CABC / OACC Centre d'agriculture biologique du Canada

Page d'accueil du CABC
Les avantages des produits biologiques

Par Andy Hammermeister, Ph.D., P.Ag.

Il ne passe pas une journée sans que nous soyons appelés à faire des choix lorsqu’il s’agit de notre alimentation et notre façon de vivre. Une salade ou un hambourgeois? Prendre sa voiture ou marcher? La question qu’on se pose maintenant est : « Devrait-on acheter des aliments biologiques? ». En tant que consommateurs, notre influence compte pour beaucoup à tous les échelons de la chaîne alimentaire, de la ferme aux supermarchés locaux en passant par les transformateurs. Ainsi, chaque fois que nous achetons un produit biologique, nous votons de ce fait avec nos dollars. La plupart des acheteurs disent acheter des produits biologiques pour des motifs personnels ou de santé familiale, pour l’environnement et/ou la protection des animaux. Ces raisons peuvent-elles vraiment justifier l’achat de produits biologiques?

Avouons-le, tout ce que nous faisons dans la vie implique un certain degré de risque, qu’il s’agisse de traverser la rue ou de courir devant des taureaux. Les règles et les normes pour l’agriculture biologique et les aliments sont surtout des incitatifs à la prudence. Cela ne signifie pas pour autant que les aliments non biologiques ne sont pas salubres. Notre production alimentaire est très bien réglementée, qu’elle soit biologique ou non. Cependant, tout comme les traverses pour piétons servent à diminuer les risques d’accident lorsqu’on traverse une rue, il en est de même avec les produits biologiques, car les normes élaborées servent à réduire les risques associés à l’agriculture et aux aliments.
Jusqu’à tout récemment, on ne pouvait prétendre ou faire état des avantages des systèmes de production ou des produits biologiques. Au Royaume-Uni, toutefois, le British Code of Advertizing (le code publicitaire britannique) vient d’accepter 22 revendications pouvant être faites à propos des aliments biologiques (1). Ces revendications couvrent tout : pesticides, additifs alimentaires, gras, antibiotiques, vitamines et minéraux, génie génétique, protection des animaux, les espèces sauvages et l’environnement. Elles ont l’appui d’un nombre croissant d’organismes de recherche dont le rôle consiste à comparer les aliments et les systèmes de production biologiques avec les autres (2).

La science de l’agriculture biologique évolue rapidement, car la population et les décideurs accordent de plus en plus d’importance à la santé et à l’environnement. À titre d’exemple, les preuves ne cessent de croître quant aux risques associés aux résidus de pesticides dans les aliments (3). Nous possédons maintenant des données scientifiques indiquant que les aliments biologiques contiennent moins de types de résidus de pesticides et à plus faible concentration (4). Les produits biologiques limitent également l’emploi d’additifs chimiques dans les aliments.

Cependant, les scientifiques éprouvent de la difficulté à établir un lien direct entre les résidus de pesticides ou les additifs et les risques pour la santé humaine. Par conséquent, les normes pour les produits biologiques tendent à jouer de prudence et limitent fortement l’emploi des pesticides et des additifs. Ces normes fonctionnent : il est démontré que le fait de consommer des produits biologiques réduit l’ingestion de pesticides chez les enfants (5).

De façon générale, l’agriculture a une forte incidence sur les plantes et les animaux qui poussent ou vivent naturellement sur les terres. Nous ne pouvons pas éviter complètement cette incidence, mais nous pouvons essayer de la réduire au minimum. Comparé à l’agriculture conventionnelle, le rendement de l’agriculture biologique est presque aussi bon que celui de l’agriculture non biologique et, de bien des façons, beaucoup mieux. Les pesticides synthétiques, les engrais et les exploitations de bétail confiné ne sont pas permis dans la production biologique. Cela signifie qu’il y a moins de risques que des pesticides, des éléments nutritifs, du fumier et des antibiotiques affectent le sol, les eaux souterraines, les rivières, les lacs, l’atmosphère et la vie qu’ils renferment (6). Il n’en reste pas moins qu’il incombe aux agriculteurs de gérer ce qui se passe à leurs fermes. De façon générale, l’agriculture biologique protège davantage les espèces sauvages que sa contrepartie non biologique (7).

En outre, l’agriculture biologique utilise moins d’énergie que l’agriculture conventionnelle, cela étant particulièrement dû au fait qu’elle n’utilise pas d’engrais azoté (8). L’Institut Rodale rapporte que l’agriculture biologique utilise 30 % moins de combustibles fossiles que toutes les autres formes d’agriculture (9). On a également découvert que l’agriculture biologique retient plus de carbone dans le sol, réduisant ainsi les émissions de dioxyde de carbone. Le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre important qui contribue aux changements climatiques (10).

Mis à part une baisse des risques, les aliments biologiques sont-ils nutritifs? Voici ce qu’on affirme au Royaume-Uni : « Aucun aliment ne contient plus de minéraux, d’acides aminés essentiels et de vitamines bénéfiques pour la santé que les aliments biologiques. » Les recherches effectuées partout dans le monde appuient cet énoncé (11). Il n’existe pas toujours de différence entre les aliments biologiques et ceux qui ne le sont pas, mais quand il y en a une, les aliments biologiques contiennent plus de ces substances bénéfiques.

Nous, en tant que consommateurs, sommes confrontés à des choix difficiles tous les jours. Un grand nombre de ces choix impliquent de peser les risques et les avantages de nos activités. La recherche démontre de plus en plus que l’achat de produits biologiques réduit de nombreux risques associés à l’agriculture et aux aliments tout en procurant des avantages. Les agriculteurs et les transformateurs d’aliments prendront en compte ce que réclame le consommateur. Ils utiliseront moins de pesticides, d’engrais, d’additifs, d’antibiotiques, etc. si c’est ce que désire leur clientèle. Toutefois, il nous incombe, en tant que consommateurs, à être prêts à payer davantage pour nos aliments de manière à ce que les agriculteurs puissent modifier leurs pratiques.

Notes en bas de page
(1) Fiche de renseignements de la Soil Association 11/24/2005 (version 4) www.soilassociation.org
(2) Shane Heaton/Soil Association, 2001, Agriculre biologique, qualité des aliments et la santé des humains, www.soilassociation.org
(3) Pour un examen, voir : www.organic-center.org/reportfiles/PESTICIDE_SSR.pdf
(4) Additifs alimentaires et contaminants, 2002, 19:427-446.
(5) Points de vue sur la santé environnementale, 2006, Volume 114(2): 260-262.
(6) Dabbert, S. 2006. Mesurer et communiquer les avantages de la production d’aliments biologiques sur l’environnement. En ligne. Crop Management doi:10.1094/CM-2006-0921-13-RV.
www.plantmanagementnetwork.org/pub/cm/symposium/organics/Dabbert/
(7) Journal de l’écologie appliquée, 2005, Volume 42 (2): 261-269.
(8) Bioscience, 2005, Volume 55(7): 573-582
(9) Institut Rodale. www.strauscom.com/rodale-whitepaper/
(10) Nature, 1998, Volume 396:262-265.
(11) De plus amples renseignements

 

Cet article a été publié à l’origine dans Reader's Digest et il est reproduit ici avec autorisation.

English

Affiché en septembre 2007

 

Haut de la page

© 2012, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

 

Dalhousie University Centre d'agriculture biologique du Canada