la folle avoine, de la sétaire verte et du pied-de-coq. Certaines mauvaises herbes peuvent voir leur croissance limitée par un apport en nutriments qui serait toutefois suffisant pour la croissance des plantes cultivées. L'amarante réfléchie, par exemple, est particulièrement sensible à une baisse de la teneur en phosphore, et sa croissance est compromise en l'absence de phosphore. La moutarde sauvage est également très sensible à une baisse de la teneur en phosphore, tandis que le chou gras est abondant dans de telles conditions. Après avoir étudié bon nombre de rapports de recherche sur les effets de la fertilisation sur les mauvaises herbes, un auteur a déclaré : « Les mauvaises herbes absorbent les nutriments plus rapidement et en plus grande quantité que les plantes cultivées et profitent ainsi davantage de la fertilisation. » Par conséquent, en présence d'une population très dense de mauvaises herbes, l'application d'engrais peut stimuler la croissance des mauvaises herbes au point de dominer les plantes cultivées.

Des recherches portant sur la compétitivité de la folle avoine ont démontré que cette dernière affiche une meilleure compétitivité par rapport au blé lorsque la teneur en azote du sol est élevée. La présence d'azote a entraîné une augmentation de la production de graines de folle avoine et une diminution du rendement du blé. On a enregistré une augmentation du rendement du blé en présence d'une teneur élevée en azote seulement dans les cas où la folle avoine ne représentait que 2 % du peuplement total. Dans le cadre d'une autre étude, la densité totale des mauvaises herbes (plusieurs espèces) a atteint un taux maximal lorsque le niveau d'azote était à son plus bas dans les cultures céréalières. Les résultats obtenus à la suite d'expériences sur les effets de l'azote sur la compétitivité des mauvaises herbes semblent donc contradictoires. Les effets de la fertilisation azotée sur la compétition entre les mauvaises herbes et les plantes cultivées dépendent surtout de la méthode d'application. De manière générale, dans les études où l'on observe que la croissance des mauvaises herbes est favorisée par rapport à celle des plantes cultivées, l'apport en azote a été effectué à la volée. L'épandage d'engrais azoté en bandes près des rangées de semis permet aux racines des plantes cultivées d'utiliser l'azote de manière plus efficace que les mauvaises herbes. Plusieurs études ont démontré que l'épandage en bandes favorise les plantes cultivées au détriment des mauvaises herbes.

Les engrais phosphorés appliqués au moment de l'ensemencement améliorent la compétitivité des cultures.

L'application répétée de fumier ou d'autres sources de phosphate pendant plusieurs saisons de culture semblerait avoir le même effet. Le fumier doit être composté afin de détruire la plupart des graines de mauvaises herbes. Il importe de procéder à des analyses de sol pour déterminer les quantités à appliquer. Dans le cadre d'une étude où aucun herbicide n'a été utilisé, les chercheurs ont découvert que les amendements de sol (fumier de bovins, compost de pommes de terre et, une année sur deux, engrais vert de légumineuses) permettent de réduire considérablement la biomasse des mauvaises herbes, possiblement grâce à une amélioration de la compétitivité des cultures.


Conclusions
La compétition qui s'établit entre les plantes cultivées et les mauvaises herbes pour les nutriments et les autres ressources comme la lumière, l'espace et l'eau, varie selon la disponibilité des nutriments et d'autres facteurs tels que l'espèce (de la culture et de la mauvaise herbe), le taux d'humidité, la période de disponibilité des nutriments, l'emplacement et le ratio des nutriments. Les pratiques ayant une incidence sur la disponibilité des nutriments auront également un effet sur le peuplement de mauvaises herbes et sur la compétitivité de la culture.


Financement
Fonds d'innovation agro-alimentaire Canada-Saskatchewan


Personne-ressource

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)
Université de la Saskatchewan, Département de phytologie
51, Campus Drive, Saskatoon
(Saskatchewan) Canada S7N 5A8
Téléphone : (306) 966-4975
Télécopieur : (306) 966-5015
Courriel : brenda.frick@usask.ca


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