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La régie des cultures comme moyen de lutte contre les mauvaises herbes
B. Frick, E. Johnson - Ferme expérimentale de Scott
Aperçu
Qu'est-ce que la régie des cultures ? De quelle manière peut-elle
contribuer à la lutte contre les mauvaises herbes ?
Contexte
Une des meilleures façons de lutter contre les mauvaises herbes consiste
à adopter une bonne régie des cultures. Une culture saine et compétitive
se défendra mieux contre les mauvaises herbes. Toutes les techniques agricoles
qui favorisent une bonne croissance des plantes cultivées peuvent être
considérées comme des outils de lutte contre les mauvaises herbes. Ainsi,
les plantes cultivées afficheront une meilleure compétitivité par rapport
aux mauvaises herbes si elles s'établissent rapidement et uniformément,
si elles sont vigoureuses et bien nourries. Les recommandations agronomiques
sont souvent formulées à partir des résultats observés sur des parcelles
expérimentales où les mauvaises herbes sont pratiquement inexistantes.
Les variables optimales (la période d'ensemencement, le génotype utilisé,
la disposition et la densité des semences, l'ajout d'engrais) dans des
conditions où les mauvaises herbes sont absentes ne sont pas nécessairement
idéales en présence de mauvaises herbes. Par conséquent, les bonnes pratiques
de régie peuvent contribuer de manière importante à la lutte contre les
mauvaises herbes et ce, à faible coût.
Il existe deux principes de régie fondamentaux qui ont une incidence sur
la lutte contre les mauvaises herbes :
- diversifier les pratiques agricoles en vue d'éviter l'adaptation des
mauvaises herbes,
- dans la mesure du possible, toujours favoriser la plante cultivée
plutôt que la mauvaise herbe.
Quand les mauvaises herbes s'épanouissent dans des conditions précises,
la diversification des pratiques agricoles les empêche d'acquérir un avantage
trop important. De nombreuses variables peuvent être modifiées de
manière à « décontenancer »
les mauvaises herbes. Ces variables comprennent :
- la rotation fréquente et importante des cultures,
- la diversification des périodes de travaux comme l'ensemencement et
la récolte,
- la diversification de l'envergure et de la période du travail du
sol,
- la modification de la fertilité du sol grâce à l'ajout d'engrais vert,
d'engrais de ferme et autre amendements et l'utilisation de plantes
ayant des besoins nutritifs différents.
Une modification minime des pratiques existantes suffit souvent pour en
faire ressortir les avantages relatifs. Par exemple, le tassement sur les
rangs, plutôt que le tassement du champ en entier, favorise la plante cultivée
au détriment des mauvaises herbes. L'épandage de lisier en bandes près des
rangs, plutôt que perpendiculairement, permet de fournir aux cultures une
plus grande part des nutriments.
Le taux et le schéma d'ensemencement peuvent également avoir une incidence
sur la compétitivité de la plante cultivée. Ainsi, un taux élevé d'ensemencement
et un faible espacement entre les rangs permet de réduire la distance entre
les plants, ce qui assure le développement rapide de la couverture. De ce
fait, la germination des mauvaises herbes est ralentie, et la plante cultivée
est favorisée aux stades précoces de la compétition. Cette technique
comporte certains inconvénients, c'est-à-dire l'augmentation des frais liés
aux graines et le travail du sol plus difficile entre les rangs.
Les taux d'ensemencement élevés sont particulièrement efficaces dans les
champs où les mauvaises herbes abondent. En revanche, là où les mauvaises
herbes se font plus rares, un taux d'ensemencement élevé ne présente aucun
avantage par rapport au taux d'ensemencement recommandé. Les plantes destinées
au fourrage vert et à l'ensilage peuvent être ensemencées à des taux plus
élevés afin d'en améliorer la compétitivité et la qualité nutritive. On
recommande également l'adoption de taux d'ensemencement plus élevés si on
prévoit procéder à un sarclage après l'ensemencement ou la levée de manière
à atténuer les dommages causés par le sarclage entre les plants. Une augmentation
de 25 % du taux d'ensemencement normal est généralement recommandée.
L'augmentation des taux d'ensemencement est particulièrement profitable
pendant les années sèches si les semis recouvrent bien le sol et, par conséquent,
réduisent le taux d'évaporation à partir du sol. Si l'humidité est suffisante,
un taux d'ensemencement élevé se traduit par une maturation plus hâtive
(deux ou trois jours); les plants sont alors plus courts et développent
moins de talles. Dans certaines conditions, un taux d'ensemencement plus
élevé peut créer un terrain propice à la maladie et à la verse.
Lors d'une étude réalisée en Saskatchewan, l'augmentation du taux d'ensemencement
d'une culture de pois s'est traduite par une diminution du nombre de mauvaises
herbes. Les peuplements abondants de pois ont affiché une bonne compétitivité
par rapport aux mauvaises herbes. Une autre étude, réalisée à Scott cette
fois, a permis d'établir que c'est l'orge qui affiche le meilleur rendement
à des taux d'ensemencement élevés.
Les résultats de cette étude ont également démontré que l'augmentation des
taux d'ensemencement et la réduction de l'espacement entre les rangs se
traduisent par une diminution de la biomasse des mauvaises herbes. La réduction
de l'espacement entre les rangs permet aux plantes cultivées de mieux combler
l'espace disponible, ce qui laisse moins d'espace aux mauvaises herbes.
La technique des semis croisés procure les mêmes effets et ne nécessite
aucune modification à l'outillage.
Conclusions
La bonne régie des cultures est un excellent outil de lutte contre
les mauvaises herbes. Il existe deux principes de régie fondamentaux qui
ont une incidence sur la lutte contre les mauvaises herbes :
- diversifier les pratiques agricoles en vue d'éviter l'adaptation des
mauvaises herbes,
- dans la mesure du possible, toujours favoriser la plante cultivée
plutôt que la mauvaise herbe.
Les pratiques recommandées dans des conditions où les mauvaises herbes sont
absentes doivent être modifiées dans les cas où les mauvaises herbes abondent.
L'augmentation du taux d'ensemencement et la diminution de l'espacement
entre les rangs laissent peu de place aux mauvaises herbes.
Financement
Fonds d'innovation agro-alimentaire Canada-Saskatchewan
Personne-ressource
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies, Centre d'agriculture biologique du Canada
Université de la Saskatchewan, Département de phytologie
51, Campus Drive, Saskatoon
(Saskatchewan) Canada S7N 5A8
Téléphone : (306) 966-4975
Télécopieur : (306) 966-5015
Courriel : brenda.frick@usask.ca
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